Transcription intégrale de l’épisode 128 de Soluble(s), enregistré le 2 septembre 2026 avec Julien Nicolas, climatologue et chercheur senior au service Copernicus pour le changement climatique. Il y explique comment des millions d’observations deviennent les chiffres qui qualifient le climat, ce qu’est la réanalyse ERA5 et comment se forme un dôme de chaleur. Texte verbatim, non relu par l’invité.
Avant de s’adapter, savoir : pourquoi commencer par les données
Simon Icard : Bonjour, je m’appelle Simon Icard, Vous êtes les bienvenu(e)s dans Soluble(s). Aujourd’hui, je m’intéresse à ce qui vient avant tout le reste. Je veux parler des données parce qu’avant de s’adapter au changement climatique, avant de décider quoi que ce soit, il faut savoir ce qu’il en est. Et quelqu’un, quelque part, mesure. Alors on va voir comment une observation devient un chiffre, et comment ce chiffre devient un outil pour aider à décider. Bonjour Julien Nicolas !
Julien Nicolas : Bonjour !
Des sciences politiques à la climatologie
Simon Icard : Tu es chercheur senior au service Copernicus pour le changement climatique. Copernicus, c’est le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne. Six services distincts celui du climat, le tien. Le C3S, est opéré par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Tu es docteur en sciences atmosphériques, un spécialiste du climat et du climat polaire. Tu contribues à la Réanalyse ERA5 et tu participes à la rédaction de vos bulletins, de vos rapports. Autrement dit, quand on lit dans la presse, « c’est le mois le plus chaud jamais enregistré ». C’est souvent toi, avec ton équipe, qui a produit ce chiffre. Alors je pose vite le contexte parce qu’il compte et qu’il est tout frais. Météo France a calculé, a rendu son bilan de l’été deux mille vingt six.
Cet été est le plus chaud jamais mesuré en France vingt quatre degrés de moyenne, presque un degré au dessus du record de deux mille trois. Mais le chiffre qui m’a le plus marqué, on va en parler dans cet épisode, c’est celui qu’on a traversé tous ensemble cinquante trois jours de vagues de chaleur sur les quatre vingt douze que compte l’été, près de soixante pour cent du temps en trois épisodes. Alors Juillet à lui seul est devenu le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis mille neuf cent. tous mois confondus, le printemps l’était déjà et c’est aussi l’un des étés les plus secs jamais observé.
Côté européen, tu as établi avec ton équipe que juin et juillet, pris ensemble, forment la période la plus chaude jamais mesurée en Europe occidentale et dans les océans. Le vingt deux août marquait la journée la plus chaude jamais observée à la surface des océans. Les données d’août, elles, ne sont pas encore publiées par ton service au moment où l’on se parle. Votre bulletin sort dans quelques jours.
On va y être très attentif. Mais bon, derrière ces chiffres, il y a toute une chaîne, une chaîne complète, des instruments qui relèvent, des modèles qui calculent, un bulletin qui sort et des gens in fine, qui qui s’en servent pour prendre des décisions. C’est ça qu’on va suivre aujourd’hui. Du ballon-sonde jusqu’à la une de l’actualité. Mais d’abord, tu le sais, je veux toujours en savoir plus sur le parcours de mon invité en début d’épisode. Je le disais, tu es un scientifique. Alors qu’est ce qui t’a conduit à te consacrer à l’étude du climat et à te pencher sur l’état de la planète Terre?
Julien Nicolas : Alors merci pour cette introduction et comme tu l’as mentionné, j’ai. J’ai commencé ma carrière de climatologue par l’étude du climat des régions polaires. Avant cela, et c’est un point qui vaut peut être d’être mentionné, c’est que mon parcours initial ne me destinait pas à la climatologie, car j’ai commencé par des études de sciences politiques. J’ai reçu mon diplôme en deux mille un et je mentionne ça parce que deux mille un, c’est l’année de la publication du troisième rapport du GIEC et pour moi, ça a été un tournant. Ça a été une année où j’ai découvert l’importance du changement climatique. Et c’est là où, en fait, j’ai décidé de faire, de changer mon plan de carrière et de vraiment de me concentrer à la recherche sur le climat.
Donc à partir de ça, j’ai recommencé mes études pour avoir, obtenir une licence de physique, ensuite un master en sciences de l’atmosphère et océanographie et ensuite une thèse ou un PhD que j’ai fait aux États Unis sur donc, en sciences de l’atmosphère, en me concentrant sur le climat de l’Antarctique. Et c’est là en fait, à cette époque donc, il y a plus d’une dizaine d’années, où je me concentrais sur les changements climatiques dans les régions polaires, particulièrement dans la région Antarctique. Donc, voilà, je voulais mentionner ça dans la mesure où ça a été une prise de conscience qui qui s’est fait graduellement et et la décision, en fait, de me concentrer à la recherche et à l’étude du changement climatique qui, pour moi, était devenu un thème extrêmement important, à la fois dans ma vie et dans ma carrière professionnelle,
Simon Icard : Des sciences politiques aux sciences atmosphériques. Alors
Julien Nicolas : Les sciences politiques, effectivement, le changement climatique, ça recouvre un très grand nombre de disciplines et ça n’est pas limité aux sciences de l’atmosphère, aux sciences physiques et chimiques de l’atmosphère. Ça recouvre l’économie et la science politique. Bien sûr, comme comme on le voit, on le voit en permanence, il y a des dimensions politiques, sociales, économiques. Mais voilà, voilà ce qui m’a amené à cet, au poste que j’exerce actuellement en tant que climatologue pour le service Copernicus sur le changement climatique, où je me concentre sur des thématiques qui vont bien au delà des des régions polaires. Ça, c’est mon parcours initial, mais j’ai depuis étendu mon travail à beaucoup d’autres thématiques, en particulier en lien avec le changement climatique en Europe.
Copernicus, une équipe au Centre européen et un réseau
Simon Icard : On va comprendre tout au long de cet épisode le rôle de Copernicus. Mais en un mot, c’est les yeux de l’Europe sur Terre. Il y a toute une série d’instruments, de scientifiques, de chercheurs qui auscultent et scrutent la planète, son climat, sa météo.
Julien Nicolas : Donc le service Copernicus sur le changement climatique pour lequel je travaille, qui est mis en œuvre par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, le Centre européen, pour faire bref. Donc, c’est c’est une équipe, une.
Donc une équipe qui travaille au Centre européen, mais qui collabore avec un très grand nombre de scientifiques en Europe, des scientifiques et des institutions en Europe, pour à la fois produire les données que nous utilisons pour pour surveiller le changement climatique en Europe et dans le monde. Et puis, pour faire des bilans réguliers, à la fois mensuels et annuels, des des conditions climatiques et des changements que nous observons non seulement en Europe, mais dans les autres régions du monde.
Donc, c’est vraiment donc ce centre européen qui qui met en œuvre ce programme, mais qui s’appuie sur cette collaboration qui est essentielle avec un très grand nombre de scientifiques en Europe et dans les institutions européennes et universités ou institutions de recherche.
« Un été extrême, un été exceptionnel »
Simon Icard : Allez, on en vient à l’été deux mille vingt six qui s’achève, que la France et l’Europe ont connu un été hors normes. Tu vas nous aider à le à le qualifier. Nous en avons tous fait l’expérience, particulièrement à l’ouest du continent, avec des conséquences catastrophiques sur la santé humaine d’abord, pour la biodiversité, des vagues de chaleur intenses, durables, répétées, des records battus le jour et même à certains moments la nuit. Toi qui a, au quotidien, ces chiffres sous les yeux.
Qu’est ce qui se passe exactement? Qu’est ce qui s’est passé cet été?
Julien Nicolas : Alors effectivement, l’été n’est pas encore terminé. Mais voilà, nous avons vécu en Europe, en Europe de l’Ouest particulièrement. Un été extrême, un été exceptionnel tant par la précocité et la persistance et l’intensité de la chaleur que nous avons vécu au cours d’une grande partie de l’été, avec des conditions de sécheresse extrême, particulièrement en France.
La France a été un pays, un des pays les plus touchés par ces vagues de canicule et cette sécheresse persistante. C’est un été qui a battu des records à la fois de chaleur et de sécheresse en même temps. Il se trouve dans la lignée des conditions que nous observons depuis un certain nombre d’années. Donc en deux mille trois, il y a eu la canicule.
La canicule d’août deux mille trois qui était jusqu’à présent la plus, la plus intense et la plus longue pour en tout cas pour la France, pour l’Europe de l’Ouest. La canicule que nous avons, la vague de chaleur que nous avons vécue en juin a été d’une intensité a été plus courte que celle d’août deux mille trois, mais mais plus intense. Celle de juillet, de fin juillet et d’août pour la France a été plus longue.
Donc c’est un été extrême et en même temps, c’est. Nous avons vu les signes précurseurs de ce que nous avons vécu cet été, au cours des années passées, avec une multiplication des vagues de chaleur, avec des conditions de sécheresse. On peut repenser à l’été deux mille vingt deux qui a été, qui a souvent été mentionné à titre de comparaison et qui a laissé des traces durables dans à la fois dans l’économie et dans l’environnement. l’Agriculture, donc, c’est vraiment la lignée de, donc la continuation d’une tendance qui se dessine depuis un certain nombre d’années et à laquelle nous nous attendons avec le réchauffement continu du climat qui est particulièrement accentué en Europe.
Donc, à la fois donc des conditions exceptionnelles et extrêmes et en même temps, en quelque sorte prévisible, même si on ne peut pas savoir à l’avance si l’été deux mille vingt six, allez, allez être frappé par ces conditions extrêmes ou si ça allait être en deux mille vingt sept. Mais on sait que deux mille vingt sept ou deux mille vingt huit, et nous savions, d’après les rapports et les études scientifiques en particulier, publiées dans le cadre de du GIEC que ces conditions deviennent plus fréquentes, plus intenses avec le réchauffement continu du climat.
Météo ou climat : le mécanisme du dôme de chaleur
Simon Icard : On comprend bien que c’était attendu, que c’est attendu. Sous l’effet du réchauffement climatique qui est lié aux activités humaines, aux émissions de gaz à effet de serre qui réchauffent l’atmosphère. Mais été par été, mois par mois, j’allais dire, comment on voit concrètement ce sous nos yeux se concrétiser, ce changement climatique?
Alors on parle souvent du du dôme de chaleur qui qui a touché la France, notamment une partie de l’Europe. C’est un phénomène météo qui est dopé par le changement climatique. Comment on fait la différence entre météo et climat, là par exemple?
Julien Nicolas : Alors effectivement, donc, les vagues de chaleur que nous avons connu cet été, mais que l’on observe dans d’autres régions du monde. Elles sont typiquement associées à ces conditions anticycloniques de hautes pressions qui s’établissent sur une région et qui tend à rester stationnaire pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Ces conditions anticycloniques, elles favorisent donc un temps ensoleillé, donc sans nuages secs, donc sans pluie, qui a tendance à intensifier la chaleur en. Donc à la fois en limitant la quantité de pluie, donc à conditions, en en accentuant et en causant aussi donc des conditions de sécheresse, la chaleur conduisant à davantage d’évaporation. Donc, c’est un phénomène amplificateur qui qui se produit dans ces.
Dans ces conditions. Et puis l’ensoleillement qui est associé à ce temps, à ce temps dégagé, particulièrement lorsqu’il intervient au moment du solstice d’été, comme on l’a vu au mois de juin, conduit contribue également à ces à ces températures élevées. Donc voilà, on a des phénomènes d’amplification qui qui se produisent avec avec ce dôme de chaleur et avec le réchauffement climatique. Donc, ces dômes de chaleur ou ces conditions anticycloniques associées à des vagues de chaleur, elles existaient, on les a vu depuis, depuis de nombreuses années. Elles sont. Leurs effets sont amplifiés par le changement climatique. Dans le fait où elles se produisent dans un cadre plus chaud à l’échelle globale. Donc, les températures se réchauffent avec avec la tendance de long terme au réchauffement climatique.
Donc, elle se produit dans un cadre plus chaud, ils conduisent de ce fait aussi à des phénomènes d’amplification plus rapides, en particulier avec le cycle de l’eau et l’établissement des conditions de sécheresse. On parle de sécheresse éclair, par exemple. Ce qui s’est passé cette année, c’est qu’on a eu un début d’année. Des températures très élevées ont conduit à un assèchement très rapide des sols, qui a conduit par la suite, avec la persistance de ces conditions anticycloniques, à l’établissement de sécheresse très marquée. Donc voilà, on a. Le changement climatique intensifie les effets de ces conditions qui existaient déjà auparavant.
El Niño et le record de température des océans du 22 août
Simon Icard : On parlait tout à l’heure des océans le vingt deux août, la journée la plus chaude jamais mesurée à leur surface. Donc c’est c’est au global. Ce qui me frappe à la lecture de vos données, c’est la date. Normalement, le pic, c’est en mars ou en avril, là, c’est en août.
Qu’est ce que ça veut dire concrètement? Est ce que c’est aussi à relier à ces fameuses canicules marines dont on entend là aussi de plus en plus parler?
Julien Nicolas : Ce qui se passe donc au moment où nous parlons, alors, c’est que non seulement à l’échelle de l’Europe, l’été deux mille vingt six a été extrême dans de nombreux aspects, mais à l’échelle globale, il y a donc ce phénomène, El Niño, qui est en train de se développer dans le Pacifique équatorial, et qui est un des facteurs principaux expliquant que un nouveau record de température moyenne de la surface des océans a été atteint. Donc en août, effectivement, comme tu l’as dit, le pic annuel, donc de la température moyenne de surface de l’océan, a tendance à se produire en mars.
Avec ces conditions et ces conditions alignées qui sont associées à des températures de surface de l’océan plus élevés que la moyenne dans le Pacifique équatorial. Le phénomène en cours est. Il est très probable que ce soit le phénomène le plus intense qui ait jamais été observé, et il est encore en développement, Donc on s’attend, dans les mois qui viennent à une intensification de ce phénomène. El Niño. Donc, nous sommes également en présence de conditions extrêmes dans le Pacifique. Et le Pacifique, vu les dimensions de ce bassin océanique, joue un rôle primordial, dans la, en tant que contributeur contributeur à la température moyenne de surface de l’océan et également. Compte tenu que les océans couvrent soixante dix pour cent de la surface de la Terre à la température moyenne globale à la surface.
El Niño vu d’Europe, une influence beaucoup plus ténue
Simon Icard : C’est un phénomène naturel qui revient épisodiquement. Là aussi, il est peut être un peu dopé par le changement climatique. Est ce que tu peux nous parler de ce. Comment dire de son caractère naturel mais aussi ici vu d’ici en Europe, est ce qu’il peut avoir des conséquences sur notre météo à venir? En deux mille vingt six?
Julien Nicolas : Alors effectivement, le phénomène El Niño et sa contrepartie qui s’appelle la Niña, qui est associée à des températures de surface de l’océan plus faibles, donc plus froides que la moyenne dans le Pacifique équatorial. C’est un phénomène qui se produit de façon quasi périodique tous les deux à sept ans. Sa fréquence varie, mais c’est un phénomène naturel. Il. lorsqu’Il se produit lorsque les conditions El Niño se produisent. de par le réchauffement des eaux de surface dans le Pacifique équatorial.
Elles ont tendance à donner un coup d’accélérateur temporaire à la température moyenne globale et en fonction de l’intensité de ce phénomène, l’intensité. C’est en fait le. La valeur des anomalies de température tant dans le Pacifique équatorial. Donc plus. Plus ces anomalies sont élevées et plus l’intensité du phénomène est élevée.
Et donc, en fonction de l’intensité du phénomène, il va y avoir des conséquences à grande échelle, particulièrement concentré autour du bassin pacifique de l’océan Indien. Donc, c’est dans les régions d’Asie du Sud, Asie du Sud-Est, Afrique et les continents nord et sud américains. Donc, c’est vraiment dans ces régions que que l’on voit les impacts les plus significatifs, en particulier lié au changement de la distribution des des précipitations, avec des régions connaissant des conditions beaucoup plus sèches et d’autres conditions des inondations catastrophiques à l’échelle de l’Europe.
Le lien. L’influence du phénomène El Niño est beaucoup plus ténu et. Et c’est davantage les conditions dans l’Atlantique du Nord qui jouent un rôle plus important dans le climat européen. Donc, c’est vraiment cette interaction et ça dépend aussi de l’intensité du phénomène El Nino donc, et de la distribution des anomalies de température. Donc l’influence est beaucoup plus ténue. Elle est donc, d’un point de vue statistique, elle est beaucoup moins claire que que l’influence autour du bassin océanique, une influence du bassin pacifique, pardon!
Dans les coulisses : qui mesure, avec quels instruments
Simon Icard : Une influence d’El Niño donc concentré sur le Pacifique. Mais on comprend en t’écoutant une influence sur les moyennes annuelles et les moyennes mensuelles aussi, puisque le Pacifique est une large zone, un large espace donc, qui contribue à la moyenne relevée, qui peut varier d’année en année, mais qui a donc une tendance quasi inexorable à l’élévation, l’élévation des températures. On a parlé des chiffres, on ne va pas consacrer l’épisode en entier aux chiffres.
On a bien en tête les ordres de grandeur. Je voudrais qu’on remonte un peu plus dans dans un peu plus haut, un peu plus en amont dans la chaîne, pour bien comprendre les outils et le dispositif, avec Copernicus. Emmène- nous, dans les coulisses, parce que je crois que personne n’imagine à quoi ça ressemble vraiment, une température qui est relevée quelque part sur la planète à un instant donné,
Qui la relève? Avec quels outils? Le sol, les océans, l’atmosphère, les satellites? Peux tu nous nous dessiner un petit peu l’ensemble des instruments qui sont à votre disposition pour faire ce travail?
Julien Nicolas : Alors, pour surveiller l’évolution du climat, particulièrement l’évolution actuelle du climat, nous avons la chance de disposer d’un très très grand nombre de d’instruments, de plateformes et d’une gigantesque base de données qui est à la fois très diverse, très hétérogène.
Donc c’est à la fois une chance, mais aussi un défi pour pouvoir faire la synthèse de toute cette information qui est de nature très diverse, que ce soit les mesures de température réalisées à base de dans les stations météo automatiques, en passant par les satellites, en passant par les ballons sondes, en passant par les instruments à bord des des avions ou des bouées à la surface de l’océan.
Donc beaucoup d’informations. Le défi, c’est de faire la synthèse de cette information pour produire une information qui est exploitable pour nous donner des informations, par exemple sur la température moyenne globale. Donc alors, chacun de ces types de données constitue en lui-même un ensemble de données, un ensemble de données qui peut être analysé de façon de façon isolée, en quelque sorte un ensemble de données que nous utilisons énormément à Copernicus.
C’est ce que nous appelons une réanalyse.
Alors une réanalyse, je vais partir de la prévision météorologique qui se fait chaque jour pour prévoir les conditions météo dans les jours à venir, comme celles de Météo France. Donc, ces conditions, ces prévisions météorologiques, elles reposent sur un modèle météo, donc un programme informatique qui simule le comportement de l’atmosphère, Les conditions de départ, ce qu’on appelle les conditions initiales de de ce modèle. Elle repose sur une synthèse entre une prévision précédente réalisée à partir de ce modèle et des observations météorologiques collectées des. Ou venant de toutes ces plateformes que j’ai mentionnées qui collectent , elles, les mesures météorologiques de l’atmosphère, donc en passant des stations météo aux satellites, aux bouées, etc. Et donc cette synthèse entre toutes ces observations et ces données de modèles, c’est ce qu’on appelle une analyse en météorologie, et elle constitue le point de départ d’une prévision météorologique, une prévision de modèle pour pour les prochains jours.
Ce qu’est vraiment une réanalyse
Simon Icard : Je m’arrête sur ce point parce que ça m’a frappé en préparant cet épisode. En effet, ce ne sont pas que des relevés qui vous permettent de dire « c’est le mois le plus chaud jamais observé ». C’est des relevés mis dans cette machine, dans ce modèle informatique que vous donc réanalysez à la lumière des des prévisions telles qu’elles auraient dû être.
Et je reformule tu vas me corriger et des légères variations qu’il peut y avoir eu. C’est aussi comme ça qu’on déduit le changement climatique?
Julien Nicolas : Alors effectivement, ce que l’exercice que nous faisons avec ces réanalyses. Réanalyse, c’est en définitive répéter cet exercice qui contribue et qui constitue cette synthèse du modèle et des observations avec des observations du passé. Car pour mesurer et évaluer le changement climatique, nous avons besoin de longues séries temporelles et donc. Et nous disposons, nous disposons pour le passé aussi d’un très grand nombre de données météorologiques.
Mais si l’on se reporte trente ans en arrière, nous ne disposions pas des mêmes, des mêmes modèles, des modèles aussi performants et aussi détaillés que ce dont que ceux dont nous disposons actuellement. Donc, nous refaisons essentiellement l’exercice de prévision météorologique avec des données du passé pour reconstruire le les conditions météorologiques.
Nous les faisons pour chaque heure avec notre ensemble de données depuis mille neuf cent quarante.
Donc, nous avons ces longues séries temporelles qui reconstruisent, reconstituent les conditions météorologiques sur l’ensemble du globe, de la surface au sommet de l’atmosphère. Donc, pour chaque heure depuis mille neuf cent quarante et à partir de ces données, nous sommes en mesure de construire des statistiques qui nous permettent d’évaluer dans quelle mesure les conditions que nous observons en en août ou en juillet deux mille vingt six sont différentes de la normale, mais aussi de mesurer, d’évaluer non seulement la température, mais aussi un très grand nombre d’autres variables pour lesquelles nous n’avons pas nécessairement d’instruments ou pour lesquels la distribution des surfaces, la distribution des. Des instruments de mesure à la surface du globe est très hétérogène. Les.
Pour les stations météorologiques, non seulement leur distribution à la surface terrestre ou à la surface de la Terre est très hétérogène, mais aussi leur nombre tend à se réduire avec. Lorsqu’on remonte dans le temps, donc. Et puis avant. Avant la fin des années soixante dix, il n’y avait pas de données ou très très peu de données satellitaires et quasiment pas dans les années. Dans les années cinquante, soixante. Nous ne disposions pas. Donc c’est aussi à partir de ces données globales, c’est faire la synthèse de toutes ces informations et reconstruire de la façon la plus précise possible ces conditions météorologiques à la surface de l’ensemble du globe. Donc voilà, c’est c’est le genre de données dont /
Des dizaines de millions d’observations assimilées chaque jour
Simon Icard : Plusieurs millions de plusieurs millions de données chaque jour, presque même chaque heure?
Julien Nicolas : Chaque jour, Oui. Donc, le nombre de données, en particulier, donc en provenance des données satellitaires, donc, se mesure en dizaines de millions qui sont ingérées. On parle de, on utilise le terme d’assimilation qui sont assimilées dans ces modèles pour contraindre en quelque sorte ou corriger le. Les prévisions de modèles, c’est vraiment cette synthèse entre un modèle qui nous permet d’avoir une couverture globale et de dévaluer certaines variables qui ne sont pas directement mesurées. Je pense par exemple à certains flux flux d’énergie, flux d’énergie, de surface par exemple, ou même des précipitations pour lesquelles nous nous reposons plus sur des données de modèle. Et donc faire la synthèse de ces données pour avoir une carte, une carte complète, des conditions météorologiques non seulement à la surface, mais aussi dans les un certain nombre de niveaux de l’atmosphère. Pour comprendre un petit peu les conditions que nous observons à la surface du globe.
Les satellites ne sont pas que les Sentinel
Simon Icard : Et les observations au moyen des satellites sont indispensables. C’est l’Agence spatiale européenne qui opère les satellites dont vous vous servez, des satellites dont on connaît le nom. Sentinel. Je le disais, ils sont indispensables. Alors qu’est ce qu’un satellite saît mesurer qu’une station au sol ne ne peut pas faire par exemple?
Julien Nicolas : Alors nous n’utilisons pas que les. Les observations des de la série des satellites Sentinel. Nous utilisons également des satellites en provenance d’autres satellites européens, mais aussi satellites. Conçus et gérés par d’autres agences à l’échelle internationale. Donc, c’est vraiment un aspect de la collaboration qui est essentielle pour la prévision, à la fois pour la prévision météorologique, mais, mais pour la production de ces réanalyses. Cette collaboration internationale est absolument essentielle et elle repose vraiment sur le partage de ces données. Les. Les données satellites.
Elles permettent d’avoir une couverture à A la fois beaucoup plus large que nous permettre des points de mesure au sol. Et elles nous permettent aussi également de mesurer des conditions. Donc le profil de l’atmosphère, en particulier le profil de température et d’humidité, ce qui n’est pas possible avec des des instruments de mesure de surface, donc, et ces multiples. En combinant les données de multiples plateformes de de multiples satellites. C’est Donc, C’est un moyen d’avoir.
Donc, en faisant cette synthèse, d’avoir donc des. De mesurer précisément des conditions sur l’ensemble de la surface du globe et au dessus, dans les. Dans les couches supérieures de l’atmosphère. Donc, le. La limite, bien sûr, de ces données satellitaires, c’est que Plus on remonte dans le temps, particulièrement lorsqu’on s’aventure avant le début de, la fin des années soixante dix, c’est que elles ne sont pas disponibles. Donc c’est là où en fait, les données de surface et les ballons-sondes, par exemple, deviennent beaucoup plus essentiels dans les dans les années cinquante, soixante, début des années soixante dix. C’est vraiment l’essentiel du système d’observation météorologique de la Terre qui repose sur ces données et sur des mesures directes, et non pas via l’intermédiaire des mesures satellitaires.
Pourquoi l’Europe se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale
Simon Icard : On parle du terrain de modèle météo, d’observation, de l’obtention des des chiffres. Alors, je le disais, un chiffre ne seul ne veut pas tout dire. C’est pour ça que vous en avez des millions et Et vous les analysez, vous les ré-analyser, vous les mettez en perspective. Et notamment, tu nous diras d’ailleurs, sur cette notion de record, comment il faut l’appréhender, nous les citoyens, quand à chaque fois on entend c’est une température record. Il faut le placer dans un ensemble plus plus large.
On est en Europe, ici, en France, on répète partout et ici même que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la planète, mais on sait rarement pourquoi.
Alors prenons un peu de temps pour pour expliquer ça. Qu’est ce qui se passe physiquement chez nous, en Europe et pas ailleurs, qui fait que donc le continent se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne de la planète?
Julien Nicolas : Je vais essayer d’expliquer ça clairement. Comme dans beaucoup de cas dans le changement climatique, il y a plusieurs facteurs qui qui jouent un rôle, et pour certains, c’est encore des hypothèses qui sont le sujet de travaux de recherche en cours. Donc, il y a encore des questions qui qui n’ont pas de réponses définitives, Mais je vais faire.
Je vais passer en revue un certain des facteurs où la plupart des facteurs dont nous pensons qu’ils jouent un rôle important dans ce réchauffement de l’Europe.
Le premier, pour le contexte principal, pour comprendre ce réchauffement, le fait que l’Europe se réchauffe plus rapidement que la moyenne globale. C’est. C’est le cas des surfaces continentales dans leurs ensembles. Les continents se réchauffent plus rapidement que les océans et donc se réchauffent plus rapidement que la moyenne globale. Cela dit, pour l’Europe, lorsque l’on compare les grandes régions continentales, c’est à dire l’Europe, l’Asie, l’Afrique, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Océanie, on constate que l’Europe se réchauffe plus rapidement que les autres régions, même si au sein de ces régions, il y a. il y a certains endroits. Je prends l’exemple de la Sibérie du Nord par exemple, qui se réchauffe plus particulièrement rapidement.
Mais l’Europe dans son ensemble, lorsque l’on compare aux autres régions, est un des ce qu’on appelle un des points chauds du changement climatique. Alors pourquoi? Donc, il y a, comme je l’ai dit, il y a plusieurs facteurs qui peuvent expliquer ce réchauffement climatique. Leur importance varie en fonction de la saison et de la région. Même au sein de l’Europe, il y a certaines régions qui ont tendance à réchauffer plus rapidement. C’est le cas particulièrement de l’Europe centrale et orientale par rapport à d’autres régions. La façade. La façade atlantique.
Malgré les conditions extrêmes que nous avons vécu cet été a tendance, du moins en valeur annuelle, à se réchauffer un peu moins vite que que le centre et l’est de l’Europe. Donc voilà, donc c’était simplement un, donc une clarification que je voulais donner. Un facteur un un premier facteur, c’est en particulier pour qui joue, qui joue un rôle en hiver et au printemps, c’est la réduction de la couverture de neige qui a un effet réfléchissant et qui diminue avec le réchauffement climatique. C’est un phénomène d’amplification que l’on constate dans d’autres régions du monde et qui affecte particulièrement les régions au climat continental au sein de l’Europe.
Donc l’Europe centrale et orientale, ainsi que les Alpes, les Alpes au sein de l’Europe et donc une partie du continent qui se réchauffe plus rapidement que le reste de l’Europe. Donc moins de moins de surfaces réfléchissantes liées à la réduction de la couverture de neige, des changements de la circulation atmosphérique. Et là, c’est ce que nous avons vécu, donc cet été, avec la persistance de ces conditions anticycloniques. C’est un exemple qui illustre un des facteurs qui jouent un rôle, particulièrement en été, dans l’augmentation de la fréquence des vagues de chaleur que nous constatons depuis un certain nombre d’années. Un certain nombre d’études scientifiques l’ont mis en lumière.
Donc, nous constatons au sein de l’Europe plus de conditions anticycloniques qui sont favorables à ces vagues de chaleur. C’est un deuxième facteur qui intervient, qui se superpose donc aux effets du changement climatique. Et c’est à ces conditions météorologiques qu’elles interviennent dans un contexte qui est plus chaud. Et, comme je l’ai dit au début de cet de cet entretien, c’est que même si les conditions anticycloniques existent depuis, depuis toujours, elles interviennent, elles se produisent dans un climat plus chaud et qui peut conduire, par exemple, comme on l’a vu cet été, avec des remontées d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord en particulier, qui peuvent exploser et affecter certaines régions.
Et c’est là où la France en particulier est particulièrement exposée.
Un troisième facteur qui intervient aussi particulièrement en été et qui peut surprendre à première vue, c’est l’effet de la la réduction de la pollution depuis particulièrement depuis le début des années quatre vingts. Il faut se souvenir que dans les années cinquante, soixante et soixante dix, l’Europe était une des régions les plus polluées au monde en région, en raison en particulier de toute l’industrie, mais aussi les pollutions liées, les véhicules.
Cette pollution, elle s’est drastiquement réduite depuis les années quatre vingts et a conduit à une augmentation de la qualité de l’air et une réduction de ce qu’on appelle les aérosols, ces particules fines dans l’atmosphère qui ont tendance à réfléchir les rayons du soleil et donc et donc à réduire le réchauffement en surface. Ce cet effet, il est plus prononcé en été du fait que le rayonnement solaire est plus intense durant cette saison. Donc c’est à la fois du fait de régulations, d’une réglementation plus stricte, donc au sein de l’Europe et de progrès technologiques. Il y a eu donc cette réduction, cette amélioration de la qualité de l’air qui a eu, bien sûr, et là c’est un point sur lequel il est important d’insister, qu’il y a eu des effets très bénéfiques pour la santé des populations et pour la santé de l’environnement en général aussi, mais qui a aussi un effet secondaire qui est d’augmenter Donc la quantité de rayonnement solaire qui atteint la surface et contribue au réchauffement. Particulièrement en été. Donc, c’est un phénomène qui qui peut contribuer, qui a contribué? Nous le savons, à intensifier ce réchauffement.
Pour en rester aux conditions estivales, il y a donc un quatrième facteur qui est ce phénomène que j’ai mentionné déjà au début de cette interview. C’est donc ce phénomène d’amplification lié aux conditions de sécheresse, dans la mesure où des. Des conditions de sécheresse plus fréquentes en Europe aux ont aussi tendance à accentuer le réchauffement en limitant la quantité donc d’évapotranspiration donc d’évaporation de l’eau à la surface des sols et. Et la transpiration de la végétation. Donc cette.
Cette évapotranspiration a un effet refroidissant sur l’air. Comme on constate avec toutes les mesures de plantation d’arbres qui sont en cours dans les villes comme mesures d’atténuation des effets de la chaleur. Donc, c’est moins de d’évapotranspiration conduit à une amplification de la chaleur. Donc, c’est un autre facteur qui qui a pu conduire à à ce réchauffement de l’Europe. C’est en gros, en gros, c’est. Ces quatre facteurs, je crois, résument les. Donc, les principaux facteurs. Il y a.
J’en citerai un dernier qui est souvent mentionné, c’est la proximité de la région arctique qui est la partie du globe. Lorsqu’on combine à la fois océans et surface terrestre, qui réchauffe, qui se réchauffe plus vite, un trois à quatre fois plus rapidement que la moyenne globale. Donc cette proximité peut avoir peut jouer un rôle. Toutefois, il est alors il n’est pas nécessairement direct dans la mesure. Il peut jouer un rôle en influençant donc le comportement du. De la circulation atmosphérique au niveau de l’Europe particulièrement, particulièrement du courant jet, ce qu’on appelle le jet stream. Voilà plus qu’une propagation du réchauffement qui se qui se répand au delà de la région arctique. Donc voilà, c’est.
Sécheresse des sols et amplification de la chaleur
Simon Icard : C’est très clair. On comprend aussi ces effets du changement climatique qui vont à part pour la pollution atmosphérique, sans doute jouer un effet d’entraînement pour aggraver les effets, si on les. Si on ne parvient pas à limiter ce réchauffement climatique.
Julien Nicolas : Absolument. Et on l’a vu cet été avec les. Les conditions, donc des conditions de sécheresse que l’on a observé et qui ont coïncidé avec. Avec les les vagues de chaleur. Malgré un début d’année extrêmement humide avec des inondations de grande ampleur, la France a été particulièrement touchée en début d’année, en janvier, février. C’est donc. Ces conditions très pluvieuses ont laissé place à des conditions plus sèches. La mise en place de ces conditions caniculaires dès la fin du mois de mai, la persistance de ces conditions sèches, donc sans pluie et très chaudes, ont permis une évaporation très rapide de l’eau à la surface des sols, conduisant à des sécheresses hydrologiques au niveau des. Au niveau des sols, au niveau des rivières, au niveau de l’agriculture. Et donc cet assèchement, il est rendu plus rapide, il se produit plus rapidement avec les températures plus élevées. Donc, c’est. C’est dans ce cadre qu’on en a parlé de sécheresse éclair. Qui donc, C’est un effet qui qui conduit à une intensification de ce qu’on appelle le cycle de l’eau avec avec des des conditions de sécheresse qui se mettent en place plus rapidement.
Ce que Copernicus fait, et ce qu’il ne fait pas
Simon Icard : Et on disait au début de cette explication très claire Merci. Donc, l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne au niveau mondial. Donc, c’est à peu près plus de zéro virgule cinq degré par décennie, contre zéro virgule vingt sept au niveau mondial. Et sans aller dans le détail, la France là dedans est encore plus exposée que certains pays européens à certaines périodes de l’année. À tel point que la France s’est dotée d’un plan, d’une trajectoire climatique qui anticipe un climat à plus quatre degrés en deux mille cent plus quatre degrés, c’est par rapport à l’ère préindustrielle. Voilà pour pour pour les chiffres.
Vous anticipez aussi en vous observez, vous regardez dans le passé, vous observez le présent, mais aussi vous Vous anticipez, Vous faites des prévisions saisonnières d’un côté et des projections sur le climat futur. Deux mille cinquante deux mille cent Donc, pour les prévisions et les projections dit nous la différence La différence est peut être surtout qu’est ce qui est déjà joué maintenant? Quoi qu’on fasse en terme de réchauffement?
Julien Nicolas : Alors les projections climatiques, elles se elles sont réalisées plus dans le cadre donc des rapports du GIEC, non pas par le service Copernicus.
Donc, nous, on se concentre à la fois davantage sur les données climatiques du passé et puis sur les prévisions saisonnières, donc, à l’échelle de quelques mois, de six mois, typiquement. En particulier, ce qui nous permet de. Par exemple de faire la prévision de l’évolution des conditions El Niño dans le Pacifique équatorial, et que j’ai mentionné alors la trajectoire climatique sur laquelle nous nous trouvons et qui nous attend pour les prochaines décennies, elle dépendra des choix sociétaux, politiques, économiques qui seront pris à la fois maintenant et dans les années à venir.
Nous, nous savons, et un rapport vient tout juste de. Des Nations Unies, dont le programme pour l’environnement des Nations Unies vient tout juste d’être publié aujourd’hui (02/09/26).
Donc, à l’heure où nous parlons, confirmant que nous allions dépasser la limite de un degré et demi au dessus du niveau Préindustriel. C’est quelque chose que déjà nous Les études scientifiques. Un certain nombre d’études scientifiques avaient anticipé au cours des deux dernières années. C’était de plus en plus probable. Donc, les Nations Unies l’ont maintenant confirmé après. Donc, il est important, donc, cette limite de un degré et demi. Donc, c’est la limite la plus ambitieuse des Accords de Paris sur le climat, mais c’est aussi celles qui permettent d’éviter les les conséquences les plus catastrophiques et irréversibles du changement climatique.
Donc, il est. Il est maintenant, comme je l’ai dit, quasi certain que nous allons dépasser cette limite. La question est de savoir de combien et pour combien de temps. Et comme ce rapport, le rapport publié aujourd’hui, le souligne, il est important de limiter la durée et l’intensité de ce dépassement. Et comme on l’entend souvent, c’est chaque fraction de degré compte et il est important donc de limiter autant que possible la durée et l’intensité de ce dépassement pour limiter les conséquences à plus long terme. Nous ne reviendrons pas au climat du passé, c’est certain, car le réchauffement en cours et qui va continuer encore dans les prochaines années, a des conséquences de très long terme qui ne pourront pas être être renversées en l’espace de quelques années.
Mais il est encore possible de limiter les conséquences les plus catastrophiques de long terme en limitant le réchauffement climatique autant que possible et le plus rapidement. Et ça passe bien sûr par la diminution et la réduction drastique et rapide des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines.
Les données en accès libre, et qui s’en sert
Simon Icard : Très clair. Alors, les données de Copernicus Climate Change Service sont en accès libre. Elles sont gratuites. Elles sont ouvertes au monde entier, aux citoyens, aux entreprises, aux décideurs. Et évidemment, vous les travaillez, vous les. Vous produisez des analyses, des réanalyses. Qui s’en sert? Concrètement et pour faire quoi? Est ce que tu as quelques exemples à nous à nous présenter? On pense à la ressource en eau, à l’état de nos sols pour l’agriculture, mais aussi.
Cet été a aussi montré l’importance de se pencher sur le niveau des fleuves, y compris pour le secteur de l’énergie. Voilà, Est ce que tu as quelques exemples de données de données qui sont particulièrement utilisées en ce moment en Europe?
Julien Nicolas : Alors, il y a tout un donc un grand nombre d’acteurs, que ce soit des scientifiques aux décideurs politiques, d’entreprises, aux acteurs économiques qui qui utilisent ces informations à la fois donc dans la. Donc, la surveillance des changements en cours et aussi pour la. La formulation, la préparation des politiques, donc d’adaptation et de. Donc de réduction des. Des gaz à effet de serre.
Mais en particulier, on a vu l’importance cet été, des politiques d’adaptation. Donc, pour s’adapter à un climat qui change, il est important de savoir et d’évaluer les conséquences, donc les divers aspects de ces changements. Je mentionnerai les rapports que nous publions régulièrement, en particulier les rapports sur le changement, sur l’état du climat en Europe que nous publions chaque année au mois d’avril, qui passe en revue un très grand nombre de variables et qui est un point d’entrée vers les données très, très variées qui sont produites par le service Copernicus et qui offre un panorama complet des changements en cours. Il ne s’agit pas, bien évidemment, que de simplement l’augmentation des températures. Il y a donc des impacts qui sont multiples, que ce soit sur sur les glaciers, les températures des des rivières.
Alors, tu l’as mentionné, donc les cours d’eau, l’humidité des sols et bien d’autres, et qui permettent de prendre la mesure, donc, de tous les changements en cours. Donc, c’est c’est via, donc en particulier via ces rapports. Et comme tu l’as dit, toutes les données étant accessibles sur le site de Copernicus, sur notre. Le point d’entrée qui s’appelle le Climate Datastore, mais qui sont également associées à tous les rapports que nous publions. Et donc nous pour lequel nous fournissons toutes les données derrière ces rapports qui permettent donc à des acteurs très diverses, donc de donc de faire leur analyse des données.
Simon Icard : De s’en saisir pour pour conduire des politiques, y compris à l’échelon local. On pense à cet échelon local, il y a une maille très fine géographiquement aussi pour pour certaines données?
Julien Nicolas : Oui, et il y a des produits, comme je l’ai dit. Donc certains, certains ensembles de données comme l’ensemble de données ERA5, qui est cette réanalyse que nous utilisons pour beaucoup de nos rapports. Elles sont ensuite utilisées et raffinées avec certains algorithmes qui qui les optimisent pour certaines applications, que ce soit pour pour évaluer les indicateurs spécifiques pour l’agriculture, pour le secteur de l’énergie, pour évaluer le stress thermique. Donc, c’est. Voilà. Donc, ce sont ces modèles ou ces algorithmes qui sont ensuite. Qui utilisent ces modèles initiales ou ces. De ces données initiales pour les. Pour les optimiser pour un grand nombre de secteurs. Ces secteurs économiques ou d’autres applications qui permettent d’en. d’En augmenter l’utilité et de les affiner pour. Pour les applications qui correspondent aux besoins de nos. De nos utilisateurs.
Climate Pulse, le thermomètre du globe en un coup d’œil
Simon Icard : Je dis un mot de Climate Pulse parce que la presse et les citoyens sans rentrer dans. Dans tout le catalogue des données, peuvent aussi en un coup d’œil. Regarder un outil gratuit qui est disponible sur le site Copernicus. Climate Pulse. On peut y voir la température de la planète et des océans. Mis à jour quotidiennement, c’est en un coup d’œil?
Julien Nicolas : Effectivement, il y a à côté de notre catalogue de données qui sont davantage destinées à, donc aux utilisateurs plus avancés. Nous avons développé un certain nombre d’applications qui permettent qui rendent ces données plus accessibles, plus interactives. Cette application Climate Pulse permet donc de de surveiller en temps réel l’évolution de la température moyenne globale à la surface de la Terre et la température moyenne de surface de l’océan avec des cartes interactives. Et donc voilà, c’est une application simple qui rend les données plus accessibles, qui est aussi un des objectifs de Copernicus, c’est l’accès aux données est absolument essentielle. Et donc, et c’est quelque chose sur laquelle nous travaillons, nous continuons de travailler chaque jour.
Simon Icard : Julien Nicolas, chercheur senior au service Copernicus pour le changement climatique, était dans Soluble(s). Merci pour cette plongée dans l’envers du décor des données dont on entend parler, du travail que tu fais au quotidien avec tes équipes. Retrouvez en description les liens vers toutes les ressources pour poursuivre ce dont on a parlé, notamment le rapport annuel et un bulletin Climate Bulletin qui est publié chaque mois. Tout est en accès libre sur climate.copernicus.eu . merci Julien d’être passé dans cette émission. Merci d’être passé dans Soluble(s)!
Julien Nicolas : Merci Simon!
Simon Icard : Et c’est déjà la fin de cet épisode. Merci à vous de l’avoir suivi. S’il vous a plu, notez-le, partagez-le et parlez-en autour de vous. Vous pouvez aussi nous suivre sur notre site internet, csoluble.media. A bientôt 🙂
POUR ALLER PLUS LOIN
- Service Copernicus pour le changement climatique : https://climate.copernicus.eu
- Climate Data Store : https://cds.climate.copernicus.eu
- Climate Pulse : https://pulse.climate.copernicus.eu
TIMECODES
00:06 — Avant de s’adapter, savoir : les données et l’été 2026
02:59 — Des sciences politiques à la climatologie
05:59 — Copernicus, une équipe au Centre européen et un réseau
08:04 — « Un été extrême, un été exceptionnel »
11:27 — Météo ou climat : le mécanisme du dôme de chaleur
14:14 — El Niño et le record de température des océans
20:03 — Dans les coulisses : qui mesure, avec quels instruments
21:53 — Ce qu’est vraiment une réanalyse
26:57 — L’assimilation, des dizaines de millions d’observations par jour
28:14 — Les satellites ne sont pas que les Sentinel
31:26 — Pourquoi l’Europe se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale
36:20 — Le facteur qui surprend : la pollution de l’air qui recule
43:10 — Ce que Copernicus fait, et ce qu’il ne fait pas
45:18 — 1,5 °C : le seuil acté, la durée en jeu
48:02 — Savoir avant de décider : les données pour l’adaptation
51:10 — Climate Pulse, le thermomètre en accès libre







