Est-ce qu’un journal peut décider de ne plus jamais douter du réchauffement climatique ? Ouest-France l’a fait — et ça change tout à la façon dont ses 700 journalistes travaillent chaque jour.
Pourquoi on en parle ?
Les médias ont un pouvoir énorme : ils peuvent aider les gens à comprendre la crise climatique, ou au contraire semer la confusion. Ouest-France, le plus grand quotidien de France, a décidé de prendre ça très au sérieux.
Quel est le problème ?
Parler du climat, c’est compliqué. Les sujets sont techniques. Les chiffres peuvent faire peur. Et sur les réseaux sociaux, des tas de fausses informations circulent. Résultat : beaucoup de gens ne savent plus quoi croire.
Un autre piège, c’est de culpabiliser les lecteurs — leur dire qu’ils font mal, qu’ils doivent arrêter ci ou ça. Ça ne marche pas. Les gens se ferment.
Quelle est la solution ?
En février 2023, Ouest-France a lancé une charte en 13 points pour guider ses journalistes. Le principe de base : le réchauffement climatique est une réalité scientifique établie par le GIEC. Ce n’est plus un débat. C’est le point de départ de tous les articles.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Quand le journal parle de l’ouverture d’une nouvelle ligne d’avion, il explique aussi l’empreinte environnementale de ce vol. Pas pour culpabiliser, mais pour informer. Le lecteur décide ensuite.
Édouard appelle ça « allumer une petite lumière » à chaque fois que l’actualité touche à l’environnement.
Qui agit ?
Édouard Reis Carona est rédacteur en chef à Ouest-France, à Rennes. Journaliste depuis trente ans, il pilote depuis 2022 le projet climat et environnement du journal.

En pratique
La charte n’est pas qu’un document : elle s’accompagne d’une boîte à outils détaillée, de formations régulières pour les journalistes, et de conférences avec des scientifiques du GIEC comme la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte.
Ouest-France a aussi constitué un réseau de 180 journalistes sensibilisés aux sujets environnementaux dans toutes les rubriques — sport, économie, culture. Pas un service dédié à part : l’environnement est partout.
L’entreprise s’applique aussi la règle à elle-même : elle publie chaque année son bilan carbone et vise -15 % d’émissions de CO₂ par an. Ses journaux sont imprimés sur papier recyclé, et elle propose même à ses abonnés de récupérer leurs exemplaires usagés pour les remettre dans un circuit de recyclage — c’est le « recyclage inversé ».
Le savais-tu ?
Ouest-France est le premier quotidien francophone au monde. Il vend chaque jour près de 600 000 exemplaires, livrés dans les boîtes aux lettres de ses 400 000 abonnés — ce qui en fait aussi un acteur industriel avec une grosse empreinte logistique à décarboner.
Ce que tu peux faire
- Lire un article sur l’environnement dans un journal ou sur un site sérieux — regarde si l’auteur cite ses sources scientifiques.
- Repérer le greenwashing : quand une pub dit qu’un produit est « vert » ou « écolo », demande-toi si c’est vraiment prouvé.
- Visiter la section « Notre Planète » sur le site de Ouest-France pour voir des exemples de ce journalisme engagé.
- Écouter un podcast de Ouest-France comme Court Circuit, qui donne la parole à des agriculteurs qui changent leurs pratiques.
Quelques mots clés
- GIEC — Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Des milliers de scientifiques du monde entier qui analysent les données sur le réchauffement et publient des rapports réguliers.
- Consensus scientifique — Quand la très grande majorité des scientifiques d’un domaine sont d’accord sur quelque chose. Ce n’est pas une opinion, c’est une conclusion appuyée par des milliers d’études.
- Charte éditoriale — Un document qui fixe les règles qu’un journal s’engage à respecter dans son travail : comment traiter les sujets, quelles valeurs défendre.
- Greenwashing — Quand une entreprise prétend être écolo dans sa communication, mais que ses actions réelles ne suivent pas.
- Journalisme de construction — Façon de faire du journalisme qui ne se contente pas de décrire les problèmes, mais cherche aussi à montrer des pistes, des solutions, des initiatives.
- Empreinte carbone — La quantité de gaz à effet de serre produite par une activité — un vol, une entreprise, un journal.
Quand un journal se donne des règles pour parler du climat
Avec Édouard Reis Carona · Ouest-France
Est-ce qu’un journal peut décider de ne plus jamais douter du réchauffement climatique ? Ouest-France l’a fait — et ça change tout à la façon dont ses 700 journalistes travaillent chaque jour.
Parler du climat, c’est compliqué 🌡️
Les sujets environnementaux sont techniques. Sur les réseaux sociaux, les fausses informations circulent. Et beaucoup de médias ne savent pas comment en parler sans sembler faire la morale à leurs lecteurs.
Une boussole en 13 points 🧭
En février 2023, Ouest-France a lancé une charte pour un journalisme au niveau de l’enjeu écologique. Le principe de base : le consensus scientifique du GIEC n’est plus un débat, c’est le point de départ de tous les articles.
Concrètement : quand le journal parle d’une nouvelle ligne d’avion, il explique aussi l’empreinte environnementale de ce vol. Pas pour culpabiliser — pour informer. C’est ce qu’Édouard appelle « allumer une petite lumière » à chaque fois que l’actualité touche à l’environnement.
Engagé, pas militant ✊
Il y a une grande différence entre un journal qui prend position et un journal qui fait de la militance. Ouest-France a choisi d’être engagé — comme il l’a été pour l’Europe ou contre la peine de mort.
Engagé
Le journal explique les faits, donne le contexte scientifique, et aide les lecteurs à comprendre les conséquences de leurs actes. Sans dicter de comportement.
Pas militant
Le journal n’interdit aucun sujet, n’écarte aucun annonceur simplement parce qu’il est industriel. Il refuse seulement les messages publicitaires qui font du greenwashing.
Agir concrètement ✅
- 🔍Quand tu lis un article sur le climat, vérifie si l’auteur cite ses sources scientifiques.
- 🌿Repère le greenwashing : quand une pub dit qu’un produit est « vert », demande-toi si c’est vraiment prouvé.
- 📰Visite la section « Notre Planète » sur le site de Ouest-France pour voir des exemples de ce journalisme engagé.
- 🎧Écoute un podcast de Ouest-France comme Court Circuit, qui donne la parole à des agriculteurs qui changent leurs pratiques.
Le plus grand journal francophone du monde… c’est français !
Ouest-France n’est pas seulement le premier quotidien de France. C’est aussi le premier quotidien francophone au monde. Il vend chaque jour près de 600 000 exemplaires, livrés dans les boîtes aux lettres de ses 400 000 abonnés — ce qui en fait aussi une grosse entreprise industrielle, avec des camions, des imprimeries et une empreinte carbone à réduire.
Pour tout comprendre 📖
« On construit ensemble quelque chose qui doit être plus compatible avec l’urgence qui se présente à nous. »
— Édouard Reis Carona · Rédacteur en chef · Ouest-France
POUR ALLER PLUS LOIN
- Lire le journal Ouest-France et consulter ses espaces digitaux
- La verticale sur son site : Notre planète
- La Newsletter “Notre Planète”
- Lire la charte
- Parcourir le “Mur des podcasts”
Et aussi : « Ouest-France » vous aide à recycler vos anciens journaux« .
TIMECODES
00:00 Introduction
01:23 Le parcours d’Edouard Reis Carona
04:28 Une charte pour se cadrer et des formations
08:59 Aligné sur le consensus scientifique décrit par les rapports du GIEC
12:44 Informer les lecteurs pour qu’ils construisent leurs solutions
15:43 Informer sans culpabiliser : des exemples
17:19 Un journaliste de construction
19:23 La réduction de l’empreinte environnementale de l’entreprise Ouest-France
24:48 Un journal engagé et non pas militant
27:12 La publicité et la charte de Ouest-France sur l’environnement
28:55 Focus sur « le mur des podcasts »
32:07 Des formations pour l’acculturation des journalistes
36:33 Merci à Edouard Reis Carona !
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




