Chaque année, des milliers de personnes fuient leur domicile pour échapper à des violences. Trouver un refuge sûr en urgence, c’est parfois le premier pas vers une vie meilleure. Et si des gens ordinaires — comme toi, comme tes voisins — pouvaient devenir cette bouée de sauvetage ?
Pourquoi on en parle ?
Les violences conjugales et intrafamiliales touchent des adultes, des enfants, des familles entières. En France, quand quelqu’un doit fuir en urgence, trouver un hébergement sécurisé n’est pas toujours simple. C’est pour combler ce manque qu’une association citoyenne a vu le jour.
Quel est le problème ?
En France, il existe environ 10 000 places d’hébergement dédiées aux victimes de violences. C’est insuffisant. Les centres d’urgence sont souvent saturés, et parfois les conditions d’accueil ne sont pas adaptées à chaque situation. Résultat : certaines personnes retournent chez leur agresseur, faute de mieux.
Quelle est la solution ?
L’association « Un abri qui sauve des vies » connecte des abritants — des particuliers qui proposent une chambre ou un logement vacant — avec des victimes qui ont besoin de se mettre en sécurité rapidement. C’est gratuit, encadré, confidentiel. Un hébergement citoyen, en complément des dispositifs publics.
Qui agit ?
Charlyne Péculier a cofondé cette association à 26 ans, pendant le premier confinement, à partir d’un projet étudiant. Elle en est aujourd’hui la présidente. L’idée de départ : organiser la solidarité citoyenne qui existait déjà spontanément, pour la mettre au service des victimes de violences.

En pratique
Les abritants s’inscrivent sur le site de l’association. Ils doivent avoir un espace calme et meublé — une chambre suffit. L’association vérifie leur identité en visioconférence, leur fait signer un contrat de confidentialité, et assure un suivi pendant tout l’hébergement. Les séjours durent en moyenne 15 jours. Les abritants ne sont jamais seuls : ils peuvent stopper l’hébergement si une urgence personnelle survient.
Du côté des personnes accueillies : il faut être majeur (ou accompagné d’un adulte). Les mineurs seuls, les personnes en situation irrégulière, ou celles qui présentent des troubles psychiatriques ou addictions actives ne peuvent pas être hébergées, pour des raisons de sécurité et d’assurance.
Le savais-tu ?
En 2022, l’association a réalisé trois fois plus d’hébergements qu’en 2021. Et dans les cas où il y a cohabitation avec un abritant, il n’y a pas eu de retour au domicile de l’agresseur.
Ce que tu peux faire
- Parler de cette association autour de toi — à tes parents, à tes profs. Plus les gens la connaissent, plus elle peut aider.
- Lorsque tu seras autonome avec ton propre logement, tu pourras peut-être devenir abritant·e — c’est une chambre, quelques jours, et ça peut tout changer.
- Si toi ou quelqu’un que tu connais est en danger, les adultes de confiance peuvent appeler le 3919 (écoute 24h/24) ou le 17 en cas d’urgence immédiate.
Quelques mots clés
Violences conjugales : violences physiques, psychologiques ou verbales entre partenaires ou ex-partenaires.
Hébergement citoyen : un particulier ouvre son logement pour aider quelqu’un en difficulté, sans être une structure officielle.
Abritant·e : bénévole qui propose sa chambre ou son logement à une personne qui fuit des violences.
Contrat de confidentialité : document signé pour garantir que l’adresse de l’hébergement reste secrète, pour la sécurité de la personne accueillie.
115 : numéro d’urgence en France pour trouver un hébergement d’urgence.
3919 : numéro d’écoute national pour les victimes de violences (gratuit, 24h/24).
Quand ouvrir sa porte peut sauver une vie
Avec Charlyne Péculier · Un abri qui sauve des vies
Chaque année, des milliers de personnes fuient leur domicile pour échapper à des violences. Trouver un refuge sûr en urgence, c’est parfois le premier pas vers une vie meilleure. Et si des gens ordinaires — comme toi, comme tes voisins — pouvaient devenir cette bouée de sauvetage ?
Pas assez de refuges pour celles et ceux qui fuient 🏠
En France, quand quelqu’un doit fuir des violences en urgence, trouver un hébergement sécurisé n’est pas toujours simple. Les centres sont souvent saturés. Et parfois, faute de mieux, les victimes retournent chez leur agresseur.
Des particuliers ouvrent leur porte 🚪
L’association « Un abri qui sauve des vies » connecte des abritants — des particuliers qui proposent une chambre ou un logement vacant — avec des victimes qui ont besoin de se mettre en sécurité rapidement. C’est gratuit, encadré et confidentiel.
Un cadre sécurisé à chaque étape 🔒
Devenir abritant·e, c’est simple — mais bien encadré. L’association vérifie, accompagne et ne laisse jamais personne seul·e face à son engagement.
Vérification d’identité
Chaque abritant·e est vérifié·e par un appel et une pièce d’identité en visioconférence. Un contrat de confidentialité est signé pour protéger l’adresse de la personne accueillie.
Suivi tout au long
L’association suit à la fois l’abritant·e et la personne hébergée pendant tout le séjour (environ 15 jours). Personne n’est laissé·e seul·e face à la situation.
Agir concrètement ✅
- 📢Parler de cette association autour de toi — à tes parents, à tes profs. Plus les gens la connaissent, plus elle peut aider.
- 🏠Lorsque tu seras autonome avec ton propre logement, tu pourras peut-être devenir abritant·e — c’est une chambre, quelques jours, et ça peut tout changer.
- 📞Si toi ou quelqu’un que tu connais est en danger, les adultes de confiance peuvent appeler le 3919 (écoute 24h/24) ou le 17 en cas d’urgence immédiate.
Né pendant le confinement 💡
L’association a été créée en 2020 pendant le premier confinement… à partir d’un simple dossier étudiant ! Charlyne Péculier et trois autres étudiants devaient présenter une initiative solidaire. Face à l’engouement de leur promotion, ils ont décidé de la rendre réelle. En quelques jours, des créateurs de contenu Instagram ont relayé l’initiative — et tout s’est emballé.
Pour tout comprendre 📖
« La mise en sécurité, c’est le premier pas vers la reconstruction, qui est vraiment nécessaire pour au moins faire des démarches, essayer de juste avoir un moment de répit. »
— Charlyne Péculier · Cofondatrice et présidente · Un abri qui sauve des vies
POUR ALLER PLUS LOIN
- Le site Internet de l’association “Un abri qui sauve des vies”
- La ligne d’écoute de l’association : 09 77 42 59 20 (tous les jours – 24h/24)
- Un abri qui sauve des vies – Sur Instagram
D’AUTRES CONTACTS CITÉS DANS L’ÉMISSION :
- Le numéro de Police secours en France : 17 ou 112 (depuis un mobile)
- Le numéro de téléphone du service public : le 115 pour un hébergement d’urgence en France
- “Violence femmes info”, le numéro vert national : 3919
- Le site du service public : arretonslesviolences.gouv.fr
- Mémo de Vie, la plateforme gratuite et sécurisée qui accompagne les victimes de violences ainsi que leurs proches témoins. Elle permet de sauvegarder en toute discrétion et sécurité les documents officiels, photos, vidéos, enregistrements audios utiles pour des démarches.
memo-de-vie.org
TIMECODES
00:00 Introduction
01:00 Le parcours d’une jeune engagée
02:18 Le principe de l’hébergement citoyen
06:47 La mise en sécurité est nécessaire, un premier pas vers la reconstruction
07:56 Le 115 et le fonctionnement de l’hébergement d’urgence public en France
09:52 Des conseils en cas de besoin
13:17 Qui peut devenir un.e abritant.e ?
17:06 Qui peut être abrité.e ?
19:26 Les accueils ont triplé en 2022
22:09 Peut-on aider autrement ?
23:46 Les JO en France vont impacter les places d’hébergement
26:11 Merci à Charlyne Péculier !
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




