ℹ️ NOTE : Version texte brut (Markdown) optimisée pour l'ingestion par les IA (LLMs). 🎧 POUR ÉCOUTER LE PODCAST : https://csoluble.media/epsode/transcription-eco-anxiete-peur-colere-culpabilite-charline-schmerber/ ------------------------------------------------------------------------------------ # [TRANSCRIPTION] Éco-anxiété : que faire de sa peur, sa colère et sa culpabilité ? — avec Charline Schmerber > Date de publication : 2026-08-03 > Source : Soluble(s) - Podcast par Simon Icard 📝 Article source .solu-share-block{ margin: 0.5em 0 0.7em; } .solu-share-wrapper{ display:flex; align-items:center; gap:10px; flex-wrap:wrap; margin:0; } .btn-ecouter, .btn-ami, .btn-google-source, .btn-share-mobile{ min-height:44px; border:none; border-radius:999px; text-decoration:none; display:inline-flex; align-items:center; justify-content:center; gap:8px; line-height:1.2; box-sizing:border-box; font-weight:500; transition:transform .18s ease, box-shadow .18s ease, background-color .18s ease, color .18s ease; 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Simon Icard reçoit Charline Schmerber, praticienne en psychothérapie à Montpellier et cofondatrice du Réseau des professionnels de l’accompagnement face à l’urgence écologique (RAFUE), pour dérouler le fil des émotions que provoque la crise climatique : peur, tristesse, colère, culpabilité. Le texte restitue l’enregistrement tel qu’il a été prononcé, avec ses reprises et ses hésitations orales. ## Un été 2026 sous les vagues de chaleur : pourquoi parler des émotions Simon Icard : Bonjour, je m’appelle Simon Icard, Vous êtes les bienvenu(e)s dans Soluble(s) ! Aujourd’hui, je m’intéresse aux émotions que nous donne la crise climatique et vous allez l’entendre. Quand l’état du monde submerge notre petit monde intérieur, il y a des solutions pour y faire face. Bonjour Charline Schmerber! Charline Schmerber : Bonjour! ## De la canicule de 2019 au site solastalgie.fr : le parcours de Charline Schmerber Simon Icard : Tu es psychopraticienne, tu travailles à Montpellier dans le sud de la France. Tu es l’auteur du « Petit guide de survie pour éco-anxieux » et tu ouvres ton cabinet aux souffrances liées à l’état du monde depuis la canicule de deux mille dix neuf et cet été deux mille vingt six, la France a déjà connu trois vagues de chaleur. Et au moment où on se parle, fin juillet, au moment où on enregistre cet épisode, une quatrième vague s’annonçait. La France avait battu par deux fois en juin des records de température nationale moyenne. Plus de la moitié des départements étaient en crise sécheresse. Toutes les télévisions montraient, affichaient à leurs écrans des feux historiquement virulents. Un été si intense que le Haut Conseil pour le climat vient de juger, dans son rapport du neuf juillet, que « la France n’est pas prête » face aux impacts du réchauffement. Alors je me demandais, après avoir traité tous ces événements dans des épisodes précédents, qu’est ce qu’on fait de l’angoisse, de l’anxiété, des émotions que cela peut produire chez chacun d’entre nous? En deux mille vingt cinq, l’ADEME a publié une étude sur l’éco-anxiété selon laquelle dix pour cent des Français en souffrent fortement, dont quatre cent vingt mille sont à risque de basculer vers une psychopathologie connue, tels que la dépression réactionnelle ou un trouble anxieux. Les 25-34 ans seraient les plus touchés. Alors Charline, on va dérouler ensemble le fil de nos émotions grâce à toi. Tu nous diras comment on peut les accueillir, comment faire quand elles nous dépassent et tu nous parleras bien sûr des solutions que l’on peut mettre en place individuellement et collectivement. Mais d’abord, tu le sais, je me montre toujours curieux du parcours de mes invités en début d’épisode. Parle nous un peu de toi, raconte-nous comment tu t’es retrouvée justement à prendre en charge des personnes et leurs émotions liées à un climat qui change? Charline Schmerber : Alors merci pour cette belle introduction. Effectivement, moi ça fait depuis depuis la canicule de deux mille dix neuf que j’ai ouvert mon cabinet initialement je recevais tous types de problématiques à ces éco-émotions et c’est parce que j’ai moi même été. Alors je ne dirais pas que je ne suis plus éco-anxieuse, je suis une éco anxieuse qui va mieux. Mais en deux mille dix sept, ce sujet m’a vraiment frappé de de plein fouet et j’ai dû mettre en place des solutions pour essayer d’aller mieux. Et à l’époque, je me souviens qu’on m’avait dit bon ben il faut regarder les vrais problèmes, là, c’est un déplacement. J’ai pas eu vraiment d’écoute de ce sujet là dans la dans la sphère de l’accompagnement, et c’est ce qui fait que je me suis dit bon, ben je fais un site qui s’appelle Solastalgie fr, en lien avec le concept de Glenn Albrecht qui est australien. C’est un faux jumeau de la de la, de l’éco-anxiété. Et donc j’ai fait ce site en me disant en deux mille dix neuf, je verrai bien si il y a d’autres personnes comme moi qui sont sensibles à cette éco-émotion là. Et en fait, effectivement, il y a eu cette cette grande vague de chaleur. Il avait fait quarante six degrés dans un petit village du Gard le vingt neuf juin deux mille dix neuf, et suite à ça, effectivement, le site a trouvé son public et j’ai commencé à avoir des appels entrants sur ce sujet. Et depuis, je suis restée vraiment fidèle à ce sujet là. Je travaille avec des personnes en individuel et aussi en groupe. Je travaille aussi avec des entreprises et j’ai co-fondé avec d’autres de mes collègues une association. Alors c’est un tout petit réseau au début et qui est devenu en deux mille vingt deux Le RAFUE, le réseau des professionnels de l’accompagnement face à l’urgence écologique qui est pas mal investi là, aujourd’hui avec ces différentes vagues de canicule. ## L’éco-anxiété est-elle une maladie mentale ? Ce que dit le DSM Simon Icard : Merci d’être là. Tu es tout à fait investie sur ces sujets. Tu as d’abord recherché ces ressources, maintenant tu les partages, tu t’es formée, tu t’es professionnalisée. Alors pour qu’on parte sur des bases claires, j’ai besoin de savoir de quoi on parle quand on évoque l’éco-anxiété. Tu parlais d’éco émotions. Ce n’est pas une maladie. L’éco-anxiété, ce n’est pas une maladie mentale, elle ne figure pas dans le DSM. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux qui Qui fait référence. Dis-nous un peu de quoi on parle dans cet épisode quand on va parler de d’éco-anxiété? Charline Schmerber : Alors le terme d’éco-anxiété. Il y a. En fait, il n’y a pas de définition qui fasse vraiment consensus. Il y a même beaucoup de gens qui ne se reconnaissent pas dans ce terme d’éco-anxiété qui peut être un peu pathologisant. En fait, il y a tout un ensemble d’émotions qui sont cachées derrière. Il n’y a pas que de l’anxiété comme pourrait le laisser penser le mot. En fait, il y a tout un ensemble d’émotions comme de la tristesse, de la colère, de la peur, de, de l’insécurité, de, de l’impuissance, beaucoup, de la culpabilité. Et en fait, c’est vraiment une inquiétude face à l’avenir. Je parlais tout à l’heure de la solastalgie. L’éco-anxiété, c’est un concept qui. C’est une peur qui est à la fois présente et future. Donc, on parle vraiment d’une détresse qui est en partie prospective. Et j’aime bien aussi utiliser le. Un autre terme qui est le stress pré-traumatique. C’est une psychiatre américaine qui s’appelle Lise Van Susteren qui parle de ça. Et je pense qu’aujourd’hui, l’éco-anxiété, c’est à la fois un stress pré-traumatique parce que c’est en attendant, enfin c’est il y a une catastrophe climatique qui est en cours et à venir, elle va, elle va se continuer. Donc c’est toutes les peurs qu’on a, l’inquiétude avant que le trauma arrive. Et en même temps, on voit aujourd’hui, avec tout ce qui se passe, d’incendies, de de sécheresses, de tous les, de canicules, que c’est aussi un stress post-traumatique. Parce que là, toutes les personnes qui ont vécu des des incendies, qui se sont trouvées vraiment dans ces situations là, aujourd’hui, il faut gérer le trauma. Donc c’est stress pré traumatique. Et il y a aussi du stress post-traumatique aujourd’hui à gérer. ## La peur de l’avenir et des pénuries : ce qu’elle propose en cabinet Simon Icard : Si tu le veux bien. Dans cette émission, on va parler de plutôt la partie pré-traumatique et non pas du traumatisme en lui même lorsqu’on est face à une catastrophe qui nécessite des prises en charge différentes de ce dont on va parler, j’en suis sûr. Alors on va prendre les émotions une par une et on va voir comment y faire face. La peur, justement, tu en parlais. La peur de l’avenir? Pourquoi pas La peur de pénuries, de manquer de quelque chose pour. Ça fait référence à sa sécurité. Peut être même la sécurité des autres, ceux des générations futures, ceux qui viendront après. Comment elle se manifeste cette peur chez les personnes avec qui tu travailles sur ces sujets, tes patients? Et qu’est ce que tu proposes face à ce sentiment de peur généré par par l’écologie et le changement climatique? Charline Schmerber : Effectivement, c’est des, on a on a peur de quelque chose. Contrairement à l’anxiété qui est souvent sans objet, les personnes, elles ont. Elles ont effectivement peur de la suite et du présent. J’ai des personnes qui me disent qu’elles sont en train de faire le deuil de leur avenir. Donc souvent, moi, ce que je fais un peu de la psychoéducation. Je reviens sur pourquoi on ressent de la peur et le fait que la peur, c’est vraiment une émotion qui est intéressante, qui nous a aussi permis de de pouvoir survivre dans l’évolution. Et j’explique aussi que cette peur, elle est légitime. J’emploie souvent la même image, je le dis à mes patients si vous voyez un lion dans la rue, vous n’allez pas aller vous jeter sur le lion en disant Oh qu’est ce qu’il est joli! J’ai envie de faire un câlin au gentil Lion. Généralement, vous vous prenez vos jambes à votre cou, et en fait, la peur, elle est bien là pour dire qu’il y a un problème. Et le problème, c’est cette catastrophe environnementale qui est qui est en cours, que les scientifiques dénoncent depuis mille neuf cent soixante douze et qui n’est pas encore suffisamment bien traitée d’un point de vue collectif. Voilà, donc je légitimise la peur et je propose parfois aux personnes de faire un petit travail, de parfois s’autoriser à essayer de aller rencontrer cette peur là et de lui associer une sensation, une couleur et voilà, on fait un peu ce travail de s’autoriser à ressentir ça et pas forcément à dire je veux pas du tout ressentir ça, c’est, voilà, on travaille aussi avec les symboles, les images à partir de cette émotion là. ## Insomnies et idées noires : à quel moment consulter un médecin Simon Icard : Autant le rappeler tout de suite, l’anxiété, la peur sont des émotions, des sensations même parfois normales. À partir de quand justement? Sans parler d’anormalité, mais en tout cas lorsqu’on est envahi, dépassé par cette peur, à partir de quand on doit mettre en place des réponses un peu plus appropriées que de de réfléchir dessus? Charline Schmerber : Alors, effectivement, tu mentionnais le risque de dépression réactionnelle, de basculer dans un versant pathologique. Aujourd’hui, il y a des. Il y a des échelles de mesure qui permettent d’évaluer les degrés d’éco-anxiété et de voir à quel moment ça devient vraiment délétère pour la qualité de vie de la personne. Et moi, j’ai tendance à m’appuyer vraiment sur sur la Pluridisciplinarité et d’envoyer parfois les patients voir leur médecin traitant ou voir un psychiatre quand je sens que mes limites dans l’accompagnement peuvent être dépassées, avec des personnes qui ont vraiment des problèmes de sommeil, qui viennent leur empêcher de, les empêcher de faire leur journée au quotidien avec des idées suicidaires. Je pense à une la conjointe d’un patient qui m’a envoyé un message en disant qu’elle était vraiment très inquiète de par la réaction de de son conjoint qui disait qu’il ne voyait pas. Enfin, il ne se voyait pas continuer de par ce qu’il était en train de se passer d’un point de vue destruction du vivant et hausse des températures. Donc là à ce moment là, généralement moi je conseille et même des fois je fais un contrat avec mes patients et je leur dis il faut absolument que vous puissiez aller voir un médecin, parce que là, mes limites à moi dans l’accompagnement peuvent être dépassées. Après, il y a plein d’autres ressources, bien évidemment qu’on peut mettre en place, mais quand la personne, elle a vraiment des insomnies, du mal à dormir, qu’elle a vraiment des idées noires, là vraiment, je pense que c’est important de pouvoir se faire accompagner et voir un autre traitement d’un point de vue médicamenteux éventuellement. ## La tristesse d’un monde qui change et le recul des glaciers Simon Icard : On va poursuivre sur les émotions. Alors la peur, on la, on la connaît bien et tu nous en as parlé. La tristesse aussi, c’est un sentiment qu’on connaît plus ou moins tous à certains moments de notre vie, mais appliquée justement à l’environnement, au climat qui change, C’est une émotion que l’on que l’on entend s’exprimer, y compris dans des témoignages, dans des médias. La tristesse avec certains chez certains, l’impression d’un immense gâchis. Une situation qu’on a peut être en tête, c’est le recul des glaciers et les gens qui ont pu visuellement le constater à différentes époques de leur vie. Tu parlais de solastalgie tout à l’heure. Charline Schmerber : Tout à fait. ## Solastalgie et éco-anxiété : le faux jumeau de Glenn Albrecht Simon Icard : Est ce que tu peux nous poser un petit peu les différences qu’il y a? Justement, tu disais que c’est un faux jumeau et comment on soulage cette tristesse d’un monde qui change, voire pour certains aspects du monde qui disparaît? Charline Schmerber : Alors effectivement, quand tu parlais de tristesse, je trouve qu’il y a vraiment un lien avec la notion de solastalgie. Alors déjà moi là, la manière dont je peux travailler avec la tristesse, c’est que j’invite les personnes à vraiment la ressentir et pas forcément à absolument vouloir ne pas être triste. En fait, je pense que c’est très important aussi et on peut avoir tendance d’un point de vue. Enfin, en tant que professionnel de l’accompagnement, on se dit on veut soulager la souffrance, on veut que le patient aille bien, on veut que la personne aille mieux. Et en même temps, je pense qu’il y a vraiment quelque chose de l’ordre de ne pas mettre de baume et de pouvoir s’autoriser à la vivre cette tristesse, à sentir les larmes, à vraiment être dans l’accueil de ce qui est là, avant de se dire qu’on peut passer à une autre émotion. Parce que les émotions, elles communiquent. Et effectivement, il y a vraiment un lien actuellement avec ce qu’on est en train de vivre, de perdre des forêts, des lieux auxquels on pouvait être vraiment attachés. Donc, la solastalgie, c’est un concept qui a été créé par Glenn Albrecht dans les années deux mille. Et en fait, c’est Je parlais de faux jumeaux en caractérisant l’éco-anxiété de détresse prospective versus la solastalgie, qui est une détresse plutôt rétrospective, c’est à dire qu’elle est tournée vers le passé. On va regarder ce qui était avant, ce qui est aujourd’hui, et c’est le décalage entre les deux, cette sensation de perte. C’est vraiment la la perte ou la dégradation d’un lieu de réconfort qui va amener à ressentir cette espèce de nostalgie alors qu’on n’a pas quitté le lieu en fait. Et Albrecht avait vraiment voulu dans la dans la composition de son néologisme, le faire ressembler. Il a vraiment constitué sur la même racine que nostalgie en fait. Et donc c’est cette solastalgie, c’est en définition très raccourcie, c’est vraiment la perte ou la dégradation d’un lieu de réconfort. Donc il y a une on constate une désolation physique, psychique et une perte du sens du lieu. ## Photographie, écriture, mémoire des lieux : les stratégies pour faire face Simon Icard : Justement pour mettre du sens sur cette perte. Est ce que tu as, des conseils, des astuces? Alors moi je pense spontanément, en t’écoutant peut-être à la photographie, à l’écriture, à la conservation. Est ce que ce serait une une bonne approche de conserver la mémoire autant que que possible de ces lieux dont on sait qu’ils peuvent bouger fortement en termes de paysages par exemple? Charline Schmerber : Ouais, alors les études. Albrecht il avait fait vraiment une étude. Il y a plusieurs études sur la solastalgie et les stratégies de coping, les stratégies pour faire face qui rejoignent celles de l’éco-anxiété. C’est de. En fait, c’est l’engagement, beaucoup. C’est. C’est à dire que les personnes sont bien conscientes que le lieu perdu, généralement, on ne peut pas le restaurer ou. Ça va être très, très compliqué de le restaurer. Ça peut prendre du temps, mais par contre, ce qui fait du bien, ce qui permet de. Baiser cette solastalgie, ça va être de s’engager dans. Je pense à l’exemple des personnes qui ont. Dans la vallée de Hunter (Australie), il y a eu des mines de charbon à ciel ouvert qui ont fait que tout l’environnement a été complètement transformé. Et pour travailler sur cette solastalgie, il y a d’autres personnes qui se sont. Ces personnes là ont pu se mobiliser pour empêcher l’ouverture d’une autre mine. Et ça, c’est quelque chose qui fait qu’on ne On ne restaure pas le territoire perdu, mais par contre, on sent l’engagement, on sent la mise en mouvement et ça permet d’éviter que ce genre de destruction n’arrive. Donc il y a ça qui permet effectivement l’engagement, l’action. Et effectivement, il y a plein d’autres outils comme ceux dont tu parlais, le la créativité, le fait de laisser des traces. Et moi j’ai un petit exercice aussi que j’invite parfois à mes patients à faire vraiment dans dans cette même logique de ne pas de ne pas absolument vouloir aller mieux, c’est de pouvoir aussi s’autoriser à ressentir cette solastalgie. Alors ça peut être aller à l’extérieur près de, dans, dans un climat où il y a une espèce de souffrance physique d’un lieu et puis d’être en empathie, en fait, avec ce lieu, de pouvoir se dire ok, ben moi aussi je ressens ça. Il y a quelque chose de vraiment faire l’expérience de l’émotion. Alors l’idée n’est pas de se faire vivre quelque chose d’absolument insupportable, mais vraiment de se dire ok, ben voilà, je suis en lien avec ce vivant qui souffre, je ne peux pas forcément y faire grand chose, mais voilà, je suis là et je prends conscience de ça. Je sens les sensations dans mon corps et il y a vraiment quelque chose de, je pense, d’important à ne pas vouloir absolument basculer vers la joie. C’est s’autoriser à ressentir ça, c’est on est en train de vivre un deuil écologique en fait actuellement, et on est enfin, je pense que le travail de deuil est vraiment très, très important et il est essentiel de passer par toutes les étapes. ## Le deuil écologique : perdre l’été qu’on a connu Simon Icard : Et je note que tu as déjà prononcé deux ou trois fois le mot de deuil. Est ce que tu peux aller un peu plus loin sur cette notion? On a parlé de la peur, de de la tristesse. On va parler dans un instant de la colère. On sait, dans le langage courant même, c’est avéré, qu’il y a plusieurs phases dans l’expérience d’un deuil. Tu fais le le lien, le rapprochement entre cette expérience du deuil, de la perte d’un proche avec la nature et l’environnement aussi? Charline Schmerber : Ouais, tout à fait. En fait, il y a, il y a une notion qui est aujourd’hui utilisée de deuil écologique. Et si je peux donner vraiment des exemples dans le contexte actuel, moi, j’ai beaucoup de patients qui me disent que l’été qu’ils ont connu n’est plus et qui se posent la question de est ce qu’aujourd’hui l’été ça sera enfin à partir de maintenant, passer d’un lieu climatisé à un autre? Et des personnes qui me disent mais en fait j’adorais l’été, c’était un temps de vacances, de liberté et maintenant imaginer l’été, c’est vraiment très anxiogène parce que je me dis mais est ce que je vais supporter la chaleur? Est ce que mon corps va supporter la chaleur? Qu’est ce que Combien a t il dit avoir d’incendie? Est ce que je vais devoir quitter ma maison? Moi j’ai des patients, notamment un, qui s’est retrouvé coincé dans un feu, qui a dû être évacué. Donc il y a vraiment toute cette peur qui est aujourd’hui associée à l’été, avec des personnes qui me disent J’ai hâte que ça finisse. Donc, il y a un vraiment une sensation de perte de ce qu’on a connu et qu’on ne retrouvera probablement plus. Ou alors on sait qu’on peut agir sur le sur les émissions qui. Là, on est en train de payer celle de il y a quarante ans, mais voilà, on sait qu’on peut quand même agir et faire des choses. Donc, je ne dis pas que, bien évidemment, on est condamné, absolument pas. Mais voilà, il y a vraiment cette sensation dans le deuil écologique de perdre quelque chose, que ce soit d’un point de vue expérience, que ce soit d’un point de vue du vivant. Euh. Et voilà, Je pense que c’est très difficile pour la génération, enfin pour moi. J’ai une quarantaine d’années pour les générations d’avant qui ont connu l’avant. Et ce que je disais à mes patients, c’est que j’ai des personnes qui s’interrogent sur le fait d’avoir des enfants qui se disent ben oui, ils connaîtront pas si quand ils connaîtront pas la neige, ils connaîtront pas tout ce que moi j’ai connu. Et en même temps, je pense que ce deuil écologique est plus difficile pour les générations qui ont connu l’avant finalement, que pour les générations qui arrivent aujourd’hui. ## La colère contre l’inaction climatique est-elle une colère saine ? Simon Icard : C’est peut être pour ça que les chiffres indiqués, la tranche d’âge de vingt cinq jusqu’à moins de cinquante ans dans les plus exposés. C’est intéressant cette notion de se sentir dans, au cœur de l’évolution, de pouvoir comparer. Alors j’indique quand même que même si le climat va changer, indiscutablement, les canicules vont être plus fréquentes et les événements plus, plus plus intenses. On ne connaîtra pas forcément d’été en été, des étés identiques à deux mille vingt six chaque été. C’est des fluctuations qui vont aller au moins jusqu’à la stabilisation, tu le disais, de nos émissions de gaz à effet de serre. Vers un réchauffement climatique qui est prévu jusqu’à plus quatre degrés en France en deux mille cent. Alors, voilà une émotion que l’on connaît bien et qui s’exprime jusque dans le débat public. Je veux parler de la colère. La colère que certaines personnes ressentent contre l’inaction climatique ou contre l’entourage qui hausse les épaules quand on évoque des efforts à faire ou contre des gens qui sont complètement dans le déni du réchauffement en cours. La colère, tu dis qu’elle peut être saine. Pourquoi? Il y a en matière d’environnement selon toi, des colères saines? Est ce qu’on peut en faire quelque chose de nos colères? Charline Schmerber : Alors effectivement, la colère c’est une c’est une émotion moi que Je j’aime bien. C’est. Je trouve qu’il y a un aspect vraiment sain dans cette colère. Elle vient dire non à quelque chose. Elle vient souvent dire non à de l’injustice, non à une situation qu’on trouve pas ok de vivre. Et cette il y a une énergie. En fait, il y a une énergie dans la colère à partir du moment où on décide de la réinjecter dans le monde et pas de la retourner contre soi. Donc c’est vraiment utiliser cette énergie là pour en faire quelque chose, pour s’engager et puis se remettre en action. En fait, moi je trouve vraiment que cette colère, elle peut être utile et on l’a vu là, je pense qu’il y a vraiment une grande importance par rapport à l’éco-anxiété de de politiser les choses et de vraiment prendre conscience que tout est systémique. Et je pense à une une publication du gouvernement sur l’éco-anxiété, justement, qui était la semaine dernière et en fait qui a fait beaucoup ressentir de colère aux personnes qui l’ont vu. Pourquoi? Parce qu’il y a des solutions individuelles de se responsabiliser, de faire des petites choses. Mais en fait, à aucun moment il y a se remettre en question d’un point de vue politique, systémique. Donc voilà, il y a eu beaucoup de colère sur cette sur cette publication qui était à visée d’expliquer ce qu’était l’éco-anxiété et que je trouve très juste. En fait, cette colère, elle est saine et elle a elle a tout à fait raison d’être. ## Avion, voiture thermique, écogestes : d’où vient la culpabilité écologique Simon Icard : On va on va parler dans un instant des solutions collectives, de comment ces émotions peuvent être expérimentées collectivement aussi. On va en parler dans un instant. Les cabinets de psychologues résonnent souvent de récits qui reposent sur le sentiment de culpabilité. On imagine qu’en matière d’environnement et de climat, il peut se manifester aussi dans le jugement que l’on peut avoir sur ses propres actes, sur ses modes de vie. À tort ou à raison, chacun jugera. Mais par exemple, prendre l’avion pour partir en vacances alors que son utilisation est régulièrement pointée du doigt pour son bilan carbone, être obligé d’aller travailler en voiture thermique alors qu’on n’a pas d’autres solutions, qu’on ne peut pas se payer de voiture électrique par exemple. Il peut y avoir ce sentiment de culpabilité chez certaines personnes, soit vécu, soit désigné par d’autres. Le sentiment aussi peut être de ne pas en faire assez. Quand on entend parler, tu le disais, des écogestes, ça peut aussi culpabiliser. Comment gérer ce sentiment de culpabilité? En ce moment notamment? Charline Schmerber : il y a un aspect aussi qui est alors très présent. Moi, dans mes dans mes consultations, c’est la culpabilité par rapport aux enfants. Ça, c’est vraiment un sujet qui est qui est vraiment très, très, très présent. Alors, moi, j’ai tendance à séparer la culpabilité que je dis toxique d’une d’une culpabilité qui est tout à fait normal de ressentir. Je donne souvent cet exemple qui est vous allez dans une boulangerie, vous vous écrasez le pied de quelqu’un. C’est normal de ressentir de la culpabilité parce que vous avez fait une faute et que vous avez fait une mauvaise action de vouloir consciemment écraser le pied de votre voisin. Mais là, dans ce qu’il est en train de se passer souvent, la culpabilité, c’est vraiment quelque chose qui est toxique. Et je dis que ce n’est vraiment pas le le terreau pour faire, fertile, pour faire pousser des jolies choses en fait. Donc moi, j’ai tendance à opposer à la culpabilité la notion de responsabilité, parce que la responsabilité c’est vraiment tourné vers l’extérieur, là où la culpabilité, on va regarder ce qu’on fait soi. Et puis ça ne permet pas, ça ne permet pas d’avancer. Et la manière dont je le travaille, c’est allez comprendre à quoi elle sert, quel est le bénéfice secondaire de cette culpabilité. Et souvent, moi, ce que j’entends, c’est que les personnes se sentent finalement un peu mieux d’être dans une forme de loyauté par rapport aux personnes qui souffrent. J’ai des personnes qui me disent mais moi je je me plains et en même temps j’ai accès à une piscine, à la clim. Et en fait, il y a d’autres personnes qui n’ont pas du tout ce genre de de de possibilité de se retrancher dans les moments de canicule et en fait, ça leur fait sentir beaucoup de culpabilité et c’est une manière de rester un peu solidaires, loyal par rapport aux personnes qui souffrent. Et alors vraiment, je pense que déjà en prendre conscience et se dire ok, je ressens ça, mais finalement si je lâche cette culpabilité et que je récupère cette énergie à la place de la retourner contre moi et que je le réinjecte dans le collectif, dans ma vie au quotidien, finalement, ça pourrait être probablement plus bénéfique aux personnes qui souffrent. ## « Composter » ses émotions : ce que ça veut dire au quotidien Charline Schmerber : La responsabilité et la loyauté plus que la culpabilité. Alors on a tiré le fil des émotions. Face à elles, il y a un geste commun. En tout cas, tu emploies un mot appliqué à ta propre angoisse. Je lisais en préparant cette interview que tu t’efforces de composter tes émotions, ça veut dire quoi concrètement dans le quotidien? De faire de ses émotions du compost émotif? Simon Icard : Ouais, alors comme je l’ai dit un peu tout à l’heure, j’ai, les psys, enfin les professionnels de l’accompagnement. On a vraiment à cœur que les personnes aillent mieux. Et c’est souvent difficile de rester dans des émotions désagréables. Et en fait, ce que je veux dire par compost, c’est vraiment de s’autoriser à toutes les ressentir. Et alors moi je ne pense pas qu’il y a des émotions positives, négatives. Je pense qu’il y a des émotions agréables et désagréables, mais elles ont toutes une fonction. Elles sont toutes utiles, à condition bien évidemment de ne pas rester coincé dans une émotion. Là, si on reste coincé dans quelque chose de trop désagréable pendant trop longtemps, c’est nécessaire de pouvoir se faire accompagner. Et je pense que dans les enfin et dans l’étymologie du terme émotion, il y a vraiment une notion de mouvement. Il y a movere, ex movere. Donc c’est vraiment important de d’utiliser ce qui est là pour pouvoir en faire quelque chose finalement, de cette expérience vécue peut se dire en fait, c’est quoi le sens que je trouve à tout ça? Et dans dans le fait de composter ses émotions? Moi j’ai vraiment vécu cette cette crise, ce vécu d’éco-anxiété, ça a été vraiment associé à une crise existentielle de en fait, qui est ce que je suis, à quoi est ce que je sers et qu’est ce que je peux faire? Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui je. Alors je me suis engagée à travers le fait d’accompagner des personnes en individuel, en groupe, etc. Ou le RAFUE. Et ça, ça me permet de trouver du sens à toutes ces émotions qui peuvent me traverser, être désagréables. Mais en tout cas, j’en ai fait un fil rouge dans ma pratique. ## Y a-t-il des émotions collectives, et des solutions à puiser dans le collectif ? Charline Schmerber : En faire quelque chose, donner du sens. Alors je veux qu’on parle aussi ensemble des des informations qui nous entourent et qui rappellent que la crise écologique est un sujet de société, politique, tu le disais, un sujet collectif. Donc je ne voudrais pas qu’en écoutant cet épisode, on pense que tout se joue à l’échelle individuelle. Mais rapporté au sujet des émotions, y a t il des émotions collectives si je peux dire? En tout cas, un sentiment collectif qui peut sortir et se dégager des périodes que nous vivons. Est ce que dans le collectif, il y a des solutions à aller puiser face à l’anxiété notamment, et à toutes les émotions dont on a parlé? Simon Icard : Alors effectivement, je rebondis sur ce que tu dis. L’éco-anxiété, c’est quelque chose qu’on ressent à titre individuel, mais les solutions, c’est pas du tout à ne regarder qu’à travers le prisme de l’individuel. Parce que là, je j’aurais beaucoup moins de personnes à mon cabinet qui enfin à ressentir de l’éco-anxiété si les gouvernements, enfin si toute la partie collective prenait les meilleures, les meilleures des décisions. Donc, je pense qu’il y a une émotion actuellement, c’est vraiment la notion de colère. En fait, on parle beaucoup d’écho colère par rapport à tout ce qui se passe par rapport au manque de Canadair, par rapport à à ces, à ces incendies qu’on aurait probablement un peu plus pu envisager avec déjà ce qui s’était passé les étés d’avant. Et en fait, dans cette dans ces, dans ces émotions là, il y a du mouvement et il y a la possibilité de s’engager dans dans des associations et de se réunir, en fait, de faire des collectifs citoyens. Et ça, je pense que c’est vraiment quelque chose qu’il faut pouvoir mettre en place aujourd’hui et dans la longueur que ça puisse perdurer. Parce que moi, je m’aperçois, c’est que l’éco-anxiété, c’est souvent quelque chose d’un peu saisonnier, mais là il y a vraiment quelque chose à penser d’une manière pérenne et qu’on puisse anticiper la suite en fait. Parce que là, vraiment, cet été, c’est vraiment un été charnière où les personnes sont dans une forme de sidération, de choc. Donc c’est comment on arrive à se mettre en mouvement ensemble et essayer de mettre en place des actions. Vraiment, il y a une question de lien aussi. Ça, c’est vraiment quelque chose qui est important de pouvoir là, dans ces périodes là, s’entourer, pouvoir aller voir ses voisins, voir ce dont ils ont besoin, d’essayer de créer vraiment des bons liens pour essayer de traverser tout ce qu’on est en train de vivre en fait. Et vraiment cette notion de bon lien qui est vraiment essentielle. ## Les signaux qui doivent amener à consulter un professionnel de santé Charline Schmerber : Du lien. Trouver des débouchés à la colère dans l’engagement. Alors heureusement, on est en démocratie et tout le monde ne pense pas la même chose. D’ailleurs, les expressions de colère sont différentes en ce moment. Il y a celles et ceux qui sont en colère. Tu le disais contre le manque de Canadair, d’autres contre ceux qui sont indélicats à jeter des mégots par terre, sans parler évidemment des actes délibérés malveillants, là c’est pour parler des incendies. Pour parler de la canicule. Des gens sont en colère pour le manque de solutions individuelles, peut être pour la climatisation, d’autres Pour des gestions plus collectives. Mais il y a donc des débouchés à la colère dans dans peut être l’engagement dans des collectifs, dans des groupes, quels qu’ils soient d’ailleurs. Est ce qu’il y a. Je voudrais revenir quand même dessus, des signaux qui doivent nous alerter lorsqu’on est dépassé par toutes ces émotions, tu en parlais tout à l’heure, qui doivent nous amener à consulter des professionnels de santé? Quel. Qu’est ce qu’il faut regarder? Le sommeil? Simon Icard : Les émotions, comme je disais, c’est vraiment des réactions automatiques qui sont là pour nous indiquer des messages sur comment on doit agir. Et à partir du moment où on voit que, notamment la tristesse, on s’enferme dans quelque chose d’une tristesse massive, avec beaucoup de pleurs, avec des personnes. Une incapacité aussi à aller travailler à une difficulté d’un point de vue cognitif, à penser, à réfléchir, à se concentrer. Des impacts vraiment sur sur l’aspect somatique, avec des mots vraiment qui touchent le corps. Des difficultés de sommeil. Des. Une incapacité à s’endormir vraiment. Des choses qui vont tourner en boucle en fait, avec beaucoup de ruminations. Là, je pense que. Et puis bien évidemment, ce que je disais tout à l’heure, de basculer vraiment dans des idées très sombres, voire des idées suicidaires. Là, c’est là, c’est important de à la fois de mettre du sens, de comprendre ce qui se passe sur ces émotions, donc éventuellement d’aller d’aller consulter un professionnel de l’accompagnement si on ne le fait pas déjà, mais aussi, à ce moment là, d’aller voir son médecin. Il y a aujourd’hui des. Il y a tout un ensemble de mesures qui existent. Il y a « Mon soutien psy » aussi qui permet d’avoir accès à douze séances dans l’année. Alors il y a celles-ci ne font pas forcément partie du RAFUE. Mais en tout cas, je pense que c’est important de pouvoir se donner la possibilité de parler de ça en fait. ## Le RAFUE : un annuaire de professionnels formés aux éco-émotions Charline Schmerber : Tu parlais du RAFUE. Alors ça s’écrit RAFUE. Un mot de ce réseau des professionnels de l’accompagnement face à l’urgence écologique. C’est un réseau que tu as cofondé? Il est national en France. Vous proposez notamment des espaces de parole? Simon Icard : Oui. Alors c’était un tout petit réseau en deux mille vingt. On a commencé en mars deux mille vingt. On était quatre pendant le pendant le Covid et petit à petit, le réseau a grossi et en fait, il regroupe des professionnels, des cercles professionnels avec des psys psychopraticiens, psychologues cliniciens, psychothérapeutes, des coachs, des sophrologues. On a aussi un cercle médecins. On a des cercles de pratique avec des cercles autour des cercles de parole et du cercle de travail qui relie, qui a été une méthode créée par Joanna Macy, une activiste antinucléaire américaine. C’est un ensemble de professionnels, on a, qui vraiment est sensibilisé aux questions environnementales. Donc si vous allez voir un professionnel du RAFUE, la personne va savoir de quoi vous parlez, si vous ressentez de l’éco-anxiété. On a vraiment deux cibles. On a le grand public à qui on propose sur notre site asso tiret rafue fr, un annuaire avec des professionnels qui sont, qui ont été triés sur le volet, Ne rentre pas qui veut. On a tout un ensemble de critères et un processus pour rentrer dans le rafue qui est quand même pas pas forcément. Enfin on n’accepte pas le tout venant. Donc voilà, il y a à la fois cet annuaire pour le grand public et en même temps c’est notre autre cible, c’est les professionnels de l’accompagnement à qui on propose en interne des formations, des choses comme ça, de manière à leur permettre de monter en compétence sur la question des écoémotions. ## Où trouver de l’aide : le 3114 en France, la Belgique et la Suisse Charline Schmerber : Charline Schmerber, psychopraticienne co-fondatrice du RAFUE était dans Soluble(s). Je rappelle que tu es l’autrice du Petit guide de survie pour éco-anxieux, paru chez Philippe Rey. Retrouvez toutes les informations dans la description. Et si tout ça pèse lourd sur votre quotidien, vous l’avez entendu? Parlez en à votre médecin traitant en cas de détresse et d’idées noires. Sachez aussi que le 3114 est joignable gratuitement vingt quatre heures sur vingt quatre en France. En Belgique, c’est le 0800 32 123 et en Suisse, la main tendue, il faut composer le 143. Charline. Merci d’être passée dans Soluble(s)! Simon Icard : Merci. Charline Schmerber : Et c’est déjà la fin de cet épisode. Merci à vous de l’avoir suivi. S’il vous a plu, notez-le, partagez-le et parlez en autour de vous. Vous pouvez aussi nous suivre sur notre site internet, csoluble.media. À bientôt 😉 Important Si tout cela pèse sur votre quotidien, parlez-en à votre médecin traitant. En cas de détresse ou d’idées noires : - France3114 — gratuit, 24h/24 - Belgique0800 32 123 - Suisse143 — La Main Tendue ### 🔗 POUR ALLER PLUS LOIN Lire le livre : Petit guide de (sur)vie pour éco-anxieux, éditions Philippe Rey https://www.librairiesindependantes.com/product/9782848769707/  – Le site de Charline Schmerber : https://www.solastalgie.fr – Son profil LinkedIn : https://fr.linkedin.com/in/charlineschmerber  – Le RAFUE et son annuaire de professionnels : https://asso-rafue.com Et aussi: L’étude sur l’éco-anxiété (Observatoire de l’éco-anxiété / ADEME) : https://www.ademe.fr/presse/communique-national/eco-anxiete-quelles-menaces-sur-la-sante-mentale-des-francais/  Important Si tout cela pèse sur votre quotidien, parlez-en à votre médecin traitant. En cas de détresse ou d’idées noires : - France3114 — gratuit, 24h/24 - Belgique0800 32 123 - Suisse143 — La Main Tendue ### ⏱️ TIMECODES 00:05 — Ouverture : un été 2026 sous les vagues de chaleur 00:26 — Charline Schmerber, son parcours depuis la canicule de 2019 04:32 — L’éco-anxiété n’est pas dans le DSM : de quoi parle-t-on ? 05:48 — Stress pré-traumatique et stress post-traumatique 06:51 — La peur : ce qu’elle signale, comment la travailler 08:07 — L’image du lion : légitimer la peur 09:06 — Quand l’inquiétude bascule : les signaux d’alerte 10:08 — Idées noires : le moment où l’accompagnement passe la main 10:52 — La tristesse et le recul des glaciers 12:46 — Solastalgie : le faux jumeau rétrospectif 13:43 — Photographier, écrire : que faire de la perte d’un lieu 14:46 — La vallée de Hunter : l’engagement contre la solastalgie 17:11 — Le deuil écologique : perdre l’été qu’on a connu 20:01 — La colère contre l’inaction : pourquoi elle est saine 21:26 — Le post du gouvernement du 22 juillet et la colère qu’il soulève 22:10 — Culpabilité : avion, voiture thermique, écogestes 23:33 — La boulangerie : culpabilité toxique ou culpabilité ordinaire 24:02 — De la culpabilité à la responsabilité 25:34 — « Composter » ses émotions : mode d’emploi 27:34 — Des solutions à puiser dans le collectif 28:06 — Pourquoi les solutions ne sont pas qu’individuelles 30:45 — Sommeil, concentration, ruminations : quand consulter 32:37 — Le RAFUE : annuaire et cercles de parole 34:20 — Clôture : où trouver de l’aide, 3114 et numéros