En vingt ans, l’air autour de Paris est devenu bien plus propre. Ce n’est pas magique — c’est le résultat de lois, de technologies et de choix collectifs. Karine Léger, la directrice d’Airparif, explique ce qui a vraiment marché… et ce qui reste à faire.
Pourquoi on en parle ?
La qualité de l’air, c’est quelque chose qu’on ne voit pas, mais qu’on respire en permanence. En Île-de-France vivent douze millions de personnes. Ce qu’elles respirent chaque jour a des effets directs sur leur santé — leurs poumons, leur cœur, leur cerveau. Airparif est l’association chargée de surveiller et mesurer cet air, en permanence, pour tout le monde.
Quel est le problème ?
L’air contient des polluants invisibles. Les principaux sont le dioxyde d’azote (NO₂), produit surtout par les voitures et les camions, et les particules fines (PM2,5), minuscules poussières émises par les moteurs et les cheminées. Ces polluants peuvent provoquer des maladies graves : problèmes respiratoires, risques d’infarctus, diabète, voire cancer du poumon. La pollution de l’air cause encore 7 900 décès prématurés chaque année en Île-de-France et coûte 28 milliards d’euros à la région.
Quelle est la solution ?
En vingt ans, le dioxyde d’azote (NO₂) a baissé de 50 % et les particules fines (PM2,5) de 60 %. Comment ? Grâce à un enchaînement de mesures : des directives européennes dès 1996 qui ont obligé les usines et les constructeurs automobiles à polluer moins, des normes techniques sur les moteurs (les « normes Euro »), et des actions locales comme les pistes cyclables, les transports en commun, et les restrictions pour les voitures les plus polluantes dans certaines zones.
Le moteur principal identifié par Karine Léger : le renouvellement du parc automobile, c’est-à-dire le fait de remplacer progressivement les vieilles voitures très polluantes par des modèles récents qui polluent beaucoup moins, grâce aux filtres à particules et aux pots catalytiques.
Qui agit ?
Karine Léger est ingénieure en agronomie et environnement. Elle dirige Airparif depuis 2018, après y avoir travaillé dès 2001. Airparif mesure une soixantaine de polluants différents dans toute l’Île-de-France, grâce à des capteurs et à des modèles informatiques qui reconstituent ce qui se passe dans l’atmosphère — un peu comme la météo, mais pour la pollution.
En pratique
Il y a un polluant qui résiste à l’amélioration : l’ozone. Contrairement aux autres, il ne sort pas directement des pots d’échappement. Il se forme dans l’air quand les rayons du soleil « cuisent » d’autres polluants par temps chaud. Plus les étés sont chauds à cause du réchauffement climatique, plus l’ozone se forme — même quand on réduit les émissions. Son impact climatique a augmenté de 35 % en vingt ans.
En 2025, les niveaux ont légèrement remonté (+10 % environ) par rapport à 2024. Cause principale : la météo. 2024 avait été très pluvieuse, ce qui aide à disperser la pollution. 2025, plus sèche, a moins bien « nettoyé » l’air.
Autre sujet concret : en avril, le Parlement français avait voté la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) — mais le 21 mai 2026, le Conseil constitutionnel a censuré cette suppression. Les ZFE, qui interdisent la circulation des voitures les plus polluantes dans certaines villes, restent donc en vigueur. La réglementation va se renforcer à partir de 2030 — et les niveaux actuels montrent qu’un Francilien sur quatre dépasse déjà les futurs seuils.
Le savais-tu ?
La station de mesure sur l’autoroute A1 a enregistré la plus forte hausse de dioxyde d’azote (NO₂) en 2025 juste après les Jeux olympiques de Paris. Pendant les JO, une voie avait été supprimée et la vitesse limitée à 30 km/h — et la pollution avait baissé. Dès le retour à la circulation normale, elle est remontée. Une preuve directe que le trafic change vraiment la qualité de l’air.
Ce que tu peux faire
- Choisir les transports en commun ou le vélo quand c’est possible, plutôt que la voiture.
- Éviter de faire brûler du bois juste pour le plaisir dans une vieille cheminée décorative — cela émet des particules fines (PM2,5) mesurables, dehors comme dedans.
- Adapter ses sorties sportives : courir loin des grands axes, le matin tôt plutôt qu’en pleine heure de pointe (dioxyde d’azote (NO₂) pic matin/soir, ozone l’après-midi).
- Aérer régulièrement son logement — l’air intérieur peut être encore plus pollué que l’air extérieur.
Quelques mots clés
Dioxyde d’azote (NO₂) — Un gaz produit surtout par les moteurs des voitures. En trop grande quantité, il peut provoquer des maladies cardiovasculaires et du diabète.
Particules fines (PM2,5) — De toutes petites poussières, invisibles à l’œil nu, émises par les moteurs et les cheminées. Elles peuvent s’infiltrer profondément dans les poumons.
Ozone — Un gaz qui se forme dans l’air quand d’autres polluants réagissent avec le soleil et la chaleur. Il irrite les voies respiratoires, surtout l’été.
Normes Euro — Des règles européennes qui obligent les constructeurs automobiles à fabriquer des moteurs de moins en moins polluants. Plus le chiffre est élevé, moins le moteur pollue.
ZFE (zone à faibles émissions) — Une zone en ville où les voitures les plus polluantes n’ont pas le droit de circuler, pour améliorer la qualité de l’air là où elle est la plus mauvaise.
Airparif — L’association indépendante qui surveille la qualité de l’air des 12 millions d’habitants d’Île-de-France, avec des capteurs, des modèles et des cartes disponibles gratuitement.
L’air d’Île-de-France s’est vraiment amélioré — et voici pourquoi
Avec Karine Léger · Airparif
En vingt ans, l’air autour de Paris est devenu bien plus propre. Ce n’est pas magique — c’est le résultat de lois, de technologies et de choix collectifs. Karine Léger, directrice d’Airparif, explique ce qui a vraiment marché… et ce qui reste à faire.
Une pollution invisible qui touche tout le monde
Le dioxyde d’azote (NO₂) et les particules fines (PM2,5) peuvent provoquer des maladies graves : problèmes respiratoires, risques d’infarctus, diabète, voire cancer du poumon. En Île-de-France, la pollution de l’air cause encore des milliers de décès prématurés chaque année.
Des politiques publiques qui ont vraiment marché
Le moteur principal : les directives européennes de 1996, qui ont obligé les usines et les constructeurs automobiles à polluer moins. Les normes Euro sur les moteurs, les filtres à particules et les pots catalytiques ont rendu les voitures récentes bien moins polluantes que les anciennes. Renouveler le parc automobile — c’est-à-dire remplacer progressivement les vieux véhicules très polluants par des modèles modernes — est l’un des leviers les plus efficaces identifiés par Karine Léger.
L’ozone et les défis de 2030 ⚠️
L’ozone est le seul polluant qui ne s’améliore pas. Il ne sort pas des pots d’échappement : il se forme dans l’air quand d’autres polluants réagissent avec le soleil et la chaleur. Plus les étés sont chauds, plus il se forme. Son impact climatique a augmenté de 35 % en vingt ans.
L’ozone aime la chaleur
Il se forme par temps ensoleillé et chaud. Avec le réchauffement climatique, les conditions favorables se multiplient chaque été.
2030 : les règles se durcissent
3,2 millions de Franciliens respirent déjà un air qui dépassera les nouvelles valeurs limites européennes applicables en 2030.
Agir concrètement ✅
- 🚲Choisir les transports en commun ou le vélo quand c’est possible, plutôt que la voiture.
- 🔥Éviter de faire brûler du bois juste pour le plaisir dans une vieille cheminée décorative — cela émet des particules fines (PM2,5) mesurables, dehors comme dedans.
- 🏃Adapter ses sorties sportives : courir loin des grands axes, le matin tôt (dioxyde d’azote (NO₂) pic matin/soir, ozone l’après-midi).
- 🪟Aérer régulièrement son logement — l’air intérieur peut être encore plus pollué que l’air extérieur.
L’autoroute A1 comme expérience grandeur nature
Pendant les Jeux olympiques de Paris, une voie de l’autoroute A1 avait été supprimée et la vitesse limitée à 30 km/h. La pollution avait baissé. Dès le retour à la circulation normale en 2025, le dioxyde d’azote (NO₂) est remonté à cet endroit — la plus forte hausse enregistrée en Île-de-France cette année-là. Preuve directe que le trafic change vraiment la qualité de l’air.
Pour tout comprendre 📖
« Pour l’agrément, ça ne fait pas sens. Sur la pollution atmosphérique, ça a vraiment un impact que l’on mesure. »
— Karine Léger · Directrice · Airparif
POUR ALLER PLUS LOIN
- Visiter le site d’Airparif : cartes, prévisions, ressources : https://www.airparif.fr/
- L’application Airparif dans les stores d’applications mobiles : Google play et App Store
- Bilan de la qualité de l’air en Ile-de-France en 2025 (Airparif) : https://www.airparif.fr/etudes/2026/bilan-de-la-qualite-de-lair-en-ile-de-france-en-2025
TIMECODES
00:00 — Introduction : le paradoxe de l’air francilien
02:08 — Karine Léger : parcours et mission d’Airparif
03:54 — Soixante polluants mesurés, dont le plomb qui a disparu
04:48 — Sources en Île-de-France : trafic, chauffage, agriculture
06:35 — Air et climat : les deux faces d’une même médaille
07:29 — L’ozone : le polluant secondaire qui échappe à la tendance
11:25 — Vingt ans d’amélioration : les leviers qui ont fonctionné
13:34 — Normes Euro et renouvellement du parc automobile
16:02 — 2025 : légère marche arrière — météo ou émissions ?
17:05 — Station A1 et effet JO : l’expérience naturelle
19:05 — 1 500 personnes encore hors seuil autour du périphérique
19:49 — Abaissement de vitesse sur le périphérique : impact mesuré
21:51 — Les ZFE
27:25— Gestes individuels : trafic, foyers ouverts, aération
30:11 — Courir en ville : choisir son itinéraire et son horaire
32:04 — Ressources Airparif : appli, cartes, « 5 minutes pour comprendre »
Merci à Karine Léger !
32:51 Fin
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