Tu as déjà vu ces vidéos où la tour Eiffel est entourée d’une foule immense, ou des plages paradisiaques bondées de parasols ? C’est ça, le surtourisme — et ça pose de vraies questions.
Pourquoi on en parle ?
La France est le pays le plus visité au monde. Mais voilà le truc bizarre : 80 % des touristes se concentrent dans seulement 20 % du territoire. Résultat : certains endroits sont complètement débordés, d’autres presque vides.
Quel est le problème ?
Quand trop de visiteurs envahissent un même endroit, les conséquences sont sérieuses. Les prix des logements augmentent — acheter ou louer un appartement devient trop cher pour les gens qui habitent là toute l’année. La nature est abîmée par les piétinements, les déchets, la pollution. Et les gens du coin finissent par ne plus se sentir chez eux. Jean-Didier Urbain appelle ça la touristophobie : ce n’est pas la haine des touristes, c’est l’overdose. Trop c’est trop.
Quelle est la solution ?
Plusieurs outils existent pour réguler les flux. Le premier, c’est la jauge : on limite le nombre de visiteurs par jour dans un lieu. L’île de Porquerolles, les Calanques de Marseille ou le lac d’Allos dans les Alpes l’ont déjà adopté — il faut réserver à l’avance. Le deuxième outil, c’est le démarketing : une destination dit franchement aux touristes potentiels « attention, c’est bondé ici en ce moment, choisissez un autre moment ». C’est une sorte d’anti-pub, mais bienveillante.
Qui agit ?
Jean-Didier Urbain est anthropologue et professeur émérite, spécialiste du tourisme. Il a passé sa carrière à étudier pourquoi les humains aiment voyager — et comment mieux le faire. Il a écrit L’idiot du voyage, un essai qui bouscule nos habitudes de vacanciers.

En pratique
Des sites comme la Calanque de Sugiton à Marseille ou l’île de Bréhat en Bretagne imposent déjà des réservations obligatoires. En juin 2023, le gouvernement français a présenté un plan national contre le surtourisme, avec notamment une plateforme pour surveiller les flux de visiteurs en temps réel.
Le savais-tu ?
Au musée du Louvre, 7 visiteurs sur 10 viennent pour voir… un seul tableau : la Joconde. Tout le reste du musée, ses 35 000 œuvres, est presque ignoré !
Ce que tu peux faire
- Avant de partir, vérifier si le lieu demande une réservation — et la faire à l’avance.
- Choisir la basse saison : les mêmes endroits sont souvent magnifiques (et vides !) hors juillet-août.
- Explorer les alentours méconnus : près de chaque lieu célèbre, il y a souvent un endroit tout aussi beau et beaucoup moins fréquenté.
- Sur les réseaux, ne pas effacer la foule de tes photos — montrer la réalité, c’est aussi aider les autres à mieux choisir leur moment.
Quelques mots clés
- Surtourisme : quand un lieu reçoit tellement de visiteurs que ça nuit à l’environnement, aux habitants et même aux touristes eux-mêmes.
- Démarketing : stratégie qui consiste à décourager les visites à certains moments ou endroits, pour éviter la saturation.
- Jauge : nombre maximum de personnes autorisées dans un lieu à un moment donné.
- Flux touristiques : les déplacements de masse des touristes, qui se concentrent souvent aux mêmes endroits et aux mêmes périodes.
- Touristophobie : sentiment d’overdose des habitants d’un lieu face à un tourisme trop intense — pas la haine des touristes, mais la haine de la surcharge.
- PIB : la valeur totale de tout ce que produit un pays en un an. Le tourisme représente 7 % du PIB français.
Trop de touristes, c’est un problème ?
Avec Jean-Didier Urbain · Anthropologue, spécialiste du tourisme
Tu as déjà vu ces plages bondées de parasols ou la tour Eiffel entourée d’une foule immense ? C’est ça, le surtourisme — et ça pose de vraies questions sur comment voyager autrement.
Quand trop de touristes font du mal 😰
La France est le pays le plus visité au monde. Mais la plupart des touristes se retrouvent tous aux mêmes endroits. Résultat : la nature est abîmée, louer un appartement devient trop cher pour les habitants, et les gens du coin finissent par ne plus se sentir chez eux.
Réguler sans interdire 🎯
Deux outils principaux existent. La jauge : on limite le nombre de visiteurs par jour. L’île de Porquerolles, les Calanques de Marseille ou le lac d’Allos l’ont déjà adopté — il faut réserver à l’avance. Le démarketing : une destination dit franchement « attention, c’est bondé ici en ce moment, choisissez un autre moment ». C’est une sorte d’anti-pub, mais bienveillante.
Deux façons de réguler les flux 🔧
Face au surtourisme, les solutions vont du plus doux au plus strict.
La dissuasion douce
Le démarketing : on montre honnêtement la foule, on invite à choisir un autre moment. Comme un avertissement sur un paquet de cigarettes — on vend, mais on dit « fais attention ».
La réservation obligatoire
Jauges et billets à l’avance pour limiter le nombre de visiteurs. Certains sites l’appliquent déjà. Même les musées le font depuis 30 ans !
Agir concrètement ✅
- 📅Vérifier avant de partir si le lieu demande une réservation — et la faire à l’avance.
- 🍂Choisir la basse saison : les mêmes endroits sont souvent magnifiques (et vides !) hors juillet-août.
- 🗺️Explorer les environs méconnus : près de chaque lieu célèbre, il y en a souvent un tout aussi beau et bien moins fréquenté.
- 📸Ne pas effacer la foule de tes photos sur les réseaux — montrer la réalité aide les autres à mieux choisir leur moment.
La Joconde, seule star du Louvre !
Au musée du Louvre, 7 visiteurs sur 10 viennent pour voir… un seul tableau : la Joconde. Tout le reste du musée, avec ses dizaines de milliers d’œuvres, est presque ignoré. C’est exactement ça, le problème de la concentration touristique !
Pour tout comprendre 📖
« Le démarketing, c’est une stratégie douce qui s’appuie sur la dissuasion, qui en appelle à la réflexion, à la conscience morale du visiteur. »
— Jean-Didier Urbain · Anthropologue · Spécialiste du tourisme
POUR ALLER PLUS LOIN
- Lire cet article : “Tourisme de masse : Le gouvernement dévoile un plan pour mieux gérer les flux touristiques” (AFP/20 minutes)
- Lire l’essai de Jean-Didier Urbain, cité dans l’épisode : “L’idiot du voyage” (Ed.Payot)
TIMECODES
00:00 Introduction
00:48 Étudier le désir d’ailleurs du voyageur
01:26 Le surtourisme, c’est quoi au juste ?
05:53 Étretat, exemple des flux touristiques qui s’accélèrent (La série Lupin sur Netflix)
08:22 Le démarketing une stratégie douce de “dissuasion”
12:55 Instagram, le tourisme et nous
14:40 Changer nos récits ?
17:42 L’impact environnemental du tourisme
20:37 Merci à Jean-Didier Urbain !
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




