Tu as déjà entendu parler de la carte Vitale ? Grâce à elle, on peut aller chez le médecin sans payer plein tarif. Boris Tavernier a une idée un peu folle — et pourtant très sérieuse : et si on faisait pareil pour manger bien ?
Pourquoi on en parle ?
En France, presque tout le monde connaît la carte Vitale. Boris Tavernier pose une question toute simple : et si on faisait la même chose pour manger ?
Quel est le problème ?
En France, environ 10 millions de personnes ne choisissent pas vraiment ce qu’elles mangent. Pas parce qu’elles ne le veulent pas — mais parce qu’elles n’ont pas les moyens, ou parce qu’il n’y a pas de bons produits dans leur quartier. De l’autre côté, de nombreux agriculteurs gagnent à peine de quoi vivre.
Quelle est la solution ?
Créer une nouvelle branche de la Sécurité sociale, uniquement pour l’alimentation. Chacun cotiserait selon ses revenus — comme pour la santé. Et en échange, tout le monde disposerait de 150 € par mois pour acheter de la nourriture de qualité. Des caisses locales, gérées par les habitants eux-mêmes, décideraient quels produits et quels commerces sont acceptés.
Qui agit ?
Boris Tavernier est le fondateur de VRAC — Vers un Réseau d’Achat en Commun. Depuis 10 ans, son association installe des épiceries bio à prix abordables dans des quartiers populaires. Aujourd’hui, VRAC est présent dans 90 quartiers en France et en Belgique. Dans ces quartiers, l’adhésion commence à 1 €.

En pratique
L’idée n’est pas juste théorique. À Montpellier, une expérimentation a démarré début 2022. 47 citoyens tirés au sort se réunissent régulièrement pour la faire vivre. Aujourd’hui, 400 personnes reçoivent chaque mois 100 € en monnaie locale pour acheter dans une dizaine de points de distribution. Les cotisations vont de 10 à 150 € selon les moyens de chacun. D’autres villes — Lyon, Nantes, Bordeaux, Paris — préparent leurs propres expérimentations.
Le savais-tu ?
Dans les quartiers populaires, il y a 4 fois plus de diabétiques que la moyenne nationale en France. C’est l’un des chiffres cités par Boris Tavernier pour expliquer pourquoi l’accès à une alimentation de qualité est d’abord une question de santé publique — pas de confort.
Ce que tu peux faire
- Te renseigner sur VRAC (vrac-asso.org) et voir s’il y a une épicerie près de chez toi
- En parler autour de toi : l’idée de Sécurité sociale de l’alimentation, ça s’explique facilement
- Quand tu fais tes courses, penser à acheter local ou en circuit court quand c’est possible — chaque achat soutient un agriculteur
Quelques mots clés
Sécurité sociale : système où tout le monde cotise selon ses revenus, et tout le monde a accès aux mêmes droits.
Cotisation : somme d’argent que chacun verse régulièrement dans une caisse commune, en fonction de ce qu’il gagne.
Précarité alimentaire : situation où on ne peut pas choisir librement ce qu’on mange, faute de moyens ou d’accès à de bons produits.
Circuit court : quand le producteur vend directement au consommateur, sans passer par des intermédiaires.
Démocratie alimentaire : l’idée que les citoyens décident ensemble de comment fonctionne leur système alimentaire.
VRAC : association (Vers un Réseau d’Achat en Commun) qui crée des épiceries bio accessibles dans les quartiers populaires.
Et si bien manger était un droit garanti ?
Avec Boris Tavernier · VRAC
Des millions de gens ne choisissent pas ce qu’ils mangent
En France, environ 10 millions de personnes ne peuvent pas vraiment choisir leur alimentation — faute d’argent ou parce qu’il n’y a pas de bons produits près de chez elles. Et pendant ce temps, beaucoup d’agriculteurs gagnent à peine de quoi vivre.
Une carte vitale… pour l’alimentation 🥕
L’idée : créer une nouvelle branche de la Sécurité sociale, uniquement pour manger. Chacun cotise selon ses revenus. En échange, tout le monde dispose de 150 € par mois pour acheter de la nourriture de qualité. Des caisses locales, gérées par les habitants, décident quels produits et quels commerces sont acceptés.
Deux piliers pour que ça fonctionne
Le projet repose sur deux principes simples, inspirés de la Sécurité sociale qu’on connaît déjà.
L’universalité
Tout le monde y a droit, riches comme pauvres — exactement comme le remboursement chez le médecin.
La démocratie
Ce sont les habitants qui choisissent comment utiliser l’argent, dans des caisses locales gérées ensemble.
Agir concrètement ✅
- 🔍Te renseigner sur VRAC (vrac-asso.org) et voir s’il y a une épicerie près de chez toi
- 💬En parler autour de toi : l’idée de Sécu alimentaire, ça s’explique facilement !
- 🛒Quand tu fais tes courses, préférer les produits locaux ou en circuit court — chaque achat soutient un agriculteur
Le bio, c’est pas que pour les riches !
Une étude montre que quelle que soit la catégorie sociale, le même pourcentage de personnes veut bien se nourrir. C’est l’accès qui manque, pas l’envie. À Montpellier, 400 personnes reçoivent déjà 100 € par mois en monnaie locale pour acheter des produits de qualité.
Pour tout comprendre 📖
« L’alimentation, c’est toujours la variable d’ajustement. Une fois qu’on a payé le loyer et les factures, c’est toujours sur ce qui nous nourrit qu’on va gratter quelques euros. »— Boris Tavernier · Fondateur · VRAC
POUR ALLER PLUS LOIN
Le site du réseau VRAC : https://vrac-asso.org/
TIMECODES
00:00 Introduction
01:04 Le parcours engagé de Boris Tavernier
02:08 “Notre système alimentaire est un tueur en série”
03:33 Un système inspiré de la sécurité sociale
06:28 Des expérimentations locales
10:06 Qui cotise, combien ?
11:23 L’association VRAC, le bio aux pieds des cités
15:08 Merci à Boris Tavernier
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




