Tu sais qu’il y a des milliers d’étoiles au-dessus de ta tête en ce moment ? La plupart du temps, on ne les voit pas. Pas parce qu’elles ont disparu — mais parce qu’on a oublié de lever les yeux. Eric Lagadec, astrophysicien, nous explique comment les retrouver.
Pourquoi on en parle ?
Le ciel étoilé est là depuis toujours, mais on le regarde de moins en moins. La faute aux lumières des villes, aux écrans, à la vie qui va vite. Pourtant, observer les étoiles est l’une des plus vieilles activités humaines — et elle est accessible à tous, gratuitement, dès ce soir.
Quel est le problème ?
La pollution lumineuse, c’est toute la lumière artificielle qui s’échappe vers le ciel la nuit : réverbères, enseignes, fenêtres éclairées. Cette lumière « aveugle » nos yeux comme des phares de voiture braqués sur un ver luisant.
Dans un endroit vraiment sombre, on peut voir 3 000 étoiles à l’œil nu. Au centre de Paris, à peine 10. On a perdu l’accès au ciel sans s’en rendre compte.
Et ce n’est pas qu’un problème pour les astronomes : la pollution lumineuse perturbe aussi les animaux nocturnes (plus de 50 % des espèces animales vivent la nuit) et notre propre santé, en brouillant notre rythme jour/nuit.
Quelle est la solution ?
Pas besoin de télescope pour commencer. Il suffit de s’éloigner un peu des lumières, de laisser ses yeux s’habituer à l’obscurité (ça prend environ 10 minutes), et de savoir quoi chercher.
Pour réduire la pollution lumineuse, la solution existe : éclairer vers le bas, pas vers le haut. Si l’astronaute français Thomas Pesquet voit nos villes depuis la Station spatiale internationale, c’est qu’on gaspille de la lumière vers le ciel — et ça ne sert à rien.
Qui agit ?
Eric Lagadec est astrophysicien à l’Observatoire de la Côte d’Azur. Il est spécialiste des poussières d’étoiles — c’est-à-dire la matière que les étoiles rejettent en mourant. Il passe beaucoup de temps à vulgariser l’astronomie pour que tout le monde puisse comprendre et aimer le cosmos. Il a écrit L’Odyssée cosmique, une histoire intime des étoiles (Éd. du Seuil).

En pratique
- Repère la Grande Ourse : c’est la constellation la plus facile, visible toute l’année. Elle ressemble à une grande casserole dans le ciel.
- Trouve l’Étoile polaire : prends le bord de la casserole (côté opposé au manche) et monte 5 fois cette distance vers le haut. Tu arrives sur l’Étoile polaire, qui indique le nord.
- Distingue planètes et étoiles : les étoiles scintillent, les planètes non. Si tu vois un point brillant qui ne clignote pas, c’est probablement Vénus, Mars, Jupiter ou Saturne.
- Utilise une appli : télécharge Sky Map (gratuite, sans pub) ou Kids Astronomy et pointe-la vers le ciel.
- Rejoins un club d’astronomie : il en existe partout en France, et les membres sont toujours ravis d’accueillir des curieux.
Le savais-tu ?
Quand tu regardes un mince croissant de Lune, tu peux apercevoir très légèrement la partie sombre — celle que le soleil n’éclaire pas. Cette lumière bleutée que tu vois dessus, c’est le reflet de la Terre sur la Lune. On appelle ça la lumière cendrée. Avec tes seuls yeux, tu observes la lumière de notre planète vue depuis l’espace.
Ce que tu peux faire
- Sors ce soir avec quelqu’un de ta famille, lève les yeux, et cherche la Grande Ourse.
- Télécharge Sky Map (gratuite, sans pub) ou Kids Astronomy et pointe-la vers le ciel.
- Éteins les lumières inutiles chez toi la nuit — c’est bon pour les étoiles, les animaux et la planète.
- Propose à ton école d’organiser une soirée d’observation avec un club d’astronomie local.
Quelques mots clés
Astrophysicien·ne : scientifique qui étudie les étoiles, les planètes et l’univers en analysant la lumière qu’ils émettent.
Pollution lumineuse : lumière artificielle qui s’échappe dans le ciel la nuit et empêche de voir les étoiles.
Constellation : groupe d’étoiles auxquelles les humains ont donné un nom et un dessin imaginaire (la Grande Ourse, Orion…).
Constellation circumpolaire : constellation toujours visible au-dessus de l’horizon, quelle que soit la saison. La Grande Ourse en est une.
Étoile polaire : étoile qui se trouve presque exactement au-dessus du pôle Nord. Elle ne bouge pas dans le ciel — toutes les autres tournent autour d’elle.
Poussières d’étoiles : matière (atomes de carbone, oxygène, fer…) rejetée par les étoiles quand elles meurent. Ces atomes forment ensuite de nouvelles étoiles, des planètes… et nous.
Regarde les étoiles — sans télescope et sans te perdre !
Avec Eric Lagadec · Observatoire de la Côte d’Azur
Tu sais qu’il y a des milliers d’étoiles au-dessus de ta tête en ce moment ? La plupart du temps, on ne les voit pas. Pas parce qu’elles ont disparu — mais parce qu’on a oublié de lever les yeux.
La lumière des villes efface les étoiles
La pollution lumineuse, c’est toute la lumière artificielle qui s’échappe vers le ciel la nuit. Elle aveugle nos yeux comme des phares de voiture braqués sur un ver luisant. On a perdu l’accès au ciel sans s’en rendre compte.
S’éloigner des lumières — et éclairer vers le bas
Pas besoin de télescope pour commencer. Il suffit de s’éloigner un peu des lumières, de laisser ses yeux s’habituer à l’obscurité (environ 10 minutes), et de savoir quoi chercher.
Pour réduire la pollution lumineuse, la solution existe : éclairer vers le bas, pas vers le haut. Si l’astronaute français Thomas Pesquet voit nos villes depuis la Station spatiale internationale, c’est qu’on gaspille de la lumière vers le ciel — et ça ne sert à rien.
Deux points de départ dans le ciel 🌌
Pour débuter, deux repères immanquables à connaître :
La Grande Ourse
La constellation la plus facile, visible toute l’année. Elle ressemble à une grande casserole dans le ciel.
L’Étoile polaire
Prends le bord de la casserole et monte 5 fois cette distance. Tu arrives sur l’Étoile polaire — elle indique toujours le nord.
Agir concrètement ✅
- 🌙Sors ce soir avec ta famille, lève les yeux et cherche la Grande Ourse.
- 📱Télécharge une appli d’astronomie comme Sky Map (gratuite, sans pub) ou Kids Astronomy et pointe-la vers le ciel.
- 💡Éteins les lumières inutiles chez toi la nuit — c’est bon pour les étoiles et les animaux.
- 🏫Propose à ton école une soirée d’observation avec un club d’astronomie local.
Tu peux voir la Terre depuis la Lune… avec tes yeux !
Quand tu regardes un mince croissant de Lune, tu peux apercevoir très légèrement la partie sombre. La lumière bleutée que tu vois dessus, c’est le reflet de la Terre sur la Lune — ce qu’on appelle la lumière cendrée. Avec tes seuls yeux, tu observes la lumière de notre planète vue depuis l’espace.
Pour tout comprendre 📖
« Sans pollution lumineuse, nous sommes capables de voir 3 000 étoiles à l’œil nu. »
— Eric Lagadec · Astrophysicien · Observatoire de la Côte d’Azur
POUR ALLER PLUS LOIN
- Écouter : « Dans le ciel breton » – La série de chroniques d’Éric Lagadec au micro de France Bleu Breizh Izel
- Le livre “L’Odyssée cosmique. Une histoire intime des étoiles” (Ed. du Seuil)
- Suivre Eric Lagadec sur les réseaux sociaux : Instagram + Twitter
- Voir aussi la conférence : « Nous sommes des poussières d’étoiles » sur la chaîne YouTube Espace Sciences
TIMECODES
00:00 Introduction
01:03 Le parcours d’Eric Lagadec pour devenir
02:58 Un astrophysicien est-il toujours derrière un télescope ?
04:18 Ça sert à quoi (pour la science) de regarder les étoiles ?
07:02 A l’œil nu, que peut-on observer dans le ciel étoilé ?
10:34 La grande Ourse
11:52 Applis, cartes, clubs d’astronomie pour apprendre
14:08 La légende de l’été
15:29 L’ennemi n°1 de l’astronome
15:53 La pollution lumineuse
17:52 “Nous sommes tous des poussières d’étoiles”
20:57 Ses recherches
23:02 Le pitch de son livre : “L’Odyssée cosmique. Une histoire intime des étoiles” (Ed. du Seuil)
24:22 Merci à Eric Lagadec
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




