Parfois, quand on entend parler de canicules, d’incendies ou de la planète qui se réchauffe, ça serre un peu le ventre. Cette inquiétude a même un nom : l’éco-anxiété. Bonne nouvelle : ce n’est pas une maladie, et il existe plein de façons d’en faire quelque chose d’utile.
Pourquoi on en parle ?
L’été 2026 a été très chaud, avec des vagues de chaleur qui reviennent et de grands feux de forêt en Gironde et dans les Landes. Devant ces nouvelles, beaucoup de gens ressentent de la peur, de la tristesse ou de la colère. C’est normal, et même les grandes personnes le vivent : en France, plus de 4 millions d’adultes se disent éco-anxieux.
Quel est le problème ?
Quand on a peur pour la planète, on ne sait pas toujours quoi faire de cette émotion. Certains la gardent pour eux et se sentent seuls. D’autres se sentent coupables, comme si tout reposait sur leurs épaules à eux. Or une émotion qu’on garde enfermée à l’intérieur, ça pèse lourd et ça n’aide pas la planète.
Quelle est la solution ?
Charline Schmerber, qui aide les gens à comprendre leurs émotions, explique une idée toute simple : la peur est un signal, pas un ennemi. Elle donne cette image : si tu vois un lion dans la rue, ta peur te dit « attention, il y a un problème ! » — elle est utile. Pour le climat, c’est pareil : la peur signale que le sujet compte.
Mais elle insiste sur une chose importante : ce n’est pas à chaque personne toute seule de régler le problème. Bien sûr, chacun peut faire des petits gestes. Sauf que les décisions les plus importantes, ce sont d’autres qui les prennent : le gouvernement, le maire de ta ville, les parlementaires (les députés et les sénateurs qui votent les lois), et aussi les grandes entreprises, qui peuvent réduire la pollution et le CO₂ qu’elles rejettent. Charline Schmerber le dit clairement : elle aiderait beaucoup moins de gens inquiets si ces grandes décisions étaient meilleures. La vraie solution, c’est donc les deux à la fois : ce que chacun fait, et ce que le pays et les entreprises décident ensemble.
Qui agit ?
Charline Schmerber est psychopraticienne à Montpellier, c’est-à-dire quelqu’un dont le métier est d’aider les gens à aller mieux en parlant avec eux. En 2019, elle a créé un site internet pour les personnes tristes ou inquiètes à cause de l’état de la planète — et elle a découvert qu’elles étaient très nombreuses. Depuis, elle les accompagne et travaille avec d’autres professionnels.
En pratique
Charline Schmerber raconte une histoire vraie qui s’est passée en Australie, dans une vallée appelée Hunter. Là-bas, on voulait ouvrir une grande mine qui aurait abîmé la nature. Les habitants, tristes et en colère, ne sont pas restés seuls dans leur coin : ils se sont regroupés pour se défendre ensemble. Résultat, ils se sont sentis beaucoup mieux — non pas parce que tout était réglé, mais parce qu’ils agissaient à plusieurs au lieu de rester seuls avec leur inquiétude. C’est ça, le pouvoir du collectif : quand on se met ensemble, on peut demander aux responsables de changer les choses en grand.
Le savais-tu ?
La colère, quand on entend parler de la planète, ce n’est pas forcément une mauvaise chose ! Charline Schmerber explique qu’il y a de l’énergie cachée dans la colère. Si on la garde à l’intérieur, elle nous fatigue. Mais si on décide de s’en servir pour faire quelque chose de bien — participer à un projet, demander aux adultes d’agir — alors cette énergie devient une force.
Ce que tu peux faire
- Si une nouvelle sur le climat te fait peur ou te rend triste, parles-en à un adulte de confiance : un parent, un maître ou une maîtresse. Mettre des mots sur ce qu’on ressent, ça soulage déjà beaucoup.
- Souviens-toi que ce n’est pas à toi tout seul de sauver la planète. Ce sont surtout le gouvernement, le maire, les parlementaires et les grandes entreprises qui doivent prendre les grandes décisions et réduire la pollution — ta part à toi, c’est de faire ce que tu peux, à ta taille.
- Agis avec les autres plutôt que tout seul : à l’école ou près de chez toi, rejoins un projet, un club nature, une action collective. À plusieurs, on peut même demander aux élus de faire mieux pour le climat.
- Transforme ton inquiétude en petits gestes : trier, économiser l’eau, protéger les plantes et les animaux autour de toi. Agir, ça fait du bien.
Et si tes émotions sont trop fortes, que ça t’empêche de dormir ou de penser à autre chose : parles-en à un adulte de confiance ou à ton médecin. Ce n’est pas grave d’avoir besoin d’aide, et on se sent toujours mieux après en avoir parlé.
Quelques mots clés
- Éco-anxiété : l’inquiétude qu’on ressent quand on pense aux problèmes de la planète, comme le réchauffement.
- Émotion : ce qu’on ressent à l’intérieur — la joie, la peur, la colère, la tristesse. Toutes servent à quelque chose.
- Collectif : un groupe de personnes qui agissent ensemble pour un même but.
- Élu : une personne choisie par les habitants pour prendre des décisions pour tous, comme un maire ou un député.
- Parlementaires : les députés et les sénateurs, élus pour discuter et voter les lois qui s’appliquent à tout le pays.
- CO₂ : un gaz qu’on rejette dans l’air, notamment en brûlant du pétrole ou du charbon, et qui réchauffe la planète.
Avoir peur du climat, c’est normal — et tu peux en faire quelque chose
Avec Charline Schmerber · Psychopraticienne
Parfois, quand on entend parler de canicules, d’incendies ou de la planète qui se réchauffe, ça serre un peu le ventre. Cette inquiétude a même un nom : l’éco-anxiété. Bonne nouvelle : ce n’est pas une maladie, et il existe plein de façons d’en faire quelque chose d’utile.
Que faire de cette peur ?
Quand on a peur pour la planète, on ne sait pas toujours quoi faire de cette émotion. Certains la gardent pour eux et se sentent seuls. D’autres se sentent coupables, comme si tout reposait sur leurs épaules. Or une émotion qu’on garde enfermée à l’intérieur, ça pèse lourd et ça n’aide pas la planète.
La peur est un signal, pas un ennemi
Charline Schmerber donne une image : si tu vois un lion dans la rue, ta peur te dit « attention, il y a un problème ! ». Pour le climat, c’est pareil : la peur signale que le sujet compte. Ce qui aide, ce n’est pas de la faire taire, mais d’en parler et de la transformer en action.
Toi… mais pas seulement toi
Ce n’est pas à chaque personne toute seule de régler le problème. Chacun fait sa part, mais les grandes décisions se prennent ensemble.
Chacun de nous
Des petits gestes à ta taille : trier, économiser l’eau, protéger la nature autour de toi.
Les responsables
Le gouvernement, le maire, les parlementaires et les grandes entreprises décident en grand et peuvent réduire le CO₂.
Agir concrètement ✅
- 💬Une nouvelle sur le climat te fait peur ? Parles-en à un adulte de confiance : un parent, un maître ou une maîtresse.
- 🌍Souviens-toi : ce n’est pas à toi tout seul de sauver la planète. Ta part, c’est ce que tu peux faire à ta taille.
- 🤝Agis avec les autres : à l’école ou près de chez toi, rejoins un projet ou un club nature. On est plus fort à plusieurs.
- ♻️Transforme ton inquiétude en gestes : trier, économiser l’eau, protéger les plantes et les animaux.
Et si tes émotions sont trop fortes, parles-en à un adulte de confiance ou à ton médecin. Avoir besoin d’aide, ce n’est pas grave — on se sent toujours mieux après en avoir parlé.
La colère peut devenir une force
Charline Schmerber explique qu’il y a de l’énergie cachée dans la colère. Si on la garde à l’intérieur, elle nous fatigue. Mais si on s’en sert pour faire quelque chose de bien — participer à un projet, demander aux adultes d’agir — alors cette énergie devient une force !
Pour tout comprendre 📖
« les solutions, c’est pas du tout à ne regarder qu’à travers le prisme de l’individuel »— Charline Schmerber · Psychopraticienne · RAFUE
POUR ALLER PLUS LOIN

Lire le livre : Petit guide de (sur)vie pour éco-anxieux, éditions Philippe Rey https://www.librairiesindependantes.com/product/9782848769707/
– Le site de Charline Schmerber : https://www.solastalgie.fr
– Son profil LinkedIn : https://fr.linkedin.com/in/charlineschmerber
– Le RAFUE et son annuaire de professionnels : https://asso-rafue.com
Et aussi: L’étude sur l’éco-anxiété (Observatoire de l’éco-anxiété / ADEME) : https://www.ademe.fr/presse/communique-national/eco-anxiete-quelles-menaces-sur-la-sante-mentale-des-francais/
⏱️ TIMECODES
00:05 — Ouverture : un été 2026 sous les vagues de chaleur
00:26 — Charline Schmerber, son parcours depuis la canicule de 2019
04:32 — L’éco-anxiété n’est pas dans le DSM : de quoi parle-t-on ?
05:48 — Stress pré-traumatique et stress post-traumatique
06:51 — La peur : ce qu’elle signale, comment la travailler
08:07 — L’image du lion : légitimer la peur
09:06 — Quand l’inquiétude bascule : les signaux d’alerte
10:08 — Idées noires : le moment où l’accompagnement passe la main
10:52 — La tristesse et le recul des glaciers
12:46 — Solastalgie : le faux jumeau rétrospectif
13:43 — Photographier, écrire : que faire de la perte d’un lieu
14:46 — La vallée de Hunter : l’engagement contre la solastalgie
17:11 — Le deuil écologique : perdre l’été qu’on a connu
20:01 — La colère contre l’inaction : pourquoi elle est saine
21:26 — Le post du gouvernement du 22 juillet et la colère qu’il soulève
22:10 — Culpabilité : avion, voiture thermique, écogestes
23:33 — La boulangerie : culpabilité toxique ou culpabilité ordinaire
24:02 — De la culpabilité à la responsabilité
25:34 — « Composter » ses émotions : mode d’emploi
27:34 — Des solutions à puiser dans le collectif
28:06 — Pourquoi les solutions ne sont pas qu’individuelles
30:45 — Sommeil, concentration, ruminations : quand consulter
32:37 — Le RAFUE : annuaire et cercles de parole
34:20 — Clôture : où trouver de l’aide, 3114 et numéros




