Tu as déjà vu des photos de coraux sous l’eau ? Ces structures colorées qui ressemblent à des petits immeubles sous-marins, peuplés de poissons de toutes les couleurs ? Eh bien, ces « immeubles », ils sont en danger. Et une entrepreneuse malgache a trouvé une façon concrète — et originale — de les sauver.
Pourquoi on en parle ?
Les coraux disparaissent à toute vitesse. Et quand ils disparaissent, c’est toute une partie de l’océan qui s’éteint avec eux. Jeimila Donty a décidé d’agir — depuis Madagascar, avec une équipe de scientifiques locaux, et un modèle économique qui implique des entreprises et des particuliers du monde entier.
Quel est le problème ?
Les coraux ne représentent que 0,2 % de la surface de l’océan. Mais ils abritent plus d’un quart de toute la biodiversité marine — des milliers d’espèces de poissons, crustacés, mollusques. Ils protègent aussi les côtes contre les vagues et jouent un rôle dans le climat.
Problème : ils meurent. En moins d’un siècle, la moitié des récifs coralliens de la planète a disparu.
La cause principale ? Le réchauffement des océans. Quand l’eau devient trop chaude, les coraux « stressent ». Ils expulsent les algues qui les nourrissent — les zooxanthelles — et blanchissent. Si la chaleur dure trop longtemps, ils meurent. Ce phénomène s’appelle le blanchissement corallien. En mai 2024, Madagascar a connu l’un des épisodes les plus graves jamais enregistrés.
Et les conséquences ne touchent pas que les poissons : 500 millions de personnes dans le monde dépendent des récifs pour se nourrir.
Quelle est la solution ?
Aider les coraux à repousser plus vite, grâce au bouturage — une technique qui fonctionne un peu comme pour les plantes. Quand un courant casse une branche de corail, ce fragment va normalement mourir. Mais si on le fixe sur une structure artificielle dans l’eau, il peut regrandir et devenir un nouveau récif.
C’est exactement ce que fait Koraï à Madagascar : des biologistes marins récupèrent ces coraux d’opportunité, les fixent sur des structures, les nettoient régulièrement, et au bout de trois ans, les coraux sont autonomes.
Qui agit ?
Jeimila Donty est la fondatrice de Koraï. Franco-Malgache, elle a grandi à Nosy Be — un archipel du nord-ouest de Madagascar, paradis des plongeurs. En 2022, après le décès de son père qui possédait une ferme corallienne familiale, elle a transformé cet héritage en entreprise pro-climat, basée à Lille.
Son idée : mobiliser des entreprises françaises et européennes pour financer la restauration des coraux à Madagascar — pas comme du mécénat, mais comme un investissement en biodiversité, mesurable et traçable.

En pratique
Koraï travaille avec des biologistes marins locaux formés par une scientifique internationale ayant travaillé aux Maldives et en Polynésie française. Avant chaque projet, l’équipe évalue deux choses : est-ce nécessaire (a-t-on perdu plus de 30 % des coraux dans la zone ?) et est-ce possible (pas de cyclone trop fréquent, communautés locales prêtes à s’impliquer ?).
Les habitants sont embauchés pour construire et entretenir les structures. Ils sont aussi sensibilisés à l’importance des récifs pour leur propre quotidien.

Le modèle économique repose sur la RSE des entreprises (responsabilité sociale et environnementale) et, à terme, sur des certificats biodiversité — l’équivalent des crédits carbone, mais pour les océans.
Le savais-tu ?
En Afrique, la valeur des services rendus par les mangroves, les coraux et les herbiers marins est estimée à 814 milliards de dollars par an. Mais cette nature n’est jamais payée pour ce qu’elle fait. C’est exactement ce que Koraï veut changer.
Ce que tu peux faire
- Adopter un corail sur le site de Koraï — tu reçois un certificat et tu suis l’évolution de ton corail pendant trois ans
- Écouter l’épisode de Soluble(s) avec Jeimila Donty pour tout comprendre sur les récifs et les canicules marines
- En parler autour de toi — beaucoup de gens ne savent même pas que les coraux sont des animaux !
Quelques mots clés
Zooxanthelles — des micro-algues qui vivent à l’intérieur du corail et lui fournissent ses nutriments grâce à la photosynthèse. Quand le corail stresse, il les expulse.
Blanchissement corallien — quand un corail expulse ses zooxanthelles, il perd ses couleurs et devient blanc. Si le stress dure trop longtemps, il meurt.
Bouturage — technique qui consiste à récupérer un fragment de corail cassé, le fixer sur une structure artificielle, et le laisser regrandir pour former un nouveau récif.
RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale) — obligation pour les entreprises de mesurer et réduire leur impact sur la société et l’environnement.
Services écosystémiques — les « services » que la nature rend gratuitement aux humains : protéger les côtes, purifier l’eau, absorber du CO₂, nourrir des millions de personnes…
Coraux d’opportunité — fragments de corail cassés naturellement par les courants, que Koraï récupère avant qu’ils meurent pour les replanter sur des structures artificielles.
Tu peux adopter un corail (et aider l’océan à respirer)
Avec Jeimila Donty · Koraï
Tu as déjà vu des photos de coraux sous l’eau ? Ces structures colorées qui ressemblent à des petits immeubles sous-marins, peuplés de poissons ? Eh bien, ces « immeubles » sont en danger. Et une entrepreneuse malgache a trouvé une façon concrète de les aider à repousser.
Les coraux disparaissent à toute vitesse 🌡️
Les coraux ne représentent que 0,2 % de la surface de l’océan, mais ils abritent plus d’un quart de toute la vie marine. Quand l’eau devient trop chaude, ils stressent, blanchissent et meurent. En moins d’un siècle, la moitié des récifs de la planète a déjà disparu.
Le bouturage : aider les coraux à repousser 🌱
Quand un courant casse une branche de corail, ce fragment va normalement mourir. Mais si on le fixe sur une structure artificielle dans l’eau, il peut regrandir et devenir un nouveau récif. C’est le bouturage — une technique qui fonctionne un peu comme pour les plantes.
À Nosy Be (Madagascar), Koraï récupère ces coraux d’opportunité, les fixe sur des structures, les fait entretenir par des biologistes marins locaux, et au bout de trois ans les coraux sont autonomes.
Deux questions avant d’agir 🔍
Avant chaque projet, Koraï vérifie que la restauration est à la fois nécessaire et possible.
Est-ce nécessaire ?
On mesure la couverture corallienne. Si plus de 30 % des récifs ont disparu dans la zone, on intervient.
Est-ce possible ?
Pas trop de cyclones, pas de rivière polluante à proximité — et surtout : les habitants de la zone veulent participer et protéger leurs coraux.
Agir concrètement ✅
- 🪸Adopter un corail sur le site de Koraï — tu reçois un certificat et tu suis l’évolution de ton corail pendant trois ans
- 🎧Écouter l’épisode de Soluble(s) avec Jeimila Donty pour tout comprendre sur les récifs et les canicules marines
- 🌊En parler autour de toi — beaucoup de gens ne savent même pas que les coraux sont des animaux !
814 milliards de dollars… gratuits
En Afrique, la valeur des services rendus par les mangroves, les coraux et les herbiers marins est estimée à 814 milliards de dollars par an. Mais cette nature ne reçoit jamais rien en échange. C’est exactement ce que Koraï veut changer — en faisant payer les entreprises pour ce que l’océan leur offre.
Pour tout comprendre 📖
« La moitié du PIB mondial aujourd’hui est généré grâce à la nature, grâce aux services écosystémiques rendus — et pourtant cette nature n’est pas payée pour ce service. »— Jeimila Donty · Fondatrice · Koraï
POUR ALLER PLUS LOIN
- Voir : le site de Koraï
TIMECODES
00:00 Introduction
01:03 Le parcours de Jeimila Donty
04:04 Les coraux sont essentiels
08:08 Les canicules marines
11:14 Moins de corail = moins de vie
13:18 Focus sur Madagascar et Koraï
19:24 Son modèle économique
25:36 Merci à Jeimila Donty!
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




