Tu as déjà remarqué ces grilles sur le bord des trottoirs qui avalent l’eau de pluie ? On les appelle souvent « bouches d’égout », mais attention : elles ne mènent pas à une station d’épuration. Elles vont directement à la mer. Et avec l’eau, tout ce qui traîne par terre : plastiques, mégots, lingettes, emballages… Stéphane Asikian, cofondateur de Pollustock, a eu une idée simple mais brillante pour bloquer ces déchets avant qu’il soit trop tard.
Pourquoi on en parle ?
Les océans sont en danger. Pas seulement à cause des bateaux ou des usines — mais à cause de ce qui part de nos rues, de nos trottoirs, de nos parkings. Chaque jour, des millions de déchets voyagent silencieusement jusqu’à la mer.
Quel est le problème ?
80 % des déchets en mer viennent de la terre. Et 70 % d’entre eux passent par les réseaux hydrauliques — ces tuyaux souterrains qui récupèrent l’eau de pluie. Le gros problème, c’est le plastique. Il ne disparaît pas dans la mer : il se fragmente en minuscules particules invisibles. Ces particules libèrent des produits chimiques dans l’eau. Et comme la surface de la mer chauffe au soleil, ces nanoparticules s’évaporent et… il pleut du plastique. Littéralement. Seuls 2 % des déchets flottent — les 98 % restants coulent et ne peuvent plus être récupérés. C’est pourquoi il faut agir avant que les déchets arrivent à l’eau.
Quelle est la solution ?
Stéphane a eu une idée une nuit : si les chaluts de pêche peuvent attraper des tonnes de poissons avec des filets, pourquoi ne pas faire pareil avec les déchets ? Il a créé le filet Hydro-rescue : un filet installé à la sortie des réseaux hydrauliques. L’eau passe, les déchets restent bloqués. Pas besoin d’électricité. Ça marche tout seul.



Ces filets et leurs variantes (les paniers filtrants) sont maintenant présents sur près de 4 000 points en France et dans plusieurs pays : Suisse, Luxembourg, Espagne, Grèce, Mayotte.
Qui agit ?
Stéphane Asikian vient du bâtiment. C’est en découvrant qu’il travaillait sans le savoir dans des bâtiments contenant de l’amiante qu’il a pris conscience des dangers invisibles. Il a fondé Pollustock en 2009 avec des amis pour trouver des solutions concrètes à ces problèmes environnementaux.

En pratique
Les filets sont placés aux endroits les plus risqués : sorties de zones commerciales, quartiers animés, déversoirs d’orage (ces systèmes qui, quand il pleut trop fort, envoient directement les eaux usées dans la nature). Des villes comme Cannes, Mandelieu-la-Napoule ou Saint-Tropez ont équipé des dizaines de points stratégiques. La métropole de Rouen aussi. Mais il reste encore énormément à faire.
Le savais-tu ?
En France, 31 milliards de mégots sont jetés par terre chaque année. Un seul mégot peut polluer entre 500 et 800 litres d’eau.
Ce que tu peux faire
- Ne jette rien dans les grilles d’avaloir — même si tu penses bien faire. Ce n’est pas une poubelle : ça va directement à la mer.
- Arrête les lingettes — une éponge ou un chiffon humide fait exactement pareil, sans polluer.
- Parle-en autour de toi — beaucoup de gens ne savent pas où finissent ces déchets. Toi, maintenant, tu sais.
Quelques mots clés
Réseau hydraulique — l’ensemble des tuyaux souterrains qui récupèrent l’eau de pluie et la dirigent vers les rivières, fleuves et la mer.
Avaloir d’eau pluviale — la grille sur le trottoir. Elle n’est pas reliée à une station d’épuration — l’eau va directement dans la nature.
Déversoir d’orage — système de sécurité qui envoie les eaux en excès directement dans la nature quand les tuyaux sont trop pleins.
Nanoparticules — morceaux de plastique tellement petits qu’on ne les voit plus à l’œil nu, mais qui polluent l’eau, l’air et même notre corps.
Pollustock — l’entreprise de Stéphane Asikian, spécialisée dans les solutions pour réduire l’impact humain sur les milieux naturels.
Low-tech — une solution simple, sans énergie, qui fonctionne avec des moyens basiques mais efficaces. Le filet Hydro-rescue en est un bon exemple.
Des filets pour sauver les océans… depuis la rue !
Avec Stéphane Asikian · Pollustock
Tu as déjà remarqué ces grilles sur les trottoirs qui avalent l’eau de pluie ? On les appelle souvent « bouches d’égout », mais elles vont directement à la mer. Et avec l’eau, tout ce qui traîne par terre : plastiques, mégots, lingettes… Stéphane Asikian a eu une idée brillante pour bloquer ces déchets avant qu’il soit trop tard.
Les déchets de nos rues finissent dans la mer
80 % des déchets en mer viennent de la terre. Et 70 % d’entre eux passent par les réseaux hydrauliques souterrains. Le plastique ne disparaît pas : il se fragmente en particules minuscules qui libèrent des produits chimiques dans l’eau. Il pleut même du plastique, car ces nanoparticules s’évaporent depuis la surface de la mer.
Le filet Hydro-rescue attrape les déchets avant la mer
Stéphane Asikian a eu l’idée une nuit : si les filets de chalut peuvent attraper des tonnes de poissons, pourquoi ne pas faire pareil avec les déchets ? Il a créé le filet Hydro-rescue, installé à la sortie des réseaux hydrauliques. L’eau passe. Les déchets restent bloqués. Pas besoin d’électricité. Ça marche tout seul — une vraie solution low-tech.
Depuis 12 ans, ses filets et paniers anti-déchets se déploient sur près de 4 000 points clés en France et dans plusieurs pays : Suisse, Luxembourg, Espagne, Grèce, Mayotte.
Deux idées reçues qui coûtent cher à la mer
Beaucoup de gens polluent sans le savoir. Voici les deux erreurs les plus courantes :
La « bouche d’égout »
Ce n’est pas une poubelle ! L’eau de pluie va directement à la mer, sans passer par une station d’épuration. Même jeter un mégot « pour faire propre » pollue l’océan.
Les déchets invisibles
98 % des déchets coulent et ne flottent pas. On ne les voit plus, mais ils polluent quand même — en se fragmentant en nanoparticules chimiques qui contaminent toute la chaîne alimentaire.
Agir concrètement ✅
- 🚫Ne jette jamais rien dans une grille d’avaloir — même si tu penses bien faire, ça va directement à la mer.
- 🧽Arrête les lingettes — une éponge ou un chiffon humide fait exactement pareil, sans polluer. 70 milliards de lingettes sont utilisées chaque année en Europe !
- 🗣️Parle-en autour de toi — beaucoup de gens ne savent pas où finissent ces déchets. Toi, maintenant, tu sais.
31 milliards de mégots jetés par terre chaque année en France
Rien qu’en France. Un seul mégot peut polluer entre 500 et 800 litres d’eau. C’est pour ça que Pollustock a inventé des paniers filtrants spéciaux, placés sous les grilles d’avaloir, dont la mission numéro un est d’intercepter les mégots.
Pour tout comprendre 📖
« Si les chaluts peuvent attraper des millions de tonnes de poissons, on devrait pouvoir utiliser ce principe pour intercepter des déchets. »
— Stéphane Asikian · Cofondateur · Pollustock
POUR ALLER PLUS LOIN
- Voir le site de la société Pollustock
- Suivre Stéphane Asikian sur LinkedIn
- Lire aussi cet article de Nice-Matin : « En voilà, une belle initiative »: Trois nouveaux filets antidéchets posés à Mandelieu, une zone commerciale privée équipée pour la première fois en France
TIMECODES
00:00 Introduction
01:31 Le parcours de Stéphane Asikian
03:09 La description du filet Hydro-rescue
04:14 Les déchets et leurs parcours
07:24 L’avaloir d’eaux pluviales, porte d’entrée de la mer
09:18 L’urgence à agir
10:58 La Seine
13:33 Les leviers d’actions
15:33 Le problème des lingettes de nettoyage
16:14 Le Fléau des mégots
17:00 Focus sur Mandelieu-la-Napoule, Cannes et Saint-Tropez
18:57 Merci à Stéphane Asikian !
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




