Tu savais que des poules menacées de disparition peuvent recycler tes restes de repas, fertiliser ton jardin et même aider des grands-parents à se sentir utiles ? Manuela Leduc a tout quitté — son métier de notaire — pour sauver ces petites bêtes extraordinaires.
Pourquoi on en parle ?
En France, sur 46 races de poules reconnues, 45 sont en danger de disparition. Pas les ours polaires, pas les baleines bleues — des poules, qu’on a oubliées quand on a inventé la poule industrielle dans les années 50. Manuela Leduc, éleveuse en Indre-et-Loire, a décidé que ça suffisait.
Quel est le problème ?
Dans les années 50-60, les scientifiques ont créé une poule hybride ultra-productive : la poule rousse. Elle pond jusqu’à 350 œufs en 18 mois, puis c’est fini. Résultat : les races anciennes ont été abandonnées. La Géline de Touraine, la Coucou de Rennes, les Brahma… Presque personne n’en élevait plus. Ces races risquent de disparaître pour toujours — et avec elles, une part de la biodiversité française.
La seule race ancienne qui n’est pas menacée ? La poule de Bresse. Parce qu’on la mange encore. C’est un peu triste, mais c’est comme ça.
Quelle est la solution ?
Adopter des poules de races anciennes. Pas pour les manger — pour les élever dans son jardin, ramasser leurs œufs, et contribuer à maintenir leur population. Manuela appelle ça faire de « la poulitique ».
Ces poules pondent moins que la rousse industrielle (entre 100 et 250 œufs par an selon la race), mais elles le font pendant 4 à 5 ans — contre 18 mois pour la poule trafiquée. Et elles sont bien plus utiles qu’on ne le croit.
Qui agit ?
Manuela Leduc est une ancienne notaire de plus de 25 ans de carrière. Un jour, quelqu’un lui a offert un livre sur les poules. Elle est « tombée dedans comme dans le pot de confiture » — ses mots. En 2020, elle a fondé Le Haut Montmartre, un élevage artisanal à Cléré-les-Pins (37), près de Tours. Elle y élève jusqu’à 500 poules de races rares, qu’elle vend à des familles, des entreprises et des établissements scolaires.

En pratique
La poule, c’est un vrai « couteau suisse » selon Manuela. Elle fait au moins trois choses très utiles.
Elle recycle tes restes. Chaque Français gaspille environ 150 kilos de déchets alimentaires par an. C’est exactement ce que mange une poule en un an. Tes restes de table nourrissent la poule, et la poule te donne des œufs. Cercle vertueux.

Elle fertilise ton jardin. Ses fientes enrichissent la terre. Elle gratte le sol, mange les parasites, chasse même les frelons asiatiques devant les ruches.
Elle crée du lien. Dans les maisons de retraite où intervient Manuela, les résidents s’occupent des poules. Dans les écoles, les enfants comprennent la biodiversité autrement. Et en entreprise, c’est devenu un outil RSE concret.

Le savais-tu ?
La Coucou de Rennes a failli disparaître complètement. Dans les années 80, il a fallu créer un conservatoire de races à Rennes pour en sauver quelques spécimens. Sans cette initiative, cette race française aurait été éteinte pour toujours.
Ce que tu peux faire
- Adopter 2 à 3 poules de races anciennes si tu as un jardin. Budget : entre 30 et 60 € par poule.
- Leur donner tes restes de table plutôt que de les jeter — les épluchures, elles, vont dans le compost.
- Prévoir un poulailler simple avec copeaux : plus propre, moins d’odeurs, meilleur pour le jardin.
- Contacter Le Haut Montmartre si tu veux te lancer : Manuela accompagne les nouveaux adoptants.
Quelques mots clés
- Races anciennes : Variétés de poules qui existaient avant l’industrie agroalimentaire. Elles pondent moins mais vivent plus longtemps et maintiennent la biodiversité.
- Poule hybride : Poule créée en laboratoire pour produire le maximum d’œufs très vite. Une invention humaine des années 50.
- Biodiversité : La variété du vivant. Quand une race disparaît, c’est irréversible.
- RSE : Responsabilité Sociétale des Entreprises. Les engagements d’une entreprise pour avoir moins d’impact négatif sur l’environnement.
- Poulailler : L’abri des poules pour la nuit. Il les protège des prédateurs et du mauvais temps.
- Biodéchets : Les déchets organiques — restes de repas, épluchures. Valorisables en compost ou nourriture pour poules.
Les poules : des alliées secrètes pour ton jardin et la biodiversité
Avec Manuela Leduc · Le Haut Montmartre (37)
Tu savais que des poules menacées de disparition peuvent recycler tes restes de repas, fertiliser ton jardin et même aider des grands-parents à se sentir utiles ? Manuela Leduc a tout quitté — son métier de notaire — pour sauver ces petites bêtes extraordinaires.
Des races françaises en voie de disparition 🚨
Dans les années 50-60, les scientifiques ont créé une poule hybride ultra-productive : la poule rousse. Résultat : les races anciennes ont été abandonnées. Sur 46 races de poules reconnues en France, 45 sont en danger. La Géline de Touraine, la Coucou de Rennes… Presque personne ne les élevait plus.
Adopter une poule de race ancienne 🐣
Ces poules pondent entre 100 et 250 œufs par an selon la race, pendant 4 à 5 ans — contre 18 mois pour la poule industrielle. Elles recyclent tes restes de table, fertilisent ton jardin avec leurs fientes, grattent le sol et mangent les parasites. Un vrai couteau suisse, comme dit Manuela.
Budget accessible : entre 30 et 60 € par poule selon la race. Et même une petite naine d’ornement peut vivre dans un petit jardin.
Ce qu’il faut prévoir 🏡
Deux choses essentielles pour accueillir des poules dans de bonnes conditions.
Un espace avec de la terre
Entre 20 et 40 m² idéalement pour des grandes races. Une poule gratte, crotte, mange. Quand il n’y a plus d’herbe, c’est qu’il y a trop de poules.
Un poulailler adapté
Pour dormir à l’abri des prédateurs et du mauvais temps. Privilégier les copeaux plutôt que la paille : ils absorbent mieux les fientes et s’entretiennent plus facilement.
Agir concrètement ✅
- 🐔Adopter 2 ou 3 poules de races anciennes — entre 30 et 60 € par poule, elles pondent pendant 4 à 5 ans.
- ♻️Donner tes restes de table aux poules plutôt que de les jeter — une poule mange autant que ce qu’un Français gaspille en un an.
- 🌿Utiliser leurs fientes comme engrais naturel dans le jardin et les épluchures dans le compost.
- 📖Lire « Oh les poulettes ! » de Manuela Leduc (Éditions de Borée) pour tout savoir avant de se lancer.
La Coucou de Rennes a failli disparaître pour toujours 😮
Dans les années 80, il a fallu créer un conservatoire de races à Rennes pour sauver quelques spécimens. Sans cette initiative, cette race française aurait été éteinte à jamais. Aujourd’hui, la seule race ancienne qui n’est pas menacée, c’est la poule de Bresse — parce qu’on la mange encore.
Pour tout comprendre 📖
« C’est un vrai couteau suisse, la poule. Ça fait des œufs, ça mange les déchets de table, les fientes vont dans votre jardin, et elle nettoie votre jardin des petits parasites. »— Manuela Leduc · Éleveuse de poules de races anciennes · Le Haut Montmartre (37)
POUR ALLER PLUS LOIN
- Voir le site de l’élevage ‘La haut Montmartre » (37)
- Lire : « Oh les poulettes ! » Par Manuela Leduc (Collection Beaux Livres, Éditions de Borée)
Suivre Manuela Leduc sur : LinkedIn & l’élevage sur Instagram
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TIMECODES
00:00 Introduction
01:01 Le parcours de Manuela Leduc
02:49 Poules d’ornement, races anciennes : késako ?
04:59 Une production artisanale (Haut Montmartre)
06:34 L’engouement des Français pour les poules
08:12 Quelle production d’œufs ?
09:08 Écologie, lien social : “la poule est un vrai couteau-suisse”
13:07 Série de questions pratiques pour adopter une poule
18:27 Merci à Manuela Leduc !
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




