ℹ️ NOTE : Version texte brut (Markdown) optimisée pour l'ingestion par les IA (LLMs). 🎧 POUR ÉCOUTER LE PODCAST : https://csoluble.media/epsode/transcription-canicule-adapter-logements-solutions-cstb/ ------------------------------------------------------------------------------------ # Transcription — Canicule : comment adapter nos logements sans se tromper de solution (Nicolas Naville, CSTB) > Date de publication : 2026-07-13 > Source : Soluble(s) - Podcast par Simon Icard 📝 Article source .solu-share-block{ margin: 0.5em 0 0.7em; } .solu-share-wrapper{ display:flex; align-items:center; gap:10px; flex-wrap:wrap; margin:0; } .btn-ecouter, .btn-ami, .btn-google-source, .btn-share-mobile{ min-height:44px; border:none; border-radius:999px; text-decoration:none; display:inline-flex; align-items:center; justify-content:center; gap:8px; line-height:1.2; box-sizing:border-box; font-weight:500; transition:transform .18s ease, box-shadow .18s ease, background-color .18s ease, color .18s ease; 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Aujourd’hui, je m’intéresse à une question que la troisième canicule de l’été rend impossible à esquiver Comment adapter nos bâtiments au changement climatique, qui s’intensifie, sans se tromper de solution? D’autant que le premier bilan de santé publique France vient de tomber plus de deux mille décès supplémentaires lors de la dernière semaine de juin deux mille vingt six, qui marquait une canicule estivale et une mortalité à domicile qui a quasiment doublé. C’est bien dans nos logements que ça se joue. Bonjour Nicolas Naville! Nicolas Naville : Bonjour ## Nicolas Naville et le CSTB : certification, réglementation et recherche Simon Icard : Tu travailles au CSTB, le Centre scientifique et technique du bâtiment. C’est un établissement public qui certifie et évalue la qualité, la sécurité et la performance environnementale des bâtiments et des matériaux en France depuis mille neuf cent quarante sept. Au CSTB, tu pilotes le domaine de la rénovation, fiabilisation de l’acte de construire et je suis sûr que tu es la bonne personne pour nous aider à y voir plus clair sur l’adaptation de nos logements, face notamment aux risques météo qui sont plus fréquents et plus intenses sous l’effet du réchauffement climatique de notre planète. Les conséquences, on les connaît et on les éprouve ici, en métropole, au moment même du tournage de cet épisode, avec une série de vagues de chaleur estivale qui surchauffe un grand nombre de bâtiments publics ou de logements. Alors on va voir ensemble comment on est armé actuellement pour s’adapter dans l’urgence, mais aussi à plus long terme. L’urgence, c’est le niveau des quarante degrés qui a été franchi sur une large partie du territoire dès le début de l’été et le long terme, c’est au tour du plan d’adaptation du gouvernement français qui a retenu deux paliers sur une trajectoire assez claire de hausse des températures. Faire face à des températures annuelles moyennes de plus deux virgule sept degrés en deux mille cinquante et de plus quatre degrés en moyenne annuelle en deux mille cent, c’est la trajectoire qui nous attend. Et tout ça en espérant atteindre nos objectifs climatiques pour atténuer le changement climatique. Mais d’abord, tu le sais peut être, je me montre toujours curieux du parcours de mes invités en début d’épisode. Alors parle nous un peu de toi, raconte nous comment tu t’es retrouvé à t’intéresser au sujet de la construction et de son adaptation des logements, de la rénovation, le tout autour de son environnement? Parle nous un peu de ton parcours? Nicolas Naville : Oui volontiers. Alors moi je suis. Je suis fonctionnaire, ingénieur des ponts, des eaux et des forêts. Je suis passé par l’École Polytechnique, l’école des Ponts et Chaussées et j’ai commencé à travailler dans l’aménagement urbain, les grandes opérations d’urbanisme, d’abord au ministère, puis ensuite quelques années en tant que chef de projet d’aménagement sur l’opération d’aménagement dans le sud de la France. Et c’est après ces quelques années de parcours que j’ai rejoint le CSTB pour m’orienter plutôt sur le domaine du bâtiment. Et effectivement, depuis quelques années, j’exerce cette responsabilité de directeur sur les questions de rénovation et de fiabilisation de l’acte de construire. Donc derrière ce sujet rénovation, il y a comment on décline très concrètement les enjeux auxquels est confronté le secteur du bâtiment sur notre parc existant. Justement, comment on l’adapte? Comment on réduit son impact environnemental de façon très concrète. C’est à dire, il faut orchestrer ça concrètement dans les projets et sur notre parc existant. Simon Icard : Alors, on continue de de commencer cet épisode autour des bases pour bien comprendre l’épisode où on va bien sûr parler de solutions dans un instant. Mais peux tu nous décrire en quelques mots le rôle du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment)? Nicolas Naville : Alors ce rôle, il est multiple. On a une activité, plusieurs activités historiques, voilà d’abord de auprès des industriels d’évaluation, certification des produits de construction, un rôle historique également d’appui aux pouvoirs publics. On aide très concrètement le ministère à faire les réglementations dans le domaine du bâtiment par exemple, on a beaucoup travaillé sur l’élaboration de la réglementation, la RE2020, une action aussi de recherche et d’innovation dans le domaine du bâtiment et qui nous conduit aussi à intervenir en appui de l’ensemble des acteurs de la filière, que ça peut être les collectivités, les maîtres d’ouvrage publics et privés pour les aider à faire face aux enjeux auxquels ils sont confrontés. Simon Icard : Il y a donc de la recherche, des études, mais aussi un travail d’élaboration de normes. En quelque sorte. Vous, vous êtes c’est un établissement public, comme tu le disais, donc sous la tutelle de l’Etat? Nicolas Naville : Exactement. C’est un établissement public à caractère industriel et commercial. Donc cent pour cent Etat, mais avec des activités qui peuvent être aussi être commerciales auprès d’acteurs de la filière. ## Adapter le bâtiment au changement climatique : passoires et bouilloires thermiques Simon Icard : On va beaucoup parler d’adaptation dans cet épisode. Alors en quoi ça consiste concrètement l’adaptation, vu de là où tu agis? Donc dans le monde du bâtiment, on parle évidemment de travaux de rénovation, mais aussi de construction importants. Il y a le neuf, l’ancien. Où se situe les curseurs de l’adaptation dans le bâtiment? Nicolas Naville : Exactement. On doit traiter, on va dire, le stock et le flux. Il y a bien sûr faire en sorte que tous les projets neufs soient adaptés. Ça, c’est les réglementations sur le neuf, la RE2020, etc. Mais on sait que le gros du problème est sur le traitement du parc existant. On dit souvent qui constituera la la majorité du parc en deux mille cinquante. C’est des bâtiments qui existent déjà aujourd’hui et c’est précisément ce dont je m’occupe, cette rénovation du parc existant. Et si je me focalise là dessus, voilà. Adapter le parc de bâtiments existants face au changement climatique, c’est l’aider à faire face aux différents aléas et à leurs évolutions. Dans le contexte du changement climatique, on va sans doute beaucoup parler des fortes chaleurs. Mais il n’y a pas que ça. On peut se référer à la taxonomie européenne, qui définit un certain nombre d’aléas climatiques à prendre en compte. Les fortes chaleurs. On a les inondations, les vents violents, les sécheresses, l’aléa, l’aléa grêle. On a pu voir des des dégâts liés liés à la grêle. Voilà. On peut citer aussi le risque de retrait-gonflement des argiles justement, qui est lié aux alternances de sécheresses et de périodes plus plus humides. Simon Icard : Je te propose en effet qu’on parle essentiellement de l’adaptation à la chaleur dans cet épisode. En France, le sujet du bâtiment et du climat émerge régulièrement dans l’actualité, dans des périodes particulièrement aiguës comme les vagues de froid, avec les dénommés passoires thermiques, et lors des canicules où un terme s’est imposé, même dans le langage courant, celui des bouilloires thermiques. Dans les deux cas, parle- t-on des mêmes constructions? Nicolas Naville : Pas nécessairement. Il y a forcément un lien parce qu’en fait quand on est sur du parc. Typiquement, si je prends l’exemple du parc, de toute la période de reconstruction, les trente glorieuses des bâtiments peut isolés effectivement quand on est peu isolé. Ça c’est face au froid comme au chaud. Donc il y a un lien. De ce point de vue là, mais les déterminants ne sont pas tout à fait les mêmes. Donc on peut avoir des quand même des distinctions entre les deux. Typiquement, sur ce qui fait une bouilloire thermique, on a plusieurs choses. L’isolation joue typiquement, notamment l’isolation en toiture qui est vraiment essentielle. C’est pour ça que les. On dit souvent que les logements dans les derniers étages souffrent plus. D’autant plus si la toiture est mal isolée. L’isolation toiture est essentielle. Mais on va aussi avoir beaucoup la question de empêcher le rayonnement solaire de rentrer, donc les surfaces vitrées, donc des bâtiments avec beaucoup de surfaces vitrées et à fortiori des surfaces non protégées par des protections solaires. Là, on va être sur de la brûlure thermique assez rapidement. Isolation, isolation en toiture, la protection des surfaces vitrées et les autres éléments qui vont faire une bouillore thermique, ça va être un manque d’inertie thermique. Dès que la chaleur rentre, elle réchauffe le bâtiment en journée si on a vraiment aucune inertie. Donc on peut montrer très peu, monter très très haut en journée à cause d’un manque d’inertie. Et le dernier facteur est peut être le plus important, ça va être la capacité à ventiler et à rafraîchir le logement pendant la nuit. Parce que il ne faut pas oublier que si on raisonne en mode passif, on va dire sans système de rafraîchissement actif, la seule source de rafraîchissement, c’est bien la fraîcheur nocturne, la ventilation nocturne. Il faut pouvoir l’exploiter. Donc quand on est sur un bâtiment qui est typiquement pas traversant ou dans lequel on ne peut pas ouvrir les fenêtres la nuit pour diverses raisons, ou qui va se situer dans un endroit très minéral ou dans un quartier très confronté à des îlots de chaleur urbains. On va ne pas avoir cette capacité à rafraîchir le logement la nuit, et là, on va vite tomber dans la catégorie des des bouilloires thermiques. Donc, c’est tout un ensemble de choses qui sont liées avec une intersection, voilà avec les phénomènes de passoires thermiques, mais c’est quand même des choses qui sont distinctes. ## L’îlot de chaleur urbain : un facteur aggravant, pas la seule cause Simon Icard : Et tu as fait donc un mini sommaire des solutions qu’on va évoquer tout à l’heure, je les ai bien notées, on va y revenir en détail. J’ai noté aussi en préparant cet épisode, que le CSTB a développé des outils pour identifier les les logements les plus vulnérables aux surchauffes et même les quartiers touchés par le fameux phénomène d’îlot de chaleur urbain. Est ce que tu peux nous en dire un peu plus? Qu’est ce qu’on sait, pour la métropole, de de ce phénomène d’îlot de chaleur urbain où sont réparties les bouilloires thermiques? Est ce que c’est uniforme? Est ce que c’est Comme on s’y attend majoritairement dans les villes? Nicolas Naville : On a développé au CSTB un certain nombre d’outils de connaissances parce qu’on pense que par rapport à ce ces défis auxquels est confronté le parc de bâtiments existants, un de nos enjeux, c’est de. Voilà, de connaître, de savoir quelle est la situation du parc et où il faut agir en priorité, avoir une sorte de carte d’état major de nos chantiers si on veut être capable de les piloter dans la durée. Pour ça, on met notamment à disposition depuis deux mille vingt deux, la base de données nationale des bâtiments qui précisément, développe une connaissance du parc à la maille élémentaire de chaque bâtiment, voire de chaque logement pour certaines thématiques. Et on essaie notamment de développer la connaissance sur cette résilience face aux différents aléas climatiques, les fortes chaleurs, en particulier avec un indicateur de surchauffe des bâtiments qu’on a développé. Donc, on a, on l’a défini et puis on est capable, on essaie de le calculer avec les données dont on dispose au niveau national. C’est nécessairement imparfait. Ça ne remplace jamais la la connaissance que chacun peut avoir de son bâtiment, de son logement, mais ça donne une première indication de là où on a les plus grosses problématiques. Et en effet, ce faisant, on essaie de prendre en compte tous les phénomènes. Bien sûr, le climat local, les caractéristiques intrinsèques de chaque bâtiment et cet impact de l’îlot de chaleur urbain qui a un impact non négligeable sur la chaleur qu’il fera à l’intérieur des bâtiments, alors non négligeable. Mais il ne faut pas non plus surestimer, c’est à dire que la problématique ne se limite pas malheureusement au centre, aux grands centres urbains, même sans îlots de chaleur urbains, on peut avoir très chaud, on peut avoir trop chaud dans les bâtiments, on peut être à la campagne. Et aujourd’hui, être une bouilloire thermique, ça existe bien sûr, parce que malheureusement, quand il y en a des canicules où il fait, où la température tombe pas en dessous de vingt vingt deux degrés, y compris à la campagne on va dire, on aura trop chaud dans les bâtiments. Mais cela dit, l’effet d’ICU est un vrai facteur aggravant et très significatif parce qu’on parle de différence. C’est surtout l’effet disco. Il va surtout être impactant dans la température nocturne. La température ne redescend pas suffisamment la nuit, donc ne permet pas de rafraîchir les bâtiments. Et là on est sur un impact de plusieurs degrés. On parle souvent de deux, trois, quatre degrés. Ça peut monter dans certaines estimations et mesures jusqu’à dix degrés, voire plus dans les situations un peu exceptionnelles d’écart entre la température minimale en ville par rapport à la température minimale à la campagne. Donc, c’est très significatif, Ça peut devenir prépondérant dans certains cas, mais ce n’est qu’un facteur aggravant. La situation ne se limite pas aux centres urbains. Simon Icard : On comprend qu’il y a un maillage précis des données à étudier. Évidemment, les matériaux de construction, l’environnement même du bâtiment et aussi l’ICU dont tu parles. Lîlot de chaleur urbain. Les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus longues, plus intenses. Elles surviennent plus tôt et plus tard. À la date de cet épisode Météo France, en a dénombré cinquante trois. Depuis mille neuf cent quarante sept, plus de la moitié ont eu lieu depuis deux mille dix et la cinquante troisième vague de chaleur, c’est celle qui a débuté le six juillet dernier. En préparant notre conversation, je me suis dit qu’on a longtemps pensé le bâtiment en métropole uniquement pour l’hiver. On a beaucoup pensé chauffage, isolation et peut être peu pour l’été. J’ai besoin d’y voir plus clair, de de savoir ce qu’il en est concrètement. Tu parlais de la RE2020, la réglementation énergétique et environnementale. Elle a introduit des critères de confort d’été. Elle est pourtant un peu décriée en ce moment dans la presse. Est ce un vrai constat ou un raccourci? A t on, est-on passé un petit peu à côté de l’enjeu de la surchauffe des bâtiments dans notre réglementation? ## RE2020 et degré-heure : une réglementation calée sur la canicule de 2003 Nicolas Naville : Je ne dirais pas qu’on est passé à côté. La RE2020 c’est un grand pas en avant sur cette question de l’adaptation aux fortes chaleurs pour les bâtiments neufs, elle ne concerne que les bâtiments neufs. Déjà, il faut bien le noter. Qu’est ce qu’elle dit cette RE2020? Elle dit que voilà, on définit un indicateur effectivement de résilience des bâtiments aux fortes chaleurs qui s’appelle le degré heure (DH) avec des des seuils qu’il faut atteindre, des plafonds qu’il faut atteindre. Et cet indicateur, il est basé sur la prise en compte de la canicule de deux mille trois. C’est ça aujourd’hui qui est un peu débattu. C’est en gros, on regarde, on soumet en gros les bâtiments qui vont être construits, les logements qui vont être construits à cette canicule de deux mille trois. Et on regarde en fait ce qui se passe en termes de confort dans le bâtiment, combien, combien d’heures on passe dans le bâtiment dépassé à dépasser un certain seuil de température pour juger si le bâtiment sera confortable ou pas. Et on dit voilà, au delà d’un certain seuil qui en l’occurrence de mille deux cent cinquante degrés heure, on considère que le bâtiment n’est pas réglementaire, ne peut pas être construit en dessous de ce seuil. On a une valeur minimale qui est à trois cent cinquante degrés heure. Si on est en dessous de trois cent cinquante, on considère que le bâtiment sera très confortable. Si on est entre les deux, on dit ça passe, mais il est probable que le bâtiment ait besoin d’être rafraîchi de manière active à un moment donné. Donc, on prend en compte des consommations réglementaires à ce titre là. Canicule de deux mille trois, est ce que c’est bien ou pas? On peut se dire bah c’est pas un climat futur, c’est le climat de deux mille trois. Donc ça, nous ça nous dit rien sur notre adaptation au climat de deux mille cinquante, de deux mille cent. Donc oui, certes. Alors pourquoi on l’a fait comme ça? Parce que effectivement, c’est pas si facile en fait de choisir des climats futurs, des canicules, des événements extrêmes en climat futur qui soient vraiment représentatifs de ce à quoi on va être confrontés. Si on a pris la canicule de deux mille trois, c’est par rapport à ce qu’on connaît aujourd’hui. on sait que c’est un événement extrême et tellement extrême qu’on sait que même en deux mille cinquante, ça reste un événement significatif qui bien sûr, sera loin d’être un événement très extrême à cette époque là. Mais il reste significatif, représentatif de de ce qui peut se passer en deux mille cinquante. Donc en réalité, c’est déjà très très bien d’aujourd’hui, se baser sur la canicule de deux mille trois. Ce qui est en débat aujourd’hui, c’est bien sûr comme ce type d’événement va devenir de plus en plus fréquent, si on veut rester confortable la plupart du temps, en dehors des événements vraiment très extrêmes, il va falloir aller encore plus loin. Donc c’est un peu ce qui est en débat. Prendre des événements plus représentatifs d’événements extrêmes en deux mille cinquante ou encore plus tard. Et puis, histoire, pour le faire de manière la plus objective, scientifique possible, essayer aussi d’appuyer ça sur des sur des points de vue, des analyses du monde de la santé, en fait, des seuils sanitaires à partir de quand on a vraiment un impact sur la santé? De quelle nature? A quel niveau? Donc il y a des réflexions aussi par. Par l’ANSES en ce moment, pour essayer de définir des valeurs seuils liées à cette connaissance de l’impact sur la santé des occupants. Simon Icard : Oui, parce que, sauf erreur de ma part, on considère que c’est inconfortable lorsque la température dépasse les vingt huit degrés le jour, les vingt six degrés la nuit pendant une certaine période dans son logement neuf. C’est ça? Nicolas Naville : Exactement. Et ces seuils, ils sont ils sont basés bien sûr sur des références scientifiques, etc. Mais ils sont, entre guillemets, un petit peu empiriques. Il y a encore de quoi améliorer les choses pour vraiment se baser sur ce concept de l’impact sur la santé. ## Le parc immobilier existant, majoritairement inadapté à la chaleur Simon Icard : Mais, tu le disais, le parc immobilier actuel est majoritairement celui qui sera debout et habité en deux mille cinquante. En deux mille cent, lorsque ces événements de chaleur se multiplieront et seront plus durables que actuellement, où ils sont encore épisodiques. Le parc immobilier et sa composition. Je veux dire, saît-on quels sont les principaux matériaux de construction en France utilisés actuellement pour l’existant? Ça dépend des régions. Est ce qu’ils pénalisent les Français face au phénomène de vague de chaleur ou c’est une question trop générique pour l’aborder comme ça? Nicolas Naville : Avant de répondre à cette question, je dirais déjà est ce que le parc existant est adapté? Ça, On a fait l’exercice à partir de la BDNB dont je parlais tout à l’heure, de notre indicateur de surchauffe des bâtiments. Si on regarde le parc existant, on voit que grosso modo, la moitié des bâtiments du parc, l’ordre de grandeur, ne seraient pas aujourd’hui. conforme à la réglementation deux mille vingt, c’est à dire qu’on n’aurait pas le droit de les construire comme ça, aujourd’hui. On a à peu près une grosse moitié du parc qui n’est pas adaptée au titre de l’art. Donc globalement, on sait de manière à peu près certaine qu’on a qu’on a un parc qui est effectivement pas adapté aujourd’hui. La question de quels sont les matériaux utilisés aujourd’hui dans la construction et dans les projets? Est ce que ce sera adapté ou pas? On peut pas dire que enfin faire un lien direct avec les matériaux. Aujourd’hui on est sur des bâtiments qui sont construits, qui respectent l’environnement et qui ont nécessairement un bon niveau d’isolation, qui ont aussi également un bon niveau de protection solaire. Parce que voilà, la RE2020 tient compte de ces facteurs là. Donc, si on veut être dans les clous de la RE2020 il faut nécessairement avoir de l’isolation, de la protection solaire, et ça, quel que soient les matériaux qui sont retenus. L’isolation, le fait que les bâtiments soient bien isolés, ça va plutôt dans le bon sens. Clairement, c’est favorable. Alors, on entend les gens qui disent oui, ça peut être contre productif en période de forte chaleur. Si on est très isolé, on peut ne pas réussir à évacuer la chaleur. C’est vrai. Mais en fait, si on combine une bonne isolation avec la protection solaire, la capacité à ventiler la nuit. Globalement, c’est beaucoup plus favorable et l’isolation va plutôt être un levier. Donc de ce point de vue là, les bâtiments neufs sont favorables et à fortiori si on raisonne avec des solutions actives qui seront nécessaires dans un certain nombre de cas. Évidemment que le fait d’être bien isolé, c’est favorable parce qu’en fait, c’est exactement comme en hiver, mettre une solution active dans un logement qui n’est pas isolé, c’est comme rouler avec un réservoir percé, ça, en hiver comme en été. C’est à dire que si on est dans un bâtiment très bien isolé et qu’on met la clim, on aura, on consommera beaucoup moins que si on est dans un bâtiment pas isolé du tout. Simon Icard : Je parlais avec des questions de novice. J’avais en tête, par exemple pour l’ancien, les toits en zinc à Paris. Pour le neuf, de larges baies vitrées quand même très régulièrement qu’on constate, ou même des immeubles de bureaux toujours vitrés. Si ça rentre dans le cadre de la RE2020, c’est que c’est donc compensé par ailleurs, c’est un peu ce que tu nous dis. C’est pas tant le matériau en lui même que le projet global qui doit atteindre un certain niveau? Nicolas Naville : Exactement. Alors il faut aussi faire preuve de bon sens et on va progressivement s’adapter. Si on prend l’exemple des grandes surfaces vitrées. Effectivement, par rapport à la question des fortes chaleurs, tant qu’elles sont bien protégées et complètement protégées du rayonnement solaire, ce n’est pas nécessairement incompatible. Elles sont un peu moins bien isolées que des parois opaques, mais c’est pas nécessairement incompatible. Mais encore faut il qu’elles soient effectivement intégralement protégées. Et typiquement, si demain on utilise la clim dans ces bâtiments, il ne faudra pas que les gens se disent bah maintenant on a la clim, donc on arrête de fermer les occultations solaires. Donc c’est tout un ensemble de choses. Il va falloir aussi veiller à l’adaptation des comportements. Si je prends la question des matériaux comme le zinc, qui peuvent beaucoup chauffer effectivement au soleil. Là aussi, c’est des choses qui ne vont pas être rédhibitoires du point de vue de la RE2020, notamment parce que si on est bien isolé, ça aura peu d’impact à l’intérieur du bâtiment. Pour autant, on peut avoir un impact significatif sur l’îlot de chaleur urbain. Effectivement, à l’échelle de la ville et même à l’échelle très locale. Je donne un exemple si on a une paroi en zinc qui donne sur une rue, le passant qui passe à côté, il sentira ce rayonnement lié à la paroi qui chauffe. Donc là aussi, il faudra faire preuve de bon sens. Ce n’est pas la RE2020 qui règle ça, la RE2020 ne dit rien là dessus sur le passant qui passe dans la rue à côté du bâtiment. Mais voilà, il faudra qu’on s’adapte, qu’on choisisse des matériaux qui réduisent ces effets là. Pareil quand on a des loggias ou des balcons qui sont partiellement occultés. Aujourd’hui, on peut en voir sur des projets neufs ou qui sont occultés avec de l’aluminium ou du zinc, et les gens se retrouvent sur leur balcon, il fait très chaud. Derrière, derrière, l’occultation en zinc ou en alu. Ça, c’est des choses qui ne sont pas réglées par la RE2020 et qu’il va falloir qu’on adapte. On n’est pas sur des forcément sur des choses majeures, pas de pas sur des choses très difficiles à changer non plus. Je pense qu’il y a encore la place pour ces matériaux là dans les projets. Mais en effet, quand on est très exposé au rayonnement solaire, il faut autant que possible choisir des matériaux qui ne vont pas l’absorber intégralement. ## Climatisation en France : besoin légitime ou risque de mal-adaptation ? Simon Icard : Allez, on en vient aux solutions! Alors tu en as listé déjà quelques unes. Tu as parlé de solutions actives? Je te propose qu’on l’évacue d’abord de cette conversation puisqu’elle est dans l’esprit de beaucoup de Français. Je parle de la climatisation. Un constat d’abord, le taux d’équipement des ménages français en climatisation a fortement augmenté. Il a même bondi d’un tiers en deux ans, passant de dix huit pour cent en deux mille vingt trois, à vingt quatre pour cent en deux mille vingt cinq. On imagine qu’il y a une forte demande actuellement en deux mille vingt six. C’est des chiffres de l’ADEME. Comment lire cette tendance? Est on sur une solution d’urgence ou sur un mouvement de long terme dicté par la nécessité selon toi? Nicolas Naville : Je pense qu’il faut. Il ne faut vraiment pas avoir d’a priori et de dogmatisme sur cette. Sur ces questions. Moi je parle plutôt d’une vision très neutre de se dire voilà, a priori il n’y a pas moins de raisons, on va dire, de se rafraîchir que de chauffer en hiver. Si ça devient un besoin aujourd’hui sanitaire, il ne faut pas l’exclure a priori. Donc je dirais qu’on est quand même sur une tendance de long terme. Avec l’augmentation des événements extrêmes, on va avoir besoin à moyen long terme, de plus en plus de rafraîchissement actif. Malheureusement. Pourquoi je dis malheureusement? Parce que ce besoin, il se traduit par la réponse à ce besoin. Ça se traduit par un impact environnemental qu’il va falloir impérativement qu’on maîtrise parce qu’on sait qu’on a cet enjeu. C’est globalement, ça va être un impact supplémentaire là où, au contraire, on a besoin de réduire très, très fortement notre impact pour atteindre la neutralité carbone et globalement, éviter l’ingérable en termes de réchauffement climatique. Donc là, il va falloir faire du en même temps, c’est à dire qu’à la fois oui, on aura besoin de se rafraîchir et d’avoir de la climatisation dans une part de plus en plus importante des bâtiments. Pas tous, mais une part de plus en plus importante. Et oui, il va falloir en maîtriser l’impact sinon ça va devenir ingérable. C’est aussi une solution d’urgence et il y a aussi un risque de mal-adaptation, c’est à dire qu’il faut le faire dans certains bâtiments, mais il faut impérativement le faire de manière intelligente. C’est ça que je rajouterais. C’est à dire que de la même manière que ça n’a pas de sens de chauffer des passoires thermiques qui sont très peu isolées, très peu isolées, ça n’a pas de sens de climatiser des bâtiments dans lesquels on reste, on laisse rentrer le soleil ou dans lequel on n’a aucune capacité à bénéficier de la ventilation nocturne. ## Pourquoi l’isolation pensée pour l’hiver ne suffit pas toujours l’été Simon Icard : Est ce que tu peux nous expliquer un point? Je me pose cette question. Je pense que beaucoup de gens se posent la même question. C’est un peu contre intuitif. On nous a beaucoup parlé d’isolation, on sait que c’est important, notamment en hiver évidemment pour pas pour pas avoir un besoin en chauffage, une dépense en énergie et donc au final, trop de trop d’émissions de CO2, c’est les principaux moteurs de l’isolation au delà du confort. Pourquoi l’isolation qu’on a en tête pour l’hiver ne suffit t elle pas pour l’été? Ou pas toujours en tout cas. Nicolas Naville : Alors oui, parce que tout simplement, en hiver, le principal phénomène qui fait que le froid rentre dans le bâtiment ou que la chaleur sort du bâtiment, ça va être le le passage par par conduction à travers, à travers les parois, à travers, à travers les surfaces vitrées, donc par l’isolation. En été, on a un peu ce phénomène là, mais en fait il devient presque secondaire par rapport au flux de chaleur par rayonnement. Le rayonnement solaire qui rentre à l’intérieur du bâtiment par les par les surfaces vitrées. Avoir des surfaces vitrées non protégées, c’est comme avoir. Si on a une grande baie vitrée, ça va être équivalent à trois radiateurs électriques de mille watts qui tournent à plein régime toute la journée. Donc évidemment, ça devient prépondérant par rapport à la chaleur qui peut rentrer par les parois opaques ou par conduction au travers des parois vitrées. Donc, c’est vraiment ce rayonnement qui devient un phénomène prépondérant. Et l’autre phénomène aussi qu’on a moins en hiver, c’est que en été, on a cette. Ce. Même s’il fait très très chaud la journée, on a toujours ce rafraîchissement nocturne relatif sur lequel aujourd’hui, en tout cas, on peut encore beaucoup compter, C’est à dire Souvent la température redescend la nuit autour de vingt degrés, souvent moins, parfois malheureusement un peu plus et et on peut s’appuyer faire levier sur ce phénomène naturel pour rafraîchir naturellement les logements la nuit en les ouvrant tout simplement. Chose que, en hiver en fait, c’est pareil. Ce phénomène là, on l’a moins. Parce qu’en hiver, si on. Quand on veut se chauffer à dix neuf degrés et que la température ne monte pas au delà des dix degrés à l’extérieur en pleine journée, on ne va pas ouvrir grand les fenêtres en pleine journée pour se chauffer. Mais voilà, on aura ce phénomène en hiver si il faisait trente degrés la journée et moins douze degrés la nuit. Simplement en été, on a ça, on a. Voilà l’importance prépondérante de se protéger du rayonnement solaire et de pouvoir jouer sur. Bénéficier du rafraîchissement nocturne en ventilant la nuit. Donc c’est des phénomènes un peu différents qui n’ont pas leur leur symétrique je dirais, en hiver. Simon Icard : Le rayonnement. Se protéger de tout cet apport d’énergie et de chaleur qui vient de l’extérieur surtout. Donc évidemment, en période estivale, avec des journées longues. Le Marseillais que je suis est régulièrement frappé de voir si peu de volets sur les façades dans les régions plus au nord. En France métropolitaine, près de quarante pour cent des logements n’ont pas de protection solaire suffisante, selon une étude. Pouget Consultants Ignès. Une étude parue en deux mille vingt quatre. Et pourtant, c’est un objet qui peut paraître banal, qui fait des petits miracles. Le volet. Selon le groupement Actibaie de la Fédération française du bâtiment, un volet roulant fermé fait baisser la température intérieure de de cinq degrés l’été. Et on parlait de l’hiver tout à l’heure, c’est des économies de chauffage de six à trente sept pour cent selon la fenêtre, pour être précis. Les volets, c’est quasiment gratuit comparé à une clim. Pourquoi ce geste reste t il aussi sous utilisé en France? ## Volets et couverture de survie : protéger ses fenêtres du rayonnement solaire Nicolas Naville : Je confirme en effet par rapport à la forte chaleur, comme je l’ai dit précédemment. Premier point, c’est se protéger à tout prix et systématiquement de l’entrée du rayonnement solaire par les par les ouvertures, par les baies vitrées. Donc ça, ça va devenir absolument incontournable. Il faut le faire systématiquement, sauf quand c’est strictement impossible pour pour diverses raisons, mais il faut tendre vers zéro entrée de rayonnement solaire direct par les baies vitrées. Alors, tout en laissant passer la lumière diffuse pour avoir de l’éclairage, de l’éclairage naturel, ce qu’on continue à avoir besoin de lumière dans les bâtiments. Si on pense notamment tous les bâtiments, mais les bâtiments tertiaires, bâtiments d’enseignement, on a besoin quand même d’éclairage. Donc laisser rentrer la lumière diffuse sans laisser rentrer le rayonnement solaire direct. Effectivement pour pas pour pas chauffer. Et oui, pour moi il faut tendre vers cent pour cent de protection contre le rayonnement solaire direct par toute forme de protection. Ça peut être des volets, ça peut être des brises soleil orientables, ça peut être dans certains cas, on a besoin d’avoir des films réfléchissants ou des choses comme ça, mais protéger à tout prix les baies. Protéger, protéger ses fenêtres. Simon Icard : Alors une image symbole de ces canicules, c’est la couverture de survie sur un plan technique. Est ce que tu penses que c’est utile pour les personnes qui sont privées de volets actuellement? La solution d’urgence parce que ça fait techniquement office de de barrage de cette énergie dont on parlait? Nicolas Naville : Alors oui, tout à fait, ça fonctionne, c’est à dire ça empêche le rayonnement solaire de pénétrer, de rentrer. Donc de ce point de vue là, oui, ça marche et ça va avoir un impact très significatif. Bien sûr, c’est pas très satisfaisant que ce soit esthétiquement, fonctionnellement. Et alors je ne sais pas dire à quel point c’est efficace quantitativement. Je pense qu’il y a déjà une très bonne efficacité. Maintenant, on peut clairement faire mieux en mettant des solutions plus pérennes. ## La ventilation nocturne, seule vraie solution passive contre la chaleur Simon Icard : On poursuit dans ce que je vais appeler les petits gestes. Donc lorsqu’on a des volets, bien les fermer le jour. Et tu le disais, c’est très important, mais j’ai envie de savoir à quel point aérer la nuit est essentiel pour maîtriser la température de son logement. On le sait tous intuitivement, aérer la nuit, fermer le jour. Mais c’est le. C’est un phénomène de ventilation qu’il faut absolument diffuser en termes de connaissances. Parce que, explique nous ce qui se passe lorsqu’on est. Alors, il y a des cas de figure très précis que j’ai en tête lorsqu’on est dans un appartement en ville avec du bruit. Peut être que certaines personnes ont du mal à aérer, avoir un appartement traversant ou pas. Voilà comment on joue, comment on jauge la ventilation nocturne de son habitation en période de fortes chaleurs? Nicolas Naville : Alors c’est une question centrale. En fait, ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il y a. Pour réussir à rafraîchir un logement de manière passive, il faut vraiment combiner deux choses. D’un côté, la performance de l’enveloppe, on l’a dit, empêcher le soleil de rentrer. Une bonne isolation, notamment de la toiture. L’inertie. ça c’est nécessaire, mais ce ne sera jamais suffisant. C’est à dire que si on a un bâtiment qui est vraiment optimal d’un point de vue de tout ça, avec des canicules suffisamment importantes, suffisamment longues, on n’arrivera jamais à garder de la fraîcheur. Parce qu’en fait, au bout d’un certain temps, la chaleur finit toujours par rentrer. Et donc il faut combiner ça avec une capacité à évacuer la chaleur qui est dans le bâtiment. Et si on raisonne de façon passive, sans système actif de climatisation, il n’y a pas, comme disait un collègue récemment, un de mes collègues, il n’y a pas trente six manières d’évacuer la chaleur, de rafraîchir un logement de manière passive. En fait, il y en a une seule. C’est effectivement, si on raisonne vraiment bien passif, c’est la ventilation nocturne. C’est faire sortir cette chaleur la nuit quand il fait un peu plus frais à l’extérieur. Sans ventilation nocturne, le bâtiment même très bien isolé, même très bien protégé du soleil, il finira toujours par chauffer au bout de quelques jours, il fera trop chaud. Aussi parce qu’on a des apports internes tout simplement. Le corps humain, la cuisson, etc. Donc même si le rayonnement solaire n’entre pas, la chaleur, on en produit aussi à l’intérieur du bâtiment. Donc il faut à tout prix pouvoir l’évacuer. C’est essentiel. Et je dirais, si on n’a aucune capacité à évacuer, à évacuer naturellement la chaleur, il faudra forcément qu’on ait des systèmes de rafraîchissement actif. Il faut une source de rafraîchissement, qu’elle soit naturelle ou active. Si je fais le parallèle avec l’hiver, même dans un bâtiment très bien isolé, il faut une source de chaleur. Donc soit un système de chauffage, soit le rayonnement solaire. Donc aujourd’hui, on a des bâtiments tellement bien conçus qu’ils peuvent se priver de système, se passer de système de chauffage. Mais dans ce cas, ils se chauffent grâce au soleil. C’est un peu pareil en été. Il faut soit un système de ventilation, de rafraîchissement actif, soit idéalement un système naturel. Et en l’occurrence, ce n’est pas le soleil, c’est la ventilation nocturne. Donc oui, c’est essentiel. Et cette capacité à faire de la ventilation nocturne, c’est pendant les heures les plus froides. Donc malheureusement, c’est souvent à partir plutôt la deuxième partie de nuit, quand il fait moins chaud à l’extérieur que dans le bâtiment. Donc ça peut commencer en début de soirée, en fin de soirée ou des fois en milieu de nuit quand on est vraiment en canicule. Donc c’est surtout à ce moment là les heures les plus favorables, ça va être entre deux heures et sept heures du matin, on va dire entre deux heures et huit heures du matin, c’est les heures les plus fraîches. C’est là où vraiment le bâtiment on bénéficie de cette fraîcheur extérieure. Il faut être capable idéalement d’ouvrir à ces heures là, C’est beaucoup plus efficace si effectivement on a un flux d’air qui se qui se met en place, donc avec un logement traversant ou avec au moins bien orienté, quand il y a du vent à l’extérieur, ça va être beaucoup plus efficace. Donc c’est moins efficace quand on est sur du logement orienté malheureusement. Donc organiser ce flux en ayant de la traversance, on a aussi du tirage naturel quand on est sur des bâtiments de plusieurs étages, quand on ouvre, voilà, l’air chaud va avoir tendance à monter, donc on peut aussi jouer là dessus. Voilà. Et malheureusement, en ville, on disait tout à l’heure, on reboucle à cause de l’îlot de chaleur urbain, la température tombe moins la nuit. Donc en ville, on va un peu moins pouvoir compter sur ce sur ce phénomène là. Pour cette raison et aussi du fait des nuisances, notamment les nuisances sonores. Puis après on a les autres facteurs. Les autres nuisances, ça peut être les moustiques, ça peut être aussi les risques d’intrusion. C’est ça qui existe partout, pas que en ville et qui malheureusement aussi dissuadent un certain nombre de personnes d’ouvrir leurs fenêtres. Simon Icard : Donc avoir un thermomètre chez soi et peut être regarder la météo sur les températures nocturnes et dans les périodes où les nuits sont dites tropicales, regarder à partir de quel moment la température extérieure devient donc plus basse que sa température intérieure. On retient l’astuce. On parlait des logements. Alors souvent les logements sont collectifs, les immeubles, je veux dire, je me demande si il n’y a pas là aussi des leviers d’action peut être un peu invisibles, notamment les parties communes. Est ce que les parties communes peuvent jouer un rôle dans la ventilation d’un immeuble? Est ce qu’elle le joue déjà? Est ce que c’est prévu ou est ce qu’il va falloir? Un peu à la manière de certains immeubles méditerranéens, se mettre à à s’appuyer sur cette ventilation là aussi naturelle, non pas à l’échelle de son appartement, mais de son immeuble collectif? Nicolas Naville : Alors oui, il y a, il y a un enjeu de conception, de gestion de ces parties communes. Typiquement, organiser une traversance pour la ventilation entre les deux faces d’un logement qui peuvent être sur rue et sur cour. Ça, ça va être intéressant. En Espagne, par exemple, ils utilisent beaucoup des systèmes de ventilation complètement naturelle où si on ouvre des colonnes de ventilation qui circulent à l’intérieur et qui circulent naturellement à l’intérieur de l’immeuble via du tirage thermique et qui vont aider à ventiler. Donc ça peut, ça peut jouer, ça peut jouer effectivement. Donc voilà, je dirais surtout pour aider via notamment les cours intérieurs, à organiser ces flux d’air et à l’inverse, à ne pas aggraver la situation. Et là, on peut penser à la question du rejet des climatisations dans les cours intérieures, qui peut poser un vrai problème en fait. Si en effet, beaucoup de logements se mettent à rejeter de la chaleur dans la cour intérieure, ça va pénaliser les autres logements. ## Toits blancs et réglementations locales : des leviers à nuancer Simon Icard : Une autre solution dont on parle beaucoup. Je voudrais savoir, selon toi, s’il y a des évaluations qui ont été faites, si c’est gadget ou pas, une solution qui consisterait à peindre les toits en blanc. L’effet a l’air réel au niveau de la chaleur urbaine, mais le bilan énergétique annuel, lui, n’est pas toujours positif. Parce que ce qu’on gagne l’été peut se payer en chauffage, l’hiver. Est ce qu’on a une vision claire de l’intérêt éventuel de peindre son toit en blanc? Est ce que c’est un exemple de compromis à faire entre atténuation donc de de et adaptation. Atténuation C’est à dire éviter de dépenser trop de chauffage. Pour faire simple et adaptation, éviter de mourir de chaud ou d’utiliser trop de clim. Nicolas Naville : Alors là en fait faut regarder tous les phénomènes finalement, ce qui va être prépondérant sur cette question des des surfaces réfléchissantes, ce qu’on appelle l’albédo, ça va surtout être l’impact sur le microclimat urbain, c’est à dire cet îlot de chaleur urbain à l’échelle de la ville, à l’échelle du quartier et aussi à l’échelle très locale, comme je disais, de vraiment l’atmosphère directement autour du bâtiment. C’est prépondérant par rapport à ce qui va se passer dans les bâtiments. En tout cas, si on raisonne en, on va dire, une vision future où tous les bâtiments sont très bien isolés, en tous cas c’est le cas, en tous cas des bâtiments neufs quand on est sur un bâtiment très bien isolé. Le fait d’avoir une toiture blanche ou une toiture en zinc, ça ne va pas être si impactant pour la température à l’intérieur du bâtiment, parce que l’isolation va écraser un petit peu l’effet. En revanche, et oui, il va y avoir un effet plus fort en été qu’en hiver. En réalité, du fait du poids justement, de l’aspect rayonnement, c’est à l’échelle de la ville et du quartier. Il y a en effet un impact qui est significatif si on est capable de mieux réfléchir tout le rayonnement solaire vers le ciel plutôt que de l’absorber et l’emmagasiner emmagasiner cette chaleur dans les surfaces minérales. Et là c’est significatif parce qu’on parle quand même l’impact du rayonnement solaire en terme d’énergie en été, sur le bilan thermique de la ville, c’est à peu près en ordre de grandeur mille watts par mètre carré. Donc on conçoit bien qu’à l’échelle de toute une ville, c’est énorme. En fait, si on est capable de renvoyer une part significative de ce rayonnement vers le ciel plutôt que de l’absorber, l’impact, il est loin d’être négligeable. Et comme cette chaleur, elle est beaucoup stockée dans les. Dans les matériaux qui constituent la ville, notamment les surfaces minérales. Ben oui, c’est une chaleur qu’on va garder, qu’on va ensuite ressentir pendant la nuit, qui va empêcher la ville de se refroidir, etc. Donc je dirais que c’est pas négligeable. Ceci étant dit, voilà, il y a une autre question qui se pose, c’est est ce que c’est rentable de le faire sur des bâtiments déjà existants? Est ce que ça vaut le coup d’aller faire là? Voilà la question, ça se regarde au cas par cas. Ça, ça peut être. Enfin, il faut regarder le coût. Il faut regarder l’impact que ça. Il faut regarder aussi la pérennité dans le temps. Parce que si les surfaces, elles sont blanches, mais qu’après elles se salissent etc. Donc il faut regarder tout ça. Mais de manière générale, je parlais de bon sens tout à l’heure, c’est au moment où effectivement on doit mettre un nouveau matériau, autant intégrer ça et mettre plutôt un matériau qui va réfléchir le rayonnement solaire vers le ciel plutôt qu’un matériau qui va absorber toute la chaleur. Voilà, je raisonne plutôt comme ça. Après, est ce qu’il faut le faire systématiquement? Là, je serais plus nuancé. Simon Icard : Oui, on comprend un phénomène physique, mais aussi des questions plus de administratives à l’échelle d’un quartier, à l’échelle d’une ville. Des décisions plus collectives ou même en copropriété. Au niveau collectif aussi, je me demande si les réglementations locales en France sont compatibles avec le climat qui se dessine. Alors je ne vais pas te demander de prendre position, mais les travaux se heurtent souvent quand même à des règles d’urbanisme. Je pense aussi à la protection du patrimoine qui est aussi important. Il faut concilier plusieurs enjeux. Je reviens sur la question des volets extérieurs. Sur la question de végétaliser peut être une façade. Repeindre un toit, on en a parlé, Est ce que c’est un faux problème ou un véritable frein qui est observé, les réglementations locales? Nicolas Naville : Alors il y a encore un vrai problème par rapport à ça je pense qui dont les pouvoirs publics sont bien conscients maintenant depuis plusieurs années. Donc, il y a des travaux qui sont en cours, c’est pas toujours aussi rapide qu’on voudrait parce que, effectivement, il faut, comme on dit, pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il ne faut pas non plus relâcher toutes les toutes les règles. On a notamment. On parle souvent des architectes des bâtiments de France en contexte de zones protégées, de monuments historiques, etc. Qui vont des fois s’opposer à des protections solaires, à des, à des volets. Ça existe encore aujourd’hui. Il y a de plus en plus de prises en considération de ces phénomènes là et des travaux qui sont en cours, des discussions pour essayer de trouver des solutions, des bons compromis qui permettent de préserver le caractère patrimonial tout en assurant ce que j’ai dit tout à l’heure, c’est à dire tendre vers cent pour cent, on va dire, de protection solaire sur les surfaces vitrées ou ce genre de choses. Donc, le processus est en cours, je dirais, mais on ne met pas encore tout à fait au bout. Clairement. ## L’inertie thermique des bâtiments : pierre, bois et béton bas carbone Simon Icard : Il y a un mot qu’on entend peu dans le grand public et dans le débat public, mais qui est central chez chez vous, les spécialistes, c’est l’inertie des bâtiments. Ce que tu peux nous expliquer. Si je comprends bien, les vieilles bâtisses en pierre restent fraîches. On en fait l’expérience. Ou les cathédrales, les églises, elles restent fraîches l’été. Les constructions récentes sont légères, très isolées, parfois en bois, elles peuvent chauffer vite. Alors corrige moi évidemment si je dis des bêtises. Est ce que là on ne tient pas ce dilemme dont on parle quand même un petit peu depuis le début de l’épisode? Entre des matériaux qui ont un meilleur rendement pour économiser de l’énergie et du carbone. Ils sont peut être parfois moins bons pour le confort en été, où on en est sur sur ça? Est ce qu’on est encore sur des constructions qui utilisent des des systèmes et des matériaux dont la priorité est d’économiser des émissions de CO2 au détriment peut être du confort thermique? Nicolas Naville : Alors en effet, l’inertie est importante, elle a, elle a un impact, elle n’est pas suffisante. C’est à dire qu’il faut quand même effectivement protéger les surfaces vitrées, avoir de l’isolation. Mais cette inertie est importante. Le phénomène, c’est vraiment que si on mettons, on laisse la chaleur rentrer dans un bâtiment, si on a beaucoup d’inertie, ça va vraiment lisser le phénomène, c’est à dire qu’il faudra énormément de chaleur pour effectivement réchauffer le bâtiment du fait de la masse importante qui va devoir être réchauffée. Donc on peut parler sur ces masses de granit dans les dans les maisons anciennes, en Bretagne ou autre. Et donc ça, ça va lisser les phénomènes. Si on a un bâtiment qui s’est bien rafraîchi, qui est bien frais dans un état initial ou qui se rafraîchit bien la nuit, même s’il emmagasine beaucoup, beaucoup de chaleur pendant la journée, cette chaleur, elle va avoir un impact très faible sur l’augmentation de la température pendant la journée du fait de cette inertie. Donc, c’est cette capacité à lisser finalement le phénomène de l’entrée de chaleur ou de froid en hiver. Elle est importante, mais pour moi, il n’y a rien de complètement antinomique avec l’isolation. On peut tout à fait combiner les deux aujourd’hui dans des constructions. Enfin, le respect des normes récentes n’oriente pas nécessairement vers des matériaux à faible inertie. Alors il est vrai que quand on est sur de la construction bois, a priori on a quand même moins d’inertie que quand on était sur du sur du béton ou sur de la pierre. Aujourd’hui, typiquement, la pierre naturelle, c’est un exemple de la pierre naturelle locale. Alors bien sûr, on ne pourra pas construire en pierre naturelle locale, mais elle peut être plutôt vertueuse sur les deux, sur les deux plans. On a des industriels qui travaillent sur des béton bas carbone. Il faut bien sûr être très vigilant pour vérifier que c’est effectivement bas carbone, mais on y travaille. On peut avoir à la fois de l’inertie et voilà. On a aussi des produits isolants qui ont une meilleure inertie que d’autres parce qu’ils sont justement plus, plus pondéreux, ils ont plus de poids. Donc voilà, il n’y a rien d’inéluctable de ce point de vue là ou de complètement contradictoire. On peut tout à fait combiner les deux. Et de toute façon, il faut, on ne peut pas privilégier non plus que l’inertie, L’isolation est également importante. Simon Icard : Oui, je le redis pour nos auditrices et nos auditeurs, il ne s’agit pas d’opposer, d’opposer les efforts. Et je les ai chiffrés, je les ai. J’ai rappelé les chiffres de baisse des émissions de gaz à effet de serre générés par le bâtiment, sa construction, son usage. Il s’agit pas d’opposer cet effort là qui est indispensable pour limiter le réchauffement climatique à des efforts pour l’atténuation qui elle aussi devient nécessaire, y compris pour des questions de santé publique. Je pense qu’on l’a, on l’a, on l’a tous compris. Je veux terminer cet épisode par un autre problème qui est lié aux événements climatiques, mais pas à la chaleur directement. Mais c’est une des conséquences des vagues de chaleur et de la chaleur qui se rehausse. Je veux parler d’un risque important, assez peu visible dans l’actualité. On parle beaucoup de canicule, mais je voudrais qu’on s’arrête sur le problème du retrait gonflement des argiles. C’est un fort aléa qui est lié à l’alternance des périodes de sécheresse et de fortes pluies. Il représente soixante dix pour cent du coût des indemnisations catastrophes naturelles liées au bâtiment sur les cinq dernières années, selon le ministère de la Transition écologique. l’Etat a publié sa nouvelle carte d’exposition des logements aux risques. C’est tout récent, ça date du premier juillet deux mille vingt six. Douze virgule un millions de maisons individuelles sont désormais en zone d’exposition moyenne ou forte. C’est soixante et un virgule cinq pour cent des maisons individuelles qui sont exposées à ce risque. Est ce que tu peux nous en dire quelques mots? D’où vient ce risque précisément? Et surtout, est ce qu’ une politique de prévention est possible? Je pense à à tous nos auditeurs en maison individuelle et donc possiblement dans une zone d’exposition moyenne ou forte au risque de retrait-gonflement des argiles (RGA). ## Retrait-gonflement des argiles : un risque sous-estimé pour les maisons individuelles Nicolas Naville : Alors oui, ce ce risque là, il est. Il est très important dans le contexte de changement climatique. Il touche principalement les maisons individuelles qui ont des fondations plus superficielles que les. Que les immeubles collectifs. Il y a ce phénomène de retrait-gonflement des argiles. Donc, ça veut dire que c’est quand on a des sols argileux qui ont cette caractéristique de gonfler quand ils sont chargés d’humidité et de se rétracter, à l’inverse quand ils sont secs. Et en fait, ça, c’est un phénomène naturel qui a toujours existé. Donc on a ce mouvement naturel des sols intersaisonnier. Les sols vont se rétracter en été et gonfler quand ils sont quand il y a beaucoup de pluie, phénomène qui a toujours existé mais qui a aggravé justement par l’augmentation de l’intensité et la fréquence des des sécheresses et réciproquement, des fortes périodes de fortes précipitations. Donc on augmente la variabilité, donc on augmente le phénomène. Et des bâtiments qui jusqu’ici avaient très bien tenu, on voit apparaître des fissures et des fissures qui peuvent parfois être très importantes et nécessiter des travaux très lourds pour permettre de continuer d’habiter dans le dans le logement. Voilà en gros une moitié des. Des maisons individuelles exposées en termes de situation géographique, donc sur des sols qui sont soumis à ce phénomène là, une sinistralité très, très forte ces dernières années, liée aux sécheresses importantes qu’on a pu avoir. Qui pose la question en effet de la sinistralité? Ça veut dire que on attend que la crise survienne, on a un sinistre et il faut ensuite y remédier, donc réparer par les solutions qui sont très coûteuses. On peut parler de plus de cent, mille, cent mille euros par logement, même si des fois ça peut être moins coûteux pour venir réparer les fissures, consolider les fondations, consolider la structure pour qu’elle puisse résister dans l’avenir au phénomène. La question que tu poses, elle est essentielle pour nous et on considère que c’est vraiment notre rôle au CSTB. C’est la question de la prévention et ce qu’on peut anticiper est ce qu’on a des solutions pour pour prévenir ce risque là. Alors oui, il y a des solutions. Il y a déjà des guides qui existent, notamment l’année dernière on a réactualisé avec le Cerema et le CSTB, un guide sur les solutions de remédiation et de prévention face à ce ce risque. Alors il y en a plusieurs, ça va, mais notamment on a le fait effectivement de. Alors, bien sûr, dans la conception des bâtiments neufs, intégrer complètement le phénomène pour dimensionner les fondations en conséquence et dans la gestion du bâtiment existant, ça va être plutôt gérer justement l’humidité aux abords des bâtiments, éviter la stagnation, enfin la présence excessive d’eau dans les périodes de fortes pluies. Donc on est, on est sur un versant que l’eau viennent s’accumuler proche du bâtiment. Ça peut être étanchéifier les abords immédiats du bâtiment pour éviter que les que les sols justement prennent trop d’humidité quand il y a de la pluie et qu’il y ait trop de variations. Donc en gros voilà, créer l’étanchéité aux abords du bâtiment Évitez certes un arbre à proximité des bâtiments qui vont avoir un effet. En fait, en été, de capter beaucoup d’eau, donc d’assécher encore plus les sols sous le bâtiment. Donc voilà, là je vous renvoie les auditeurs à ce guide Cerema CSTB sur les solutions face au retrait-gonflement des argiles et ce à quoi on travaille en ce moment au CSTB, en lien avec les pouvoirs publics, c’est de donner des prescriptions un peu plus claires au maître d’ouvrage, mais aussi aux assureurs, de même aux pouvoirs publics sur quand est ce qu’il faut vraiment agir et avec quelles solutions. Donc avoir un peu des règles de décision des arbres, de décision sur oui, sur ces logements là, parce qu’ils sont exposés, parce qu’ils sont vulnérables, il faut envisager des solutions de prévention. Et c’est vrai que c’est important d’avoir de l’aide à la décision parce que c’est des solutions qui peuvent être parfois coûteuses si on parle d’intervenir sur la structure du bâtiment. Et donc il faut savoir dans quels cas ça vaut vraiment le coup et dans quel cas le risque est trop faible, et dans ce cas là, on ne fait rien. Simon Icard : Oui, c’est la question que j’allais te poser. Je mesure la portée du chiffre qu’on a donné cinquante pour cent depuis le 1er juillet, soixante et un virgule cinq pour cent des maisons individuelles exposées à ce risque. Alors, moyen ou fort? Mais lorsqu’on est propriétaire, comment sait on qu’on est exposé à ce à ce risque? Est ce que ça a établi, est-ce que les personnes le savent? Nicolas Naville : Alors oui, tout à fait. En tout cas, au moment de l’acquisition, on a ces données là. En effet, quand on. Quand on va chez le notaire, dans. Ça fait partie du dossier sur les risques d’exposition aux risques naturels. Et je pense que les. Aujourd’hui, les particuliers peuvent s’orienter vers le portail Géorisques qui recense un petit peu ces risques là en fonction de la localisation de son logement et on a accès à ces données là et aux cartographies, y compris actualisées, donc d’exposition au RGA. Donc à mon avis, le meilleur point d’entrée c’est Géorisques. Simon Icard : Je mets ces ressources dans la description, allez sur Géorisques et puis consultez le guide des solutions que tu as rédigé avec ton équipe. Nicolas Naville, directeur du domaine d’action stratégique Rénovation, fiabilisation de l’acte de construire, était dans Soluble(s). Merci pour ces éclairages très clairs. Je crois qu’on y voit vraiment plus clair sur à la fois le défi, mais aussi les équilibres qu’il faut tenir pour avancer dans cette trajectoire de réchauffement inéluctable et des conséquences sur nos logements très concrètes. Pour aller plus loin. Vous retrouvez tous les travaux du CSTB sur son site internet. Je le mets aussi dans la description. Merci Nicolas d’être passé dans cette émission! ## Conclusion et ressources pour aller plus loin Nicolas Naville : Merci beaucoup Simon! Simon Icard : Et c’est déjà la fin de cet épisode. Merci à vous de l’avoir suivi. S’il vous a plu, notez le, partagez le et parlez en autour de vous. Vous pouvez aussi nous suivre sur notre site internet, csoluble point media. à bientôt 😉 ### POUR ALLER PLUS LOIN : - Le site du CSTB, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment : www.cstb.fr - Cartographie de l’indicateur de surchauffe des bâtiments calculé dans la Base de Données Nationale des Bâtiments : https://bdnb.io/ - Le guide du CSTB & du Cerema évoqué dans l’épisode : « Mesures de prévention, d’adaptation et de remédiation du phénomène de retrait et de gonflement des sols argileux (RGA) dans la construction. Guide à destination des particuliers et des collectivités locales » : ICI. - Le portail Géorisques : www.georisques.gouv.fr - La Réglementation environnementale RE2020 sur le site du gouvernement français : www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reglementation-environnementale-re2020 Et aussi : le portail public Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique : www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr ### TIMECODES 00:00 — Introduction : canicule 2026 et adaptation des logements 00:42 — Nicolas Naville et le CSTB 05:04 — Adaptation, passoires et bouilloires thermiques 09:28 — Îlot de chaleur urbain 13:57 — RE2020 et degré-heure 17:15 — Le parc existant face à la chaleur 22:37 — Climatisation : besoin ou mal-adaptation ? 24:50 — Isolation hiver / été 28:29 — Volets et couverture de survie 30:20 — Ventilation nocturne 36:45 — Toits blancs et réglementations locales 41:46 — Inertie thermique 46:52 — Retrait-gonflement des argiles 52:26 — Conclusion