Est-ce que les entreprises font partie du problème… ou de la solution ? La plupart du temps, elles polluent, extraient, gaspillent. Mais Fabrice Bonnifet pense qu’elles peuvent faire exactement le contraire : réparer la nature et la rendre plus vivante qu’avant. C’est ce qu’on appelle la régénération — et les entreprises qui s’y engagent deviennent des entreprises régénératives.
Pourquoi on en parle ?
Aujourd’hui, les entreprises produisent énormément de choses : vêtements, voitures, téléphones, nourriture… Et pour ça, elles utilisent des ressources naturelles — des arbres, des métaux, de l’eau — sans toujours les remettre en place. Résultat : la planète s’abîme plus vite qu’elle ne se répare.
Quel est le problème ?
Les entreprises fonctionnent sur un modèle dit « linéaire » : on extrait, on fabrique, on vend, on jette. Ce modèle consomme énormément de ressources et génère des pollutions. Le problème, c’est qu’on ne compte jamais ce qu’on « doit » à la nature pour tout ce qu’on lui a pris.
En 2025, sept des neuf limites planétaires sont franchies. Ces limites, c’est comme des lignes rouges à ne pas dépasser pour que la Terre reste vivable. Parmi elles : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, et la pollution chimique.
En France, 84 % des émissions de gaz à effet de serre viennent de la production de biens et de services. Et la moitié de la richesse mondiale dépend directement de la nature.
Quelle est la solution ?
Passer de la « réduction des dégâts » à la régénération. Ça veut dire que les entreprises ne se contentent plus de polluer un peu moins — elles s’engagent à rembourser leur « dette environnementale » en restaurant la nature qu’elles ont abîmée.
Par exemple : une entreprise qui coupe des arbres doit s’assurer que la forêt entière grossit plus vite qu’elle ne diminue. Une entreprise qui émet du CO2 doit restaurer des puits de carbone qui absorbent encore plus que ce qu’elle émet.
Ce modèle s’appelle l’économie permacirculaire : on fabrique moins, mais mieux et plus solide. On partage les objets plutôt que chacun en possède un. On vend l’usage, pas la possession.
Qui agit ?
Fabrice Bonnifet travaille depuis plus de vingt ans dans le développement durable au sein de grandes entreprises. Il préside le C3D (Collège des Directeurs du Développement Durable) et a fondé en 2025 l’association GenAct, pour aider concrètement les salariés et les dirigeants à transformer leur entreprise en entreprise régénérative.
En pratique
GenAct accompagne les salariés et les dirigeants — quel que soit leur métier — pour transformer leur façon de travailler. L’association propose des formations adaptées à chaque rôle (RH, achats, production…), un corpus de « dix commandements » pratiques, et un espace pour lancer des projets concrets en parallèle du modèle existant.
L’adhésion coûte 30 € par an, pour rester accessible à tous. Quelques semaines après sa création, GenAct comptait déjà plus de 2 050 membres, appelés les « GenActeurs ».
Le savais-tu ?
Pour fabriquer un smartphone de 200 grammes, il faut mobiliser plusieurs dizaines de tonnes de matières premières. C’est vrai aussi pour presque tous les objets électroniques !
Ce que tu peux faire
- Poser des questions sur les produits que tu achètes : d’où viennent-ils ? Peuvent-ils être réparés ?
- Prendre soin des objets que tu as déjà plutôt que d’en acheter de nouveaux.
- En parler autour de toi : dans ta famille, à l’école, avec tes amis — plus on est nombreux à comprendre, plus ça change vite.
Quelques mots clés
Régénération : réparer et restaurer la nature, pas juste faire moins de dégâts.
Entreprise régénérative : une entreprise qui s’engage à rembourser sa dette envers la nature, en restaurant plus qu’elle ne détruit.
Limites planétaires : neuf seuils écologiques à ne pas franchir pour que la Terre reste habitable pour nous.
Économie permacirculaire : un modèle où on fabrique moins, mieux, plus durable, et où on partage les objets plutôt que de tout posséder.
RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) : les efforts que font les entreprises pour réduire leur impact négatif — utile, mais pas suffisant selon Fabrice Bonnifet.
Post-croissance : une façon d’organiser l’économie où ce qui compte, c’est le bien-être des gens et la santé de la planète, pas juste la quantité de choses produites.
Dette environnementale : tout ce que les entreprises « doivent » à la nature pour les ressources qu’elles ont utilisées sans les remettre en place.
Les entreprises peuvent-elles réparer la planète ?
Avec Fabrice Bonnifet · GenAct & C3D
La planète s’abîme plus vite qu’elle ne se répare
Les entreprises extraient, fabriquent, vendent, jettent — sans jamais remettre ce qu’elles ont pris à la nature. On appelle ça le modèle linéaire. Résultat : la Terre s’épuise.
Devenir une entreprise régénérative
Une entreprise régénérative ne cherche plus seulement à polluer moins. Elle s’engage à rembourser sa dette envers la nature : restaurer les forêts, les sols, les puits de carbone. Elle fabrique moins, mieux, plus durable — et vend l’usage plutôt que la possession. C’est l’économie permacirculaire.
Pour changer de modèle, deux questions essentielles
Avant de se transformer, chaque entreprise doit se poser deux questions honnêtes.
Est-ce vraiment utile ?
Qu’est-ce qui manquerait à l’humanité si cette entreprise n’existait pas ? Certains produits n’ont aucune utilité sociale réelle.
Peut-on passer au permacirculaire ?
Fabriquer moins mais plus solide, réparer, partager, vendre l’usage plutôt que l’objet. Tous les secteurs peuvent évoluer.
Agir concrètement ✅
- 🔍Pose des questions sur les produits que tu achètes : d’où viennent-ils ? Peuvent-ils être réparés ?
- 🛠️Prends soin des objets que tu as déjà plutôt que d’en acheter de nouveaux.
- 💬En parle autour de toi : en famille, à l’école, avec tes amis — plus on est nombreux à comprendre, plus ça change vite.
Un smartphone de 200 g… c’est des dizaines de tonnes !
Pour fabriquer un smartphone qui tient dans ta main, il faut mobiliser plusieurs dizaines de tonnes de matières premières extraites de la Terre. C’est vrai aussi pour presque tous les objets électroniques.
Pour tout comprendre 📖
« La vraie liberté, demain, ce sera de pouvoir jouir de tout sans forcément tout posséder. »— Fabrice Bonnifet · Président · GenAct & C3D
Simon Icard (avec IA)
POUR ALLER PLUS LOIN
- Voir : le site de l’association GenAct.
- Lire : “L’entreprise contributive – Concilier monde des affaires et limites planétaires” par Fabrice Bonnifet et Céline Puff Ardichvili aux éditions Dunod.
- Écouter aussi, le podcast “Le sens et l’action” proposé par le C3D.
TIMECODES
00:00 Introduction
02:09 Le parcours de Fabrice Bonnifet
04:23 Comprendre les limites planétaires
11:14 De la RSE à la régénération
15:08 Le modèle permacirculaire
20:02 L’association GenAct, du discours à l’action
25:43 Les “GenActeurs”
31:03 Tous les secteurs sont concernés
33:48 Croissance verte: une fausse promesse ?
38:56 Conclusion et ressources
40:33 Fin, merci à Fabrice Bonnifet !




