--- episode: ep125 title: "Sol vivant, eau, cultures : des solutions pour adapter nos fermes au climat ? — avec Serge Zaka" guest: "Serge Zaka" date: 2026-07-20 duration: "00:57:57" category: "Environnement" mood: "lucide" besoin: "Comment nos champs et nos fermes vont-ils résister au climat qui vient, et que peut-on faire dès maintenant ?" question_principale: "Comment adapter l\'agriculture française au changement climatique d\'ici 2050 ?" actions_concretes: "Régénérer les sols agricoles — moins de labour, couverts végétaux — pour mieux retenir l\'eau, et planifier dès maintenant les filières de 2050" resume: "Un sol se régénère en 2 à 7 ans, une filière agricole se construit en 20 à 30 ans. L\'agroclimatologue Serge Zaka détaille comment adapter dès maintenant les fermes françaises au climat de 2050." related_md: page: "https://csoluble.media/epsode/sol-vivant-eau-cultures-adapter-fermes-climat/md" transcription: "https://csoluble.media/epsode/transcription-sol-vivant-eau-cultures-adapter-fermes-climat/md" faq: "https://csoluble.media/epsode/faq-adapter-fermes-climat-serge-zaka/md" junior: "https://csoluble.media/epsode/junior-sol-vivant-eau-cultures-adapter-fermes-climat/md" --- ℹ️ NOTE : Version texte brut (Markdown) optimisée pour l'ingestion par les IA (LLMs). 🎧 POUR ÉCOUTER LE PODCAST : https://csoluble.media/epsode/sol-vivant-eau-cultures-adapter-fermes-climat/ ------------------------------------------------------------------------------------ # Sol vivant, eau, cultures : des solutions pour adapter nos fermes au climat ? — avec Serge Zaka > Date de publication : 2026-07-20 > Source : Soluble(s) - Podcast par Simon Icard Trois vagues de chaleur entre le 22 mai et la mi-juillet, 29,8 °C de moyenne sur toute la France le 23 juin — jamais vu depuis 1947 —, 43,8 °C à Saintes (Charente-Maritime) le lendemain, 32 000 hectares déjà brûlés au 13 juillet : l’été 2026 met l’agriculture française à rude épreuve. Dans cet épisode de Soluble(s), Serge Zaka, ingénieur agronome, docteur en agrométéorologie et fondateur d’AgroClimat 2050, explique comment préparer nos champs et nos fermes au climat qui vient — une France à +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100, la trajectoire retenue par l’État. .solu-share-block{ margin: 0.5em 0 0.7em; } .solu-share-wrapper{ display:flex; align-items:center; gap:10px; flex-wrap:wrap; margin:0; } .btn-ecouter, .btn-ami, .btn-google-source, .btn-share-mobile{ min-height:44px; border:none; border-radius:999px; text-decoration:none; display:inline-flex; align-items:center; justify-content:center; gap:8px; line-height:1.2; box-sizing:border-box; font-weight:500; transition:transform .18s ease, box-shadow .18s ease, background-color .18s ease, color .18s ease; cursor:pointer; } .btn-ecouter, .btn-ami, .btn-google-source, .btn-share-mobile, .solu-share-toggle{ outline:none; } .btn-ecouter:focus-visible, .btn-ami:focus-visible, .btn-google-source:focus-visible, .btn-share-mobile:focus-visible, .solu-share-toggle:focus-visible, .solu-share-dropdown a:focus-visible{ outline:3px solid #1a73e8; 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L’hiver trop doux Contre-intuitif : pour Serge Zaka, le risque climatique le moins connu du grand public n’est pas la canicule, mais le manque de froid. Un arbre fruitier a besoin d’un bon cumul de froid hivernal pour bien fleurir — et sans bonne floraison, pas de rendement. S’y ajoute une mécanique désormais bien installée : douceur hivernale et floraisons précoces exposées aux gels d’avril, comme en 2021, canicules plus fréquentes et plus intenses qui débordent sur mai et septembre, sécheresses longues pour les cultures d’été, excès d’eau hivernaux pour le blé, l’orge ou le colza. Les élevages ne sont pas épargnés : la canicule de juin 2026 a tué « entre trois et six millions » de volailles, dans des bâtiments propres mais jamais conçus pour ces températures. L’adaptation passe donc aussi par le bâti : « investir dans des ventilations, brumisations et types d’aération du bâtiment ou changement de couleur, changement de matériaux », détaille l’agroclimatologue. Mais faute de revenus suffisants, « on est dans une impasse où l’agriculteur ne peut plus faire ses travaux de transition ». Et il prévient : « plus on retardera l’adaptation, plus elle sera coûteuse ». Été 2026 — au 13 juillet ### Un été qui met l’agriculture à l’épreuve, avant même la mi-juillet Données arrêtées au 13 juillet 2026, date d’enregistrement de l’épisode. Sources : Météo-France, ministère de l’Intérieur, Serge Zaka dans Soluble(s). ## Émetteur et pourtant porteur de solutions : le paradoxe agricole L’agriculture est souvent pointée du doigt pour ses émissions, et les chiffres le confirment : c’est le deuxième secteur émetteur de gaz à effet de serre en France en 2025, derrière les transports (environ un tiers des émissions nationales) et devant l’industrie, avec 77,5 millions de tonnes équivalent CO2 en 2024, soit plus de 20 % du total national, selon le Citepa. Le Haut Conseil pour le climat, dont le rapport publié le 9 juillet juge que la France « n’est pas prête » et doit « changer d’échelle », a d’ailleurs été sévère : les émissions agricoles n’ont baissé que de 0,7 % en un an. En cause, notamment, le méthane des élevages bovins, qui pèse la moitié des émissions du secteur.>> Lire aussi : Climat – S’adapter à +4 °C en France : mode d’emploi – Avec Gonéri Le Cozannet (GIEC) Mais le secteur détient une clé que presque aucun autre ne possède : « l’agriculture peut, en travaillant sur le paysage, l’arbre, le sol, stocker du carbone », grâce à la photosynthèse. Haies, agroforesterie, arbres dans les pâtures, couverts végétaux : « le paysage fait partie des solutions par rapport au changement climatique ». La ligne de crête est claire : « il faut à la fois réduire les émissions de gaz à effet de serre et augmenter le stockage du carbone ». ## « Le sol c’est la base » Première solution, sous nos pieds. Les sols français ne sont pas morts, corrige Serge Zaka : ils sont ralentis. Avec moins ou pas de labour selon les terrains et des couverts végétaux, un sol retrouve une vie satisfaisante « entre deux et sept ans ». Un sol vivant fonctionne comme une éponge : il retient l’eau, fait baisser sa température, absorbe mieux les pluies. Un tampon qui fait gagner quelques jours à quelques semaines face à une sécheresse ou une inondation — précieux, mais pas magique. ## La carte agricole de 2050 se dessine maintenant Les modélisations de l’agroclimatologue redessinent la France : melons, tomates et tournesols remontent vers la Normandie et Nantes, l’olivier s’implante autour de Toulouse et de Bordeaux, la pistache, le kaki ou la pêche plate arrivent par le sud. Le maïs recule sur les sols peu profonds du Sud-Ouest mais progresse en Normandie et dans le Nord-Pas-de-Calais, avec de meilleurs rendements attendus. Le vrai goulot d’étranglement n’est pas technique : structurer une filière — génétique, logistique, transformation, débouchés — prend « vingt à trente ans ». Un arbre fruitier met cinq ans à donner son premier fruit. Une vision politique à cette échéance ? La réponse de l’invité est sans détour : « non, non, non ». Et ce ne sont pas trois milliards mais des centaines de milliards d’euros qu’il faudrait mobiliser, forêt comprise. Les temporalités de l’adaptation ### Trois horloges qui ne tournent pas à la même vitesse Source : Serge Zaka, docteur en agroclimatologie, dans Soluble(s) — épisode enregistré le 13 juillet 2026. ## L’eau : stocker, « juste inévitable » — mais pas n’importe comment Serge Zaka vient de publier une image satellite parlante : dans le Centre-Ouest, des parcelles irriguées souffrent plus en 2026 qu’en 2025, au même endroit. Certains seuils de chaleur dépassés, « l’eau ne suffit plus à éviter les pertes de rendement ». Je considère que les réserves agricoles en eau sont nécessaires dans un contexte d'adaptation au changement climatique. Mais les canicules de 2026 m'auront aussi conforté dans une conviction que je défends depuis longtemps : on ne luttera pas contre les stress thermiques… pic.twitter.com/r2Ioc2qfXa Sur les réserves d’eau, il refuse le pour ou contre : stocker de l’eau est « juste inévitable », mais tout dépend de ce qu’elle sert. Une réserve destinée uniquement au maïs d’export relève de la mal-adaptation. La bonne réponse est un « puzzle de solutions » : haies qui coupent le vent, sol vivant, génétique adaptée, irrigation connectée, espèces plus sobres. ## Payer ce que l’agriculteur rend, pas seulement ce qu’il produit Reste le nerf de la guerre. La politique agricole commune rémunère encore trop la quantité produite. Serge Zaka cite l’exemple suisse : les paiements directs de la Confédération rémunèrent les prestations d’intérêt général des agriculteurs — entretien du paysage cultivé, biodiversité, eau infiltrée, fraîcheur des villages. Ces services écosystémiques, plaide-t-il, doivent devenir une véritable source de revenu agricole. Lui a choisi la transmission : une centaine de formations et conférences par an, 27 000 agriculteurs touchés en 2026, et agrometeorologie.fr, premier service d’agrométéorologie gratuit d’Europe, déjà 350 000 visites en un peu plus d’un an. Avec une boussole, revendiquée en fin d’épisode : « Mon objectif, c’est d’apporter de la nuance dans le débat. C’est mon principal rôle. » Écoutez. Simon Icard (rédigé avec IA) ### 🔗 POUR ALLER PLUS LOIN  🗺️ agrometeorologie.fr — le service d’agrométéorologie gratuit de Serge Zaka : https://www.agrometeorologie.fr  📸 Serge Zaka, chasseur d’orages — sa galerie photo : https://serge-zaka.com/  📖 « Orages sur le climat – L’agroclimatologie ouvre un espoir pour notre avenir sur terr »», Serge Zaka (HarperCollins) https://www.harpercollins.fr/products/orages-sur-le-climat-1  Suivre sur les réseaux sociaux : LinkedIn – X – BlueSky – Instagram – Facebook ### ⏱️ TIMECODES : 00:00 — Bienvenue dans Soluble(s) 00:24 — Serge Zaka, agroclimatologue : présentation et contexte de l’été 2026 03:21 — Des orages à l’agroclimatologie : le parcours 04:49 — Du laboratoire au terrain : transmettre aux agriculteurs 06:16 — Le portrait-robot de l’agriculture française 09:58 — Gel tardif, canicules, manque de froid : les risques déjà là 12:04 — Agrométéorologie ou agroclimatologie : la semaine ou 2050 13:54 — Canicule de juin : 3 à 6 millions de volailles mortes, adapter les bâtiments 16:25 — Un secteur émetteur qui peut stocker du carbone 20:35 — « Le sol, c’est la base » 23:56 — Le puzzle de solutions : quelles cultures pour la France de 2050 28:23 — Des agriculteurs prêts, des moyens qui manquent 30:57 — Pourquoi les fermes disparaissent 33:39 — Comment travaille un agroclimatologue : les modèles du GIEC 36:35 — Une vision politique à trente ans ? « Non » 38:17 — L’eau : stockage « inévitable » et mal-adaptation 43:44 — Excès d’eau en hiver et l’exemple suisse de la rémunération 46:56 — L’agriculteur, grand oublié des politiques publiques 50:25 — Apporter de la nuance dans le débat 53:08 — Le service cartographique en accès libre 56:43 — Conclusion