Tu t’es déjà disputé avec quelqu’un sur Internet sans jamais changer d’avis ? Ou évité un sujet délicat en famille parce que ça risquait de mal tourner ? Tu n’es pas seul. En France, plus d’un adulte sur deux pense qu’on est trop divisés pour avancer ensemble. Mais une journaliste et une alliance de médias ont décidé de changer ça — en faisant se rencontrer des gens qui ne sont pas du tout d’accord.
Pourquoi on en parle ?
La démocratie, ça fonctionne quand les gens se parlent. Pas quand ils s’évitent. Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous enferment dans des « bulles » où on ne voit que des gens qui pensent comme nous. Résultat : on finit par croire que ceux qui pensent autrement sont des ennemis. C’est ce qu’on appelle la polarisation.
Quel est le problème ?
En 2024, une étude a montré que plus d’un Français sur deux estimait qu’on était trop divisés pour avancer ensemble. Et 62 % des gens ne font pas confiance aux médias pour les informer. Les plateaux télé qui adorent les clashs et les disputes n’arrangent rien. La colère monte, la confiance descend.
Quelle est la solution ?
Une initiative s’appelle « Faut qu’on parle ». Le principe est simple : mettre en contact deux personnes qui ont des opinions opposées, et les inviter à se retrouver en vrai — dans un café, un parc, une brasserie — pour discuter pendant deux heures. Pas pour convaincre l’autre. Juste pour se connaître.
Un algorithme développé par une ONG allemande, My Country Talks, fait le « matching » : il trouve la personne qui pense le moins comme toi, mais qui habite près de chez toi. Avant de se voir, chacun a répondu à neuf questions sur des sujets qui divisent (l’écologie, l’immigration, la taxation de l’héritage…).
Qui agit ?
Béatrice Bouniol est journaliste et cheffe du service culture au journal La Croix. Elle pilote ce projet porté par une alliance de quatre médias : La Croix, Notre Temps, La Voix du Nord et Réel Média, avec le soutien du Fonds Bayard. Son idée : les médias ne doivent pas seulement raconter les divisions — ils peuvent aussi aider à les réparer.

En pratique
En 2024, 6 400 personnes ont tenté l’expérience. 95 % étaient contentes de leur rencontre. 75 % ont gardé contact avec leur inconnu d’opinion opposée. Et une étude de Stanford et Harvard a montré que deux heures de dialogue suffisent à réduire de 77 % la perception de l’autre comme un ennemi. Les participants décrivent souvent une baisse de la colère et une vraie joie de la rencontre.
Béatrice Bouniol résume : « On ne cherche pas à convaincre, on cherche à comprendre ce qui habite l’autre, même si notre point de départ est radicalement différent. »
Le savais-tu ?
75 % des participants de la première édition prévoyaient de revoir leur « inconnu d’opinion opposée » — et La Croix a suivi certains de ces duos pendant six mois. Des liens durables sont nés entre des personnes qui ne se seraient jamais croisées autrement.
Ce que tu peux faire
- Parler à quelqu’un qui pense autrement que toi — dans ta classe, ta famille, ton quartier — sans chercher à avoir raison.
- S’informer sur plusieurs sources différentes plutôt que rester dans une seule « bulle ».
- S’inscrire à « Faut qu’on parle » si tu as 18 ans (ou en parler à tes parents) sur fautquonparle.org.
- Observer les discussions autour de toi : est-ce qu’on cherche à comprendre, ou à écraser l’autre ?
Quelques mots clés
Polarisation — Quand une société se divise en camps si opposés qu’ils ne se parlent plus et voient les autres comme des ennemis.
Bulle informationnelle — Quand les algorithmes te montrent uniquement ce qui ressemble à ce que tu penses déjà, sans te montrer d’autres points de vue.
Défiance — Le fait de ne pas faire confiance. Ici, de nombreux Français ne font plus confiance aux médias ou aux institutions.
Polarisation affective — Le fait de ressentir de la peur ou de la haine envers ceux qui pensent autrement, pas seulement d’être en désaccord avec eux.
Algorithme — Un programme informatique qui suit des règles pour faire des choix automatiquement. Ici, il trouve la personne qui pense le moins comme toi.
Démocratie — Un système politique où les citoyens participent aux décisions. Elle a besoin que les gens se parlent et acceptent le désaccord.
Et si tu parlais vraiment avec quelqu’un qui pense autrement ?
Avec Béatrice Bouniol · La Croix
On ne se parle plus vraiment 😶
En France, les gens se divisent de plus en plus en camps qui ne s’écoutent plus. Les réseaux sociaux nous enferment dans des bulles. Résultat : on finit par voir ceux qui pensent autrement comme des ennemis.
Se rencontrer en vrai, même sans être d’accord 🤝
L’initiative « Faut qu’on parle » met en contact deux personnes aux opinions opposées. Un algorithme de l’ONG My Country Talks les choisit : la personne qui pense le moins comme toi, mais qui habite près de chez toi. Ensuite, rendez-vous dans un café, un parc, une brasserie — sans intermédiaire — pour deux heures de conversation libre.
Portée par quatre médias (La Croix, Notre Temps, La Voix du Nord, Réel Média) et le Fonds Bayard, l’opération est entièrement gratuite et ouverte à tous.
En 2 étapes simples 📋
Avant la rencontre, tu remplis un questionnaire en ligne. Le jour J, tu te retrouves face à face avec ton « inconnu d’opinion opposée ».
Avant : le questionnaire
9 questions fermées sur des sujets clivants (écologie, immigration, héritage…) + 3 questions ouvertes pour mieux te connaître. L’algorithme trouve ton binôme idéal.
Le jour J : la rencontre
2 heures dans un lieu choisi librement. Pas de thème imposé. Un guide conversationnel envoyé par mail pour briser la glace. Juste deux personnes qui se découvrent.
Agir concrètement ✅
- 🗣️Parler à quelqu’un qui pense autrement que toi — sans chercher à avoir raison.
- 📰S’informer sur plusieurs sources différentes pour sortir de sa bulle.
- 🌐S’inscrire à « Faut qu’on parle » sur fautquonparle.org (dès 18 ans, ou en parler à tes parents).
75 % voulaient se revoir !
Lors de la première édition, trois quarts des participants ont voulu revoir leur « inconnu d’opinion opposée » après leur rencontre. La Croix a suivi certains de ces duos pendant six mois entiers — des liens durables se sont créés entre des personnes qui ne se seraient jamais croisées autrement.
Pour tout comprendre 📖
« On ne cherche pas à convaincre, on cherche à comprendre ce qui habite l’autre, même si notre point de départ est radicalement différent. »
— Béatrice Bouniol · Cheffe du service culture · La Croix
Simon Icard (rédigé avec IA)
TIMECODES
00:00 Introduction – Pourquoi dialoguer en 2025 ?
01:45 Béatrice Bouniol : son parcours
02:33 Comprendre la polarisation en France
04:25 L’idée et le fonctionnement de Faut qu’on parle
08:57 Jour J : Comment se passe la rencontre ? Témoignages et ressentis
12:08 L’impact d’une discussion – Étude Stanford/Harvard sur la polarisation affective
17:25 Pourquoi s’engager pour le dialogue en tant que média ?
20:16 Face à la culture du clash
24:41 Conseils pour aiguiser son esprit critique
27:56 Conclusion & infos pratiques
28:32 Merci à Béatrice Bouniol !
28:59 Fin
POUR ALLER PLUS LOIN
– S’inscrire à l’opération : fautquonparle.org
– Suivre la couverture en se rendant dans vos kiosques ou sur les sites des médias de l’alliance :
La Croix : la-croix.com
Notre Temps : notretemps.com
La Voix du Nord : lavoixdunord.fr
Et sur les réseaux sociaux :
Réel Média : reelmedia.fr




