En France, des millions de personnes aident chaque jour un proche malade, handicapé ou qui vieillit. On les appelle les proches aidants. Et pourtant, beaucoup ne savent même pas qu’ils en sont un.
Pourquoi on en parle ?
Le Z Event 2025 a changé la donne. Ce grand marathon caritatif en ligne a réuni 300 streameurs pendant 48 heures et récolté plus de 16 millions d’euros pour huit associations — dont l’Association Française des Aidants. Pour la première fois, des millions de jeunes ont découvert ce mot : aidant.
Quel est le problème ?
En France, 9,3 millions de personnes accompagnent au quotidien un proche en situation de handicap, de maladie ou de perte d’autonomie. C’est énorme. Et pourtant, un Français sur deux ne sait pas ce que veut dire le mot « aidant ». Beaucoup d’aidants eux-mêmes ne se reconnaissent pas comme tels. Ils pensent simplement qu’aider leur maman, leur frère ou leur ami, c’est normal. C’est leur rôle.
Ce silence a des conséquences. Les aidants peuvent s’épuiser. Ils peuvent ressentir une grande fatigue physique et psychologique. Ils peuvent aussi culpabiliser — se dire qu’ils n’en font pas assez, même quand ils donnent tout. Ce double poids — épuisement et culpabilité — peut mener au burn-out.
Et la situation va s’aggraver. L’âge moyen pour devenir aidant est passé de 39 à 33 ans. On peut même devenir aidant à partir de 5 ans. En 2030, un salarié sur quatre sera aussi un proche aidant.
Quelle est la solution ?
Reconnaître les aidants. Les voir. Les accompagner. Et leur permettre de choisir comment aider, plutôt que de subir une situation qui s’impose à eux.
L’Association Française des Aidants, créée en 2003, développe des outils concrets pour y parvenir : des espaces de rencontre, des formations, des modules en ligne.
Qui agit ?
Simon de Gardelle est directeur de l’Association Française des Aidants. Ancien professeur de sciences économiques et sociales, il a découvert le sujet des aidants en 2020 — en réalisant que certains de ses élèves en étaient, et que des membres de sa propre famille aussi. Depuis, il se bat pour que les aidants soient reconnus et soutenus.

En pratique
L’association propose plusieurs solutions concrètes.
Les Cafés des Aidants — plus de 300 à travers la France — sont des espaces de rencontre et de convivialité. On y vient pour sortir de l’isolement, partager sa situation avec d’autres aidants, et laisser ses émotions s’exprimer dans un cadre bienveillant, accompagné par un psychologue et un travailleur social.
L’atelier « Comprendre pour agir » est une formation en six sessions de trois heures. Elle aide les aidants à prendre du recul sur leur situation, comprendre leur relation avec leur proche, et faire des choix plus éclairés.
À partir du 15 octobre 2025, l’association lance aussi des modules digitaux « Aidant et compétent » — dix minutes chacun — pour changer le regard sur les aidants salariés. Être aidant, ce n’est pas un trou dans un CV. C’est une expérience riche, pleine de compétences transférables dans la vie professionnelle.
Pour les professionnels de santé et du social, la formation ROSA (Repérage et Observation des Situations d’Aidance) permet de mieux identifier les aidants autour des personnes qu’ils accompagnent.
Le savais-tu ?
Il existe un congé de proche aidant en France, qui permet aux salariés de s’arrêter temporairement pour aider un proche. Mais en 2024, seulement 20 000 personnes y ont eu recours — sur 9,3 millions d’aidants potentiels. Ce droit existe, mais presque personne ne le connaît.
Ce que tu peux faire
- En parler autour de toi. Si tu connais quelqu’un qui aide un proche au quotidien, dis-lui qu’il est peut-être un aidant — et que des solutions existent.
- Explorer le site aidants.fr pour trouver le Café des Aidants le plus proche de chez toi ou de chez ta famille.
- Ne pas rester seul·e. Si toi ou quelqu’un de ta famille est dans cette situation, chercher de l’information et en parler, c’est déjà un grand pas.
Quelques mots clés
Proche aidant : une personne — enfant, parent, ami — qui aide régulièrement un proche malade, handicapé ou qui perd son autonomie. Ce n’est pas un professionnel de santé, c’est quelqu’un de la famille ou de l’entourage.
Burn-out : un épuisement profond, physique et psychologique, causé par une surcharge prolongée. Cela peut aussi arriver aux aidants.
Répit : un moment de pause pour l’aidant, pour souffler et se ressourcer, pendant que le proche est pris en charge par quelqu’un d’autre.
Aidance : le fait d’être dans une relation d’aide avec un proche. C’est la situation vécue par l’aidant au quotidien.
Congé de proche aidant : un droit légal qui permet à un salarié de suspendre son travail pour accompagner un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap grave.
ROSA : une formation pour les professionnels (soignants, travailleurs sociaux) qui leur apprend à repérer et accompagner les aidants autour des personnes qu’ils suivent.
Tu n’es pas seul·e : comment aider ceux qui aident
En France, des millions de personnes aident chaque jour un proche malade, handicapé ou qui vieillit. On les appelle les proches aidants. Et pourtant, beaucoup ne savent même pas qu’ils en sont un.
Avec Simon de Gardelle · Association Française des Aidants
Des millions d’aidants… invisibles
Aider son frère, sa maman, son ami qui est malade — beaucoup pensent que c’est juste normal. Résultat : la plupart des aidants ne se reconnaissent même pas comme tels. Et sans se reconnaître, impossible de demander de l’aide.
Reconnaître, accompagner, choisir
L’Association Française des Aidants milite pour que les aidants soient vus, reconnus et soutenus. Son idée centrale : aider un proche, ça doit être un choix — pas une contrainte subie en silence.
Elle propose des Cafés des Aidants (espaces de rencontre et de parole), des formations pour prendre du recul, et des modules en ligne pour valoriser les compétences acquises en aidant.
Deux pièges qui guettent les aidants
Aider un proche, c’est beau. Mais ça peut aussi peser très lourd. Simon de Gardelle identifie deux dangers qui peuvent s’installer sans qu’on s’en aperçoive.
L’épuisement
Une fatigue physique et psychologique profonde qui s’accumule peu à peu — jusqu’au burn-out. Même la nuit, les aidants sont souvent là.
La culpabilité
Se sentir coupable de ne pas en faire assez — ou de ne pas pouvoir aider. Ce sentiment touche même ceux qui donnent tout.
Agir concrètement ✅
- 💬En parler autour de toi : si tu connais quelqu’un qui aide un proche, dis-lui que des solutions existent.
- 🗺️Trouver un Café des Aidants près de chez toi sur aidants.fr — pour rompre l’isolement.
- 🙋Ne pas rester seul·e avec cette situation : chercher de l’info et en parler, c’est déjà un grand pas.
On peut devenir aidant… dès 5 ans !
Les jeunes aidants existent à partir de l’âge de cinq ans. Un enfant peut accompagner son frère, sa sœur ou ses parents au quotidien — sans que personne autour de lui ne le remarque vraiment. C’est pour ça que reconnaître les aidants, même les plus jeunes, est si important.
Pour tout comprendre 📖
« Un café des aidants, c’est un espace de rencontre, de convivialité et d’accompagnement. C’est l’occasion de sortir de son isolement, de partager des situations, de la solidarité, des informations, et de laisser les émotions s’exprimer dans un contexte bienveillant. »— Simon de Gardelle · Directeur · Association Française des Aidants
Simon Icard (avec IA)
POUR ALLER PLUS LOIN
Voir le site Internet de l’Association Française des Aidants : aidants.fr
Réseaux sociaux :Suivre l’Association sur LinkedIn & sur Facebook
Voir sur YouTube : Le Philosophe Charles Pépin aux rencontres nationales de l’AFA
Lire aussi : DREES – Étude sur les 9,3 millions d’aidants
TIMECODES
00:00 Introduction
01:56 Le parcours de Simon de Gardelle
04:15 Le Z Event 2025 et la visibilité des aidants
07:16 Qui sont les aidants ?
09:08 Le choix d’aider
13:39 Les Cafés des aidants
16:06 Les formations pour les aidants
17:57 Les compétences des aidants
19:31 Les formations pour les professionnels
20:57 Le rôle du Z Event et les projets
22:18 Faire changer les regards
23:09 Les modules digitaux pour les aidants actifs
24:29 Les droits des aidants
26:44 La perspective démographique
28:49 Les jeunes aidants
31:17 Merci à Simon de Gardelle !




