En février 2026, il a énormément plu en France. À la fin de l’été 2026, les sols étaient plus secs que jamais pour la saison. Comment est-ce possible ? Un spécialiste de l’eau t’explique où elle est partie, et comment on peut se préparer.
Pourquoi on en parle ?
En février 2026, il a plu en France comme jamais depuis 1959. Selon Météo-France, l’hiver a apporté 35 % de pluie en plus que d’habitude. Les sols étaient gorgés d’eau.
Puis est arrivé l’été le plus chaud jamais mesuré en France depuis 1900. Il a aussi plu 40 % de moins que d’habitude. Résultat : au 20 septembre 2026, 84 % de la France connaissait une sécheresse des sols qui n’arrive, en moyenne, qu’une fois tous les 10 ans à cette saison. C’est plus de 8 morceaux de France sur 10. Et selon Météo-France, les sols du pays n’avaient jamais été aussi secs pour un mois de septembre.
Quel est le problème ?
Le grand coupable, c’est la chaleur. Yves Tramblay le résume ainsi : « Plus il fait chaud, plus l’eau s’évapore. Ça, c’est de la physique de primaire. »
La sécheresse ne touche pas tout en même temps. Les sols perdent leur eau en premier. Elle s’évapore, et les plantes en boivent une partie. Ensuite, les rivières baissent, car l’eau n’arrive plus jusqu’à elles. Les nappes, ces réserves d’eau cachées sous la terre, réagissent plus lentement. Mi-septembre 2026, 62 % des points de mesure des nappes étaient sous leur niveau habituel, selon le BRGM, un organisme qui les surveille.
Et l’eau de l’hiver ? Une partie s’est enfoncée dans le sol. L’autre a coulé vers les rivières, puis vers la mer. « Ça s’appelle le cycle de l’eau et c’est la nature », rappelle Yves Tramblay.
Le problème risque de grandir. « Tous les scénarios indiquent une augmentation forte des sécheresses », prévient-il. Car le climat se réchauffe.
Quelle est la solution ?
Il n’y a pas une seule solution, mais plusieurs, à mener en même temps.
D’abord, économiser l’eau. Environ un litre d’eau du robinet sur cinq se perd dans des tuyaux qui fuient, selon l’Office français de la biodiversité. Réparer ces fuites, c’est un gain assuré. « On sait qu’on va récupérer dix à quinze pour cent d’eau », explique Yves Tramblay.
Ensuite, aider la nature à garder l’eau. On peut protéger les zones humides, comme les marais. Elles retiennent l’eau et l’aident à descendre vers les nappes.
Enfin, utiliser des solutions techniques, comme les barrages, mais seulement là où elles sont adaptées. Car si la sécheresse dure plusieurs années, un barrage peut rester vide. C’est déjà arrivé en Catalogne, en Espagne.
Qui agit ?
Yves Tramblay est hydrologue, c’est-à-dire un scientifique qui étudie l’eau. Il est directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Il étudie comment le réchauffement du climat change les crues et les sécheresses. Il participe aussi à Explore2, un programme qui imagine l’avenir de l’eau en France. Dès février, il avait prévenu qu’un hiver pluvieux ne protégeait pas de la sécheresse.
En pratique
Quand l’eau manque, l’État prend des arrêtés sécheresse. Ce sont des règles qui interdisent certains usages pour garder l’eau du robinet : laver sa voiture, arroser son jardin, remplir sa piscine.
Dans les villes, un parc laisse l’eau s’enfoncer dans le sol bien mieux qu’un parking en béton.
Dans les champs, les cultures doivent s’adapter au nouveau climat. Yves Tramblay prend l’exemple du maïs. C’est une plante venue des pays chauds et humides, qu’on arrose en plein été dans le Sud-Ouest, une des régions qui s’assèchent le plus. Selon lui, aider les agriculteurs à changer « coûte beaucoup moins cher que devoir supporter des catastrophes répétées ».
Aux Sables-d’Olonne, en Vendée, une expérience nettoie les eaux usées pour en refaire de l’eau potable. C’est une première en Europe.
Le savais-tu ?
La France réutilise moins de 1 % de ses eaux usées traitées, selon le Cerema. Autrement dit, presque toute l’eau que l’on nettoie après l’avoir utilisée repart dans la nature sans servir une deuxième fois.
Ce que tu peux faire
Les grandes décisions reviennent aux élus, aux villes et à l’État : réparer les tuyaux, protéger les zones humides, aider les agriculteurs. Mais toi aussi, tu as un rôle.
- Pendant un arrêté sécheresse, respecter les règles avec ta famille : pas d’arrosage du jardin ni de piscine remplie quand c’est interdit.
- Parler à tes parents des réducteurs de pression et des appareils économes, qui font couler moins d’eau à la maison.
- Expliquer autour de toi pourquoi un hiver pluvieux ne suffit pas : c’est la chaleur qui fait disparaître l’eau.
Quelques mots clés
Hydrologue : scientifique qui étudie l’eau, sur la Terre et sous la terre.
Évaporation : quand l’eau se transforme en vapeur et part dans l’air. Plus il fait chaud, plus elle s’évapore.
Nappe phréatique : une réserve d’eau cachée sous le sol, dans les roches.
Zone humide : un endroit gorgé d’eau, comme un marais, qui garde l’eau dans le paysage.
Infiltration : quand l’eau de pluie s’enfonce dans le sol.
Arrêté sécheresse : une règle décidée par l’État qui limite certains usages de l’eau quand elle manque.
Beaucoup de pluie en hiver… et pourtant, tout est sec !
Avec Yves Tramblay · hydrologue à l’IRD
En février 2026, il a énormément plu en France. À la fin de l’été 2026, les sols étaient plus secs que jamais pour la saison. Comment est-ce possible ? Un spécialiste de l’eau t’explique où elle est partie, et comment on peut se préparer.
Où est passée l’eau de l’hiver ?
Le grand coupable, c’est la chaleur. Selon Météo-France, l’été 2026 a été le plus chaud jamais mesuré en France depuis 1900. L’eau de l’hiver s’est évaporée. Une partie s’était enfoncée dans le sol, l’autre avait coulé vers les rivières, puis vers la mer.
Plusieurs solutions en même temps
D’abord, réparer les fuites : environ un litre d’eau du robinet sur cinq se perd dans les tuyaux, selon l’Office français de la biodiversité. Ensuite, protéger les zones humides, comme les marais, qui retiennent l’eau et l’aident à descendre vers les nappes. Enfin, construire des barrages seulement là où c’est adapté : si la sécheresse dure plusieurs années, ils peuvent rester vides, comme en Catalogne.
La sécheresse avance à plusieurs vitesses
Quand il fait très chaud et qu’il ne pleut pas, l’eau ne disparaît pas partout en même temps.
Les sols et les rivières
Les sols perdent leur eau en premier : elle s’évapore et les plantes en boivent. Puis les rivières baissent, car l’eau n’arrive plus jusqu’à elles.
Les nappes
Ces réserves d’eau cachées sous la terre réagissent plus lentement. Certaines se remplissent en quelques pluies, d’autres mettent très longtemps.
Agir concrètement ✅
- 🚫Pendant un arrêté sécheresse, respecter les règles avec ta famille : pas d’arrosage du jardin ni de piscine remplie quand c’est interdit.
- 🔧Parler à tes parents des réducteurs de pression et des appareils économes, qui font couler moins d’eau à la maison.
- 🗣️Expliquer autour de toi pourquoi un hiver pluvieux ne suffit pas : c’est la chaleur qui fait disparaître l’eau.
Moins de 1 % d’eau réutilisée
La France réutilise moins de 1 % de ses eaux usées traitées, selon le Cerema. Presque toute l’eau que l’on nettoie après l’avoir utilisée repart dans la nature sans servir une deuxième fois.
Pour tout comprendre 📖
« Si on limite la hausse des températures globales, on va mécaniquement limiter l’impact des sécheresses. »— Yves Tramblay · Hydrologue, directeur de recherche · IRD
🔗 POUR ALLER PLUS LOIN
Institut de recherche pour le développement (IRD) : https://www.ird.fr/
Explore2, les futurs de notre ressource en eau (ministère de la Transition écologique) : https://www.ecologie.gouv.fr/actualites/explore2-futurs-notre-ressource-eau
Explore2, des futurs de l’eau (OFB) : https://ofb.gouv.fr/explore2-des-futurs-de-eau
Une sécheresse des sols historique (Météo-France) : https://meteofrance.com/actualites/une-secheresse-des-sols-historique
Suivi des nappes phréatiques (BRGM) : https://www.brgm.fr/fr/nappes-phreatiques-suivi-eau-souterraine
Suivre Yves Tramblay sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/yves-tramblay-475ab0366
TIMECODES
00:00 — Introduction : l’été 2026 et le paradoxe d’un hiver gorgé de pluie
02:28 — L’hydrologie, science de l’eau, et le parcours d’Yves Tramblay
04:23 — Nappes et sols : l’état des lieux de septembre 2026
04:53 — La chaleur, principal moteur de la sécheresse
06:50 — Sols, rivières, nappes : trois compartiments, trois réactions
08:52 — Eau potable : restrictions et usages prioritaires
11:06 — Où est passée l’eau de l’hiver ?
14:18 — La hausse des températures pilote l’aggravation des sécheresses
17:05 — Incendies et paysages : une vision globale de l’adaptation
18:24 — Trois axes d’adaptation et le levier des fuites
20:12 — La sobriété : optimiser les usages de l’eau
22:17 — Le maïs dans le Sud-Ouest et les cultures adaptées
24:08 — Le stockage de l’eau face aux sécheresses de plusieurs années
27:09 — Accompagner les agriculteurs : le coût de l’adaptation
29:18 — Villes : infiltration et vision de territoire
31:07 — Réutilisation des eaux usées : moins de 1 % en France
32:54 — Le dessalement, une option locale
34:12 — Conclusion




