Chaque année en janvier, des millions de Français se lancent un défi un peu fou : ne pas boire d’alcool pendant 31 jours. Ça s’appelle le Défi de janvier. Et ça marche vraiment bien ! Le professeur Mickael Naassila, un grand spécialiste de l’alcool, nous explique pourquoi.
Pourquoi on en parle ?
L’alcool, c’est une boisson très présente dans la vie des adultes en France. À l’apéro, au restaurant, pendant les fêtes… Les grands en boivent souvent, parfois beaucoup. Mais l’alcool n’est pas une boisson comme les autres : il peut rendre malade. Chaque année en France, 40 000 personnes meurent à cause de l’alcool. C’est énorme. Alors depuis 2020, une grande campagne propose aux adultes de faire une pause : pas une goutte d’alcool pendant tout le mois de janvier.
Quel est le problème ?
Les adultes français boivent un peu moins qu’avant (60 % de moins en 60 ans !), mais certains boivent encore trop. Le plus inquiétant, c’est quand on boit beaucoup en une seule soirée — les médecins appellent ça le « binge drinking ». Ça veut dire « boire comme une éponge » : 6 ou 7 verres en deux heures. C’est très dangereux pour le cerveau. Et un adulte sur cinq dépasse ce que les médecins conseillent : pas plus de 2 verres par jour, et maximum 10 verres par semaine.
Quelle est la solution ?
L’idée du Défi de janvier est très simple et très maligne : au lieu de faire la morale aux gens (« attention, c’est dangereux ! »), on leur propose juste d’essayer. Pendant 31 jours, on arrête complètement. Et on observe ce qui change. C’est comme une expérience scientifique qu’on fait sur soi-même. Pas de jugement, pas de culpabilité : juste de la curiosité.
Qui agit ?
Mickael Naassila est enseignant-chercheur. Depuis 30 ans, il étudie l’alcool et son effet sur le cerveau. Il dirige un grand laboratoire à Amiens, en Picardie, et il préside la Société française d’alcoologie (le groupe des médecins qui s’occupent de l’alcool). C’est lui qui pilote les études scientifiques sur le Défi de janvier en France. Il a aussi écrit un livre avec un titre rigolo : « J’arrête de boire sans devenir chiant ».

En pratique
En 2024, 4,5 millions de Français ont relevé le défi. Et les résultats sont super : 72 % des participants continuent à boire moins même après janvier. 70 % se sentent mieux dans leur tête. 60 % dorment mieux. Dans le corps aussi, plein de choses s’améliorent en un mois seulement : le foie va mieux, la peau est plus belle, on se concentre mieux à l’école ou au travail. Pour se lancer, il suffit de s’inscrire sur le site defi-de-janvier.fr ou de télécharger l’application MyDéfi.
Le savais-tu ?
Le Défi de janvier n’a pas été inventé en Angleterre en 2013, comme on le croit souvent. En vérité, c’est la ville française de Brest qui avait lancé l’idée la première, en 1984 ! Les Brestois avaient proposé aux habitants de ne pas boire pendant trois jours. Une idée française, donc, avant d’être reprise partout dans le monde.
Ce que tu peux faire
Même si tu ne bois pas d’alcool (c’est d’ailleurs interdit avant 18 ans !), tu peux en parler autour de toi. Propose à tes parents ou à ta famille de relever le défi ensemble en janvier : le professeur Naassila explique qu’on réussit beaucoup mieux à plusieurs ! Tu peux aussi apprendre à reconnaître un verre sans alcool dans un rayon : jus de fruits, sodas, sirops, eaux pétillantes… Il y a plein d’alternatives délicieuses. Et si un adulte que tu connais a vraiment du mal à arrêter de boire, sache qu’il existe un numéro gratuit pour l’aider : Alcool Info Service au 0 980 980 930.
Quelques mots clés
Dry January : mot anglais qui veut dire « janvier sec ». « Dry » (qui se prononce « draï ») signifie « sec », c’est-à-dire « sans alcool ». En français, on dit plutôt « Défi de janvier ».
Alcool : boisson qui contient de l’éthanol, une substance qui modifie le fonctionnement du cerveau. Interdite aux moins de 18 ans.
Binge drinking : mot anglais pour dire qu’on boit beaucoup d’alcool très vite, en peu de temps. Très dangereux pour la santé.
Addiction : quand le corps et le cerveau ont tellement l’habitude d’un produit qu’ils n’arrivent plus à s’en passer.
Campagne de santé publique : grande opération organisée par l’État ou des associations pour aider les gens à être en meilleure santé.
Chercheur : personne dont le métier est d’étudier quelque chose pour mieux le comprendre et trouver des solutions.
Un mois sans alcool : et si on essayait ?
Avec Pr Mickael Naassila · Société française d’alcoologie / GRAP (INSERM – Université de Picardie Jules Verne)
L’alcool, une boisson pas comme les autres
En France, l’alcool fait partie de la culture des adultes. Mais c’est aussi un produit qui peut rendre malade, voire tuer. Même si on boit moins qu’avant, certains boivent encore beaucoup trop. Les médecins conseillent de ne pas dépasser 2 verres par jour et 10 verres par semaine.
Le Défi de janvier : 31 jours sans une goutte
L’idée est toute simple : pendant tout le mois de janvier, on arrête l’alcool. Pas pour se punir, mais pour observer comment on se sent. C’est comme une expérience scientifique sur soi-même. En 2024, 4,5 millions de Français ont relevé le défi. Et 72 % d’entre eux ont continué à boire moins ensuite !
Un mois plus tard, le corps va mieux ✨
Les médecins ont fait des analyses de sang après le défi. Plein de choses s’améliorent en un mois seulement.
On dort mieux
60 % des participants disent que leur sommeil est meilleur. Et 70 % se sentent mieux dans leur tête.
Le corps récupère
Meilleure peau, plus de concentration, foie en meilleure santé. On peut même perdre un peu de poids.
Agir concrètement ✅
- 👨👩👧Proposer à tes parents ou à ta famille de relever le défi ensemble en janvier.
- 🥤Repérer les alternatives sans alcool : jus, sirops, eaux pétillantes, sodas.
- 📞Si un adulte a du mal à arrêter, lui donner le numéro gratuit Alcool Info Service : 0 980 980 930.
Le Défi de janvier a été inventé… à Brest !
On croit souvent que le Dry January vient d’Angleterre. En vrai, c’est la ville française de Brest qui a eu l’idée la première, en 1984 — bien avant les Anglais en 2013. Les Brestois avaient proposé de ne pas boire pendant trois jours. Une idée 100 % française !
Pour tout comprendre 📖
« Faites une pause et puis vous allez voir vous-même ce que vous ressentez de bénéfique pour vous. »
— Pr Mickael Naassila · Enseignant-chercheur · Société française d’alcoologie
Simon Icard (rédigé avec IA)
POUR ALLER PLUS LOIN
Le site officiel du Défi de janvier : https://defi-de-janvier.fr/
L’application MyDéfi pour un coaching personnalisé : https://mydefi.life/portfolio/
Société Française d’Alcoologie et d’Addictologie (SF2A) : https://sfalcoologie.fr/
Le GRAP (Groupe de Recherche sur l’Alcool et les Pharmacodépendances, INSERM U1247) : https://grap.u-picardie.fr/
Le livre du Pr Mickael Naassila : « J’arrête de boire sans devenir chiant » (éditions Solar) : https://www.lisez.com/livres/jarrete-de-boire-sans-devenir-chiant/9782263189913
À SAVOIR

En cas de besoin d’aide concernant l’alcool (France) :
Alcool Info Service : 0 980 980 930
Ouvert tous les jours de 8h à 2h du matin
Appel anonyme et non surtaxé
En ligne :
Site : https://www.alcool-info-service.fr/
Chat en ligne disponible
TIMECODES
00:00 Introduction : comment une pause transforme notre rapport à l’alcool
02:11 Parcours du Pr Naassila : 30 ans de recherche sur l’alcool
03:18 Le paradoxe français : consommation en baisse, hospitalisations en hausse
05:00 Définition du binge drinking : 6-7 verres en 2h
05:52 Repères de consommation à moindre risque : 2 verres/jour max, 10/semaine
07:04 À qui s’adresse le Défi de janvier ?
09:12 Idées reçues : l’alcool n’est pas bon pour la santé
10:15 Les repères basés sur un risque de mortalité de 1%
13:05 Pourquoi le Défi de janvier fonctionne : dimension non-culpabilisante
14:31 Depuis la Covid : préoccupation accrue pour la santé
15:06 Effets mesurés 3, 6, 9 mois après : réduction durable
16:13 Outils concrets : site defi-de-janvier.fr et application MyDéfi
18:38 Études scientifiques sur l’efficacité de l’application
18:59 Bénéfices physiologiques mesurés au bout d’un mois
19:39 Prélèvements sanguins : glycémie, cholestérol, marqueurs du cancer
21:30 Point de vigilance : personnes alcoolo-dépendantes
22:50 Accompagnement nécessaire : médecin traitant, Alcool Info Service
23:40 Boissons sans alcool : alternative ou piège marketing ?
25:02 Freins psychologiques : conditionnement dès l’enfance
27:00 Lever le tabou avec les professionnels de santé
29:00 Conseils pour les fêtes : boire lentement, manger, alterner avec de l’eau
29:40 Conclusion : bon Défi de janvier à tous, sans pression !
30:14 Fin
Crédits photos d’illustration : Pexels – Portraits de l’invité : DR.




