Tu sais ce que c’est, une station de ski sans neige ? Un village fantôme en plein hiver, des remontées mécaniques arrêtées, des hôtels vides. C’est ce qui menace de plus en plus de stations en France. Mais des gens comme Valérie Paumier cherchent des solutions. Et certaines sont vraiment surprenantes.
Pourquoi on en parle ?
La neige disparaît depuis les années 1970. Ce n’est pas une impression — c’est mesuré, documenté, et ça s’accélère. La montagne se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la France. Alors toute une économie bâtie sur la neige commence à vaciller.
Quel est le problème ?
En France, le tourisme de montagne repose presque entièrement sur le ski. Plus on construit d’appartements, plus on vend de forfaits, plus les remontées mécaniques rapportent de l’argent aux communes. C’est le modèle depuis les années 70.
Mais ce modèle a un gros problème : la neige manque de plus en plus. Et pour compenser, les stations fabriquent de la neige artificielle — ce qui demande énormément d’eau, d’énergie et de froid. Trois ressources qui se raréfient exactement au moment où on en a le plus besoin.
Il y a aussi un chiffre qui étonne : seulement 7 à 10 % des Français skient vraiment. Pourtant, toute l’économie montagne tourne autour d’eux. Les autres clients ? Ils viennent souvent de très loin — Angleterre, Scandinavie, Brésil — ce qui aggrave encore l’empreinte carbone des stations.
La station qui chasse ses habitants. Plus on construit de logements de luxe pour les touristes, plus les prix du foncier s’envolent. Un terrain en montagne coûte déjà très cher — alors quand on y entasse des appartements haut de gamme, le prix au mètre carré devient inaccessible pour les gens qui vivent là toute l’année. Résultat : les habitants partent. La station gagne des lits touristiques, mais perd sa vie locale.
Quelle est la solution ?
Transformer les stations de ski en stations de montagne — ouvertes toutes les saisons, pas seulement l’hiver. L’idée : arrêter de tout miser sur la neige et développer d’autres façons de profiter de la montagne. Randonnées, artisanat local, découverte de la nature, fromages (vraiment !), contemplation.
Le gouvernement a lancé en 2021 un plan de 650 millions d’euros pour aider les massifs à se transformer. C’est un début — mais pour Valérie Paumier, ça ne va pas assez loin.
Qui agit ?
Valérie Paumier a passé des années à promouvoir le tourisme de montagne depuis Hong Kong et Genève. Puis elle a changé de camp. Elle a fondé Résilience Montagne, une association qui alerte sur les dangers du modèle actuel et propose des alternatives. Elle vit à Annecy, au cœur du problème.

En pratique
Le plus gros levier, c’est comment on arrive à la montagne. Plus de la moitié des émissions de CO₂ d’une station viennent des transports. En février, des avions atterrissent toutes les 7 minutes à l’aéroport d’Aix-les-Bains depuis l’Angleterre. Des clients viennent du Brésil. Plus les stations montent en gamme, plus elles vont chercher leurs clients loin — et plus elles émettent.
Des régions proposent déjà des TER et des cars pour rejoindre certaines stations. C’est imparfait, mais c’est une option qui existe.
Le savais-tu ?
Un chalet s’est vendu 50 000 euros du mètre carré à Val d’Isère. À ce prix, les propriétaires le louent très cher pour rentabiliser. Résultat : les habitants à l’année fuient les stations, parce qu’ils ne peuvent plus se loger. Plus on construit de lits touristiques, moins il y a de vraie vie locale.
Ce que tu peux faire
- Partir à la montagne en train ou en car plutôt qu’en voiture — c’est le geste qui a le plus d’impact
- Choisir une station qui développe des activités quatre saisons plutôt que de tout miser sur les canons à neige
- Visiter la montagne en dehors de l’hiver — automne, printemps, été — pour découvrir autre chose que le ski
Quelques mots clés
Neige artificielle — De la neige fabriquée par des canons avec de l’eau, de l’énergie et du froid. Elle permet de skier quand la neige naturelle manque, mais elle coûte cher et consomme beaucoup de ressources.
Désaisonnalisation — Ouvrir les stations toute l’année, pas seulement en hiver. L’idée est de ne plus dépendre uniquement du ski pour faire vivre les territoires de montagne.
Sobriété — Faire avec ce qui existe déjà, sans aggraver les problèmes. En montagne, ça veut dire arrêter de construire plus et de consommer plus d’eau et d’énergie.
Remontées mécaniques — Les téléphériques, télésièges et téléskis qui permettent de monter sur les pistes. La France en a le plus grand parc au monde. Elles appartiennent aux communes, qui en touchent les revenus.
La montagne perd sa neige — et si elle devenait plus verte ?
Avec Valérie Paumier · Résilience Montagne
La neige disparaît, le modèle vacille
Depuis les années 1970, les journées d’enneigement diminuent sans s’arrêter. La montagne se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la France. Pourtant, toute l’économie des stations repose encore sur le ski — et sur la construction de logements de luxe qui font fuir les habitants à l’année.
Des stations de montagne, pas juste de ski
La voie, c’est la désaisonnalisation : ouvrir les stations toute l’année et miser sur la randonnée, l’artisanat local, la nature. Moins de béton, moins de canons à neige, plus de vie locale. L’État a lancé un plan de 650 millions d’euros en 2021 pour aider les massifs à changer de modèle.
Deux freins au changement
Le modèle actuel est maintenu par des intérêts économiques puissants. Changer prend du temps — mais certains territoires n’ont plus le choix.
La neige artificielle
Pour compenser le manque de neige, les stations fabriquent de la neige avec des canons. Ça demande beaucoup d’eau, d’énergie et de froid — trois ressources de plus en plus rares.
L’immobilier de luxe
Plus on construit cher, plus les prix s’envolent, et plus les habitants partent. La station gagne des touristes, mais perd sa vie locale. Un chalet s’est vendu 50 000 €/m² à Val d’Isère.
Agir concrètement ✅
- 🚂Prendre le train ou le car pour aller à la montagne — c’est le geste qui a le plus d’impact
- 🌄Visiter la montagne hors hiver : automne, printemps, été — pour découvrir autre chose que le ski
- 🔍Choisir une station engagée dans la transition, qui développe des activités quatre saisons
Un avion toutes les 7 minutes !
En février, à l’aéroport d’Aix-les-Bains, un avion atterrit depuis l’Angleterre toutes les 7 minutes. Des touristes viennent aussi du Brésil. Plus les stations montent en gamme, plus elles cherchent leurs clients loin — et plus elles polluent.
Pour tout comprendre 📖
« La sobriété, c’est déjà de commencer à faire avec l’existant, de cesser d’aggraver le problème. »— Valérie Paumier · Fondatrice · Résilience Montagne
TIMECODES
00:00 Introduction
01:07 Parcours : Valérie Paumier vient de « l’autre côté du miroir »
02:41 Le poids du tourisme en montagne
04:03 L’immobilier
07:05 Le public du ski en France
08:22 Face à la baisse de l’enseignement
13:19 Avenir montagnes : le plan Castex pour transformer les montagnes
16:42 La sobriété
18:55 Carbone : Les transports pèsent lourd
22:15 Des vacances d’été à la montagne ?
24:53 Les habitants
28:12 Merci à Valérie Paumier !
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.
Informations pratiques – voir aussi :
- Des offres TER vers la montagne en Occitanie
- Des Autocars pour les stations de ski de la région AURA
- Des bus ou des trains “Zou” pour rejoindre les stations des Alpes du Sud




