Tu as peut-être déjà entendu ce mot : harcèlement. Mais sais-tu vraiment ce que c’est, comment ça fonctionne, et surtout ce qu’on peut faire pour que ça s’arrête ? Marie Quartier, spécialiste de ce sujet, a tout expliqué dans le podcast Soluble(s). Ce que tu vas lire, c’est son message — pour toi, pour tes amis, pour tes parents.
Pourquoi on en parle ?
En France, 5 % des écoliers, 6 % des collégiens et 4 % des lycéens sont victimes de harcèlement scolaire. Ça veut dire qu’il y a des chances qu’il y en ait au moins un dans ta classe, ou dans celle d’à côté. Ce n’est pas un phénomène rare. Et pourtant, on en parle depuis seulement une dizaine d’années.
Quel est le problème ?
Le harcèlement scolaire, ce n’est pas juste une dispute ou une chamaillerie. C’est quelque chose qui se répète, encore et encore, contre la même personne. Des moqueries, des insultes, des rejets — souvent invisibles pour les adultes.
Ce qui le rend si puissant, c’est l’effet de groupe. Dans une classe, tout le monde a peur d’être rejeté. Alors certains élèves participent aux brimades, pas parce qu’ils sont méchants, mais parce qu’ils ont peur que ça leur arrive à eux. Même un enfant très gentil peut se retrouver à se moquer d’un camarade pour rester dans le groupe. C’est un piège qui se referme sur tout le monde — y compris sur celui qui harcèle.
Quelle est la solution ?
Il existe une méthode qui fonctionne dans 80 % des cas en 15 jours. Elle s’appelle la méthode de la préoccupation partagée. L’idée, c’est qu’un adulte reçoit chaque élève impliqué — pas pour les accuser, mais pour leur dire : « Je suis inquiet pour ton camarade. J’ai besoin de ton aide. » Sans accusation, les élèves n’ont pas besoin de se défendre. Ils retrouvent leur conscience. Et ça marche.
Qui agit ?
Marie Quartier est professeure et psychopraticienne. Elle a cofondé le Centre ReSIS, qui forme les professionnels de l’éducation à repérer et traiter le harcèlement. Elle a aussi co-créé cette méthode de la préoccupation partagée, aujourd’hui reconnue et utilisée dans les écoles françaises.

En pratique
Le gouvernement français a mis en place le programme pHARE dans toutes les écoles, collèges et lycées. Dans chaque établissement, une équipe d’adultes volontaires est formée pour traiter les situations. Des élèves ambassadeurs sont aussi formés pour repérer ce qui se passe — y compris sur les réseaux sociaux — et alerter les adultes.
Le 3018 est un numéro gratuit, disponible 7 jours sur 7 de 9h à 23h. Tu peux appeler, ou écrire sur e-enfance.org. C’est anonyme. Et les conseillers sont là pour t’écouter sans te juger.
Le savais-tu ?
La méthode de la préoccupation partagée a été inventée en Suède dans les années 1970 par un chercheur qui s’appelait Anatole Pikas. Marie Quartier et Jean-Pierre Bellon l’ont ensuite complètement retravaillée et adaptée au système scolaire français, en ajoutant un soutien pour les familles et des conditions de réussite spécifiques.
Ce que tu peux faire
- Si tu es victime : parle à une personne de confiance. Dis-lui que tu as besoin d’être écouté, pas conseillé. Tu n’y es pour rien.
- Si tu es témoin : un seul élève qui refuse de participer peut faire basculer la dynamique du groupe.
- Appelle le 3018 — numéro gratuit, anonyme, disponible 7j/7 de 9h à 23h. Tu peux aussi écrire sur e-enfance.org.
- Si tu es parent : pose des questions concrètes — « Est-ce qu’il y a quelqu’un qui se moque dans ta classe ? » — plutôt que « Tout va bien ? »
Quelques mots clés
- Harcèlement scolaire — Des comportements répétés (moqueries, insultes, rejet) dirigés contre un même élève, dans un contexte de groupe.
- Effet de groupe — Quand la pression d’un groupe pousse quelqu’un à se comporter autrement que s’il était seul — parfois de façon cruelle, même sans le vouloir vraiment.
- Programme pHARE — Plan national mis en place dans toutes les écoles françaises pour prévenir et traiter le harcèlement, avec des équipes formées et des élèves ambassadeurs.
- Cyberharcèlement — Quand le harcèlement continue sur les réseaux sociaux et les messageries, même en dehors de l’école. Le groupe devient encore plus puissant, et la victime encore plus isolée.
- Sexting / nudes — Des photos ou vidéos intimes partagées sans le consentement de la personne concernée. La victime n’est jamais coupable. Ceux qui partagent, si.
- Méthode de la préoccupation partagée — Une technique où un adulte rencontre chaque élève impliqué séparément, sans accuser, pour demander son aide. Efficace dans 80 % des cas en 15 jours.
Le harcèlement scolaire, c’est quoi exactement ?
Avec Marie Quartier · Centre ReSIS
Tu as peut-être entendu ce mot : harcèlement. Mais sais-tu vraiment comment ça fonctionne — et surtout ce qu’on peut faire pour que ça s’arrête ? Marie Quartier, spécialiste de ce sujet, a tout expliqué dans Soluble(s).
Au moins un élève touché par classe
Le harcèlement scolaire, c’est des comportements répétés — moqueries, insultes, rejet — dirigés contre le même élève. Ce qui le rend si puissant, c’est l’effet de groupe : même un enfant très gentil peut participer aux brimades, par peur d’être le prochain rejeté.
80 % des situations réglées en 15 jours
La méthode de la préoccupation partagée fonctionne dans 80 % des cas en 15 jours. Un adulte reçoit chaque élève impliqué, séparément, sans l’accuser : il lui dit qu’il est inquiet pour son camarade et lui demande son aide. Sans accusation, les élèves n’ont pas besoin de se défendre — ils retrouvent leur conscience. Et ça marche.
Comment reconnaître qu’un enfant souffre ?
Ces changements doivent alerter les adultes et les amis proches :
À l’école
Chute des notes, refus d’aller en classe, désintérêt soudain pour les apprentissages, mal au ventre tous les lundis matin.
À la maison
Changements d’humeur, colères, isolement, troubles du sommeil ou alimentaires, enfant qui se referme sur lui-même.
Agir concrètement ✅
- 🗣️Si tu es victime : parle à une personne de confiance. Dis-lui que tu as besoin d’être écouté, pas conseillé. Tu n’y es pour rien.
- 👀Si tu es témoin : un seul élève qui refuse de participer peut faire basculer la dynamique du groupe.
- 📞Appelle le 3018 — numéro gratuit, anonyme, disponible 7j/7 de 9h à 23h. Tu peux aussi écrire sur e-enfance.org.
- 👪Si tu es parent : pose des questions concrètes — « Est-ce qu’il y a quelqu’un qui se moque dans ta classe ? » — plutôt que « Tout va bien ? »
Une méthode née en Suède dans les années 1970
La méthode de la préoccupation partagée a été inventée par un chercheur suédois, Anatole Pikas. Marie Quartier et Jean-Pierre Bellon l’ont entièrement retravaillée et adaptée au système scolaire français — en ajoutant un soutien pour les familles et des conditions de réussite spécifiques à notre contexte.
Pour tout comprendre 📖
« Vous n’y êtes pour rien. Ça arrive à n’importe qui. C’est comme se prendre les pieds dans le tapis. »
— Marie Quartier · Cofondatrice · Centre ReSIS
POUR ALLER PLUS LOIN :
- Le site web national “Non au harcèlement” (France) www.education.gouv.fr/non-au-harcelement
- Le numéro d’appel gratuit – Le 3018 (appel gratuit et anonyme, accessible 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h) ;
et par chat sur e-enfance.org/besoin-daide/ - Voir le site du Centre ReSIS
- Lire le livre : Harcèlement scolaire : le vaincre c’est possible – La méthode de la préoccupation partagée Ed. ESF (Jean-Pierre Bellon – Bertrand Gardette – Marie Quartier)
TIMESCODES
00:00 Introduction
01:21 Le parcours de Marie Quartier
02:56 Le harcèlement scolaire, un phénomène de groupe
08:56 “Les adultes doivent ouvrir les yeux sur ce que vivent les enfants”
09:56 Un problème d’ampleur
14:54 Le programme pHARE
17:29 La formation des enseignants et personnels de l’éducation nationale
18:30 La méthode de la préoccupation partagée
25:10 Le cyberharcèlement et (30:02) le sexting
33:36 Conseils – Comment réagir face en cas de harcèlement scolaire
42:16 Merci à Marie Quartier !
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




