À la rentrée 2024, la ville de Petit-Quevilly, en Normandie, a décidé de verser chaque mois jusqu’à 100 euros à certains de ses étudiants. Pas un cadeau : un vrai dispositif officiel, avec des règles, des contreparties — et une idée simple derrière tout ça. Que l’argent ne soit plus une raison d’abandonner ses études.
Pourquoi on en parle ?
En France, les aides sociales comme le RSA ne commencent qu’à 25 ans. Avant ça, les étudiants qui n’ont pas de bourse ou de famille pour les aider doivent se débrouiller seuls. Résultat : beaucoup travaillent à côté de leurs études — parfois trop.
Quel est le problème ?
Faire des études, ça coûte cher. En 2024, une année universitaire coûte en moyenne 3 157 euros pour un étudiant sans bourse, selon le syndicat étudiant FAGE. Loyer, courses, transports, téléphone, mutuelle… les factures s’accumulent vite.
Pour s’en sortir, beaucoup d’étudiants prennent un « petit boulot ». Mais 41 % des étudiants français disent avoir besoin de travailler à côté de leurs études. Et parmi eux, 35 % travaillent plus de 12 heures par semaine. C’est du temps en moins pour réviser, dormir, se concentrer. Les syndicats étudiants considèrent que travailler autant pendant les études est un facteur d’échec académique.
À Petit-Quevilly, une association distribuait de la nourriture aux étudiants dans le besoin tous les quinze jours. Environ 150 étudiants y étaient inscrits. La maire, Charlotte Goujon, a décidé d’agir.
Quelle est la solution ?
La ville a créé le Revenu Minimum Étudiant (RME). Chaque mois pendant 10 mois, les étudiants éligibles reçoivent entre 30 et 100 euros. Le montant est calculé selon ce qu’il reste dans leur budget une fois toutes les dépenses obligatoires payées : loyer, transports, factures d’énergie, mutuelle…
Ce n’est pas énorme, mais ça peut suffire à payer l’abonnement de bus, éviter d’enchaîner les petits boulots, ou simplement souffler un peu.
Qui agit ?
Charlotte Goujon est la maire de Petit-Quevilly, une ville de 23 000 habitants près de Rouen. C’est elle qui a porté et lancé ce dispositif dès la rentrée 2024. Elle est aussi vice-présidente de la métropole Rouen Normandie.

En pratique
Pour toucher le RME, il faut : avoir moins de 25 ans, être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur, habiter à Petit-Quevilly depuis au moins un an, et avoir des ressources limitées (c’est le « reste à vivre » qui compte).
En échange, les étudiants s’engagent à participer à la vie de la commune : accompagner des personnes âgées, aider lors de fêtes locales, intervenir dans les écoles pour parler de leur parcours… Chaque engagement est construit selon les disponibilités et les compétences de l’étudiant.
Le RME peut aussi se cumuler avec une bourse nationale et une bourse communale.
Le savais-tu ?
En France, une quinzaine de communes ont mis en place un revenu minimum pour leurs étudiants. Ce sont presque toutes des petites villes ou des villes moyennes — comme Berre-l’Étang, Chenôve ou Grande-Synthe. Les grandes villes, elles, ont souvent des budgets trop tendus pour se le permettre.

Ce que tu peux faire
- En parler autour de toi : si tu connais un étudiant dans le besoin à Petit-Quevilly, partage cette info.
- Demander à ta commune : tu peux écrire à la mairie de ta ville pour savoir si un dispositif similaire existe ou est prévu.
- Écouter l’épisode pour entendre Charlotte Goujon l’expliquer avec ses propres mots.
Quelques mots clés
Revenu Minimum Étudiant (RME) — Une aide financière mensuelle versée par une ville à ses étudiants en difficulté, sous conditions de ressources.
Reste à vivre — Ce qu’il reste dans ton budget après avoir payé toutes les dépenses obligatoires (loyer, transports, factures…).
Précarité étudiante — Situation d’un étudiant qui manque d’argent pour couvrir ses besoins de base tout en faisant ses études.
RSA — Revenu de Solidarité Active : une aide sociale de l’État, mais réservée aux personnes de plus de 25 ans en France.
FAGE — Fédération des Associations Générales Étudiantes, un syndicat étudiant qui publie chaque année le coût de la vie étudiante.
Engagement citoyen — Participer bénévolement à la vie de sa ville : aider les voisins, s’impliquer dans des événements locaux, etc.
Et si ta ville te donnait de l’argent pour faire tes études ?
Avec Charlotte Goujon · Maire de Petit-Quevilly
À la rentrée 2024, la ville de Petit-Quevilly, en Normandie, a lancé un vrai dispositif officiel pour que l’argent ne soit plus une raison d’abandonner ses études. Une idée simple — et concrète.
Étudier, ça coûte cher 📉
En France, les aides sociales ne commencent qu’à 25 ans. Avant ça, beaucoup d’étudiants doivent travailler à côté de leurs études — parfois tellement que ça met leurs résultats en danger.
Le Revenu Minimum Étudiant 🎓
La ville de Petit-Quevilly verse chaque mois entre 30 et 100 euros aux étudiants qui en ont besoin, pendant 10 mois. Le montant est calculé selon ce qu’il reste dans leur budget une fois toutes les factures payées : c’est le « reste à vivre ». Ce n’est pas énorme, mais ça peut suffire à payer l’abonnement de bus, réduire les petits boulots… et se concentrer sur ses cours.
Pour en bénéficier ✅
Ce revenu n’est pas automatique. Il faut remplir plusieurs critères — et s’engager en retour.
Les critères
Avoir moins de 25 ans, être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur, habiter Petit-Quevilly depuis au moins 1 an, et avoir des ressources limitées.
La contrepartie
Les étudiants s’engagent dans la vie de la commune : accompagner des personnes âgées, aider lors de fêtes locales, intervenir dans les écoles pour parler de leur parcours.
Agir concrètement ✅
- 📢En parler autour de toi — si tu connais un étudiant dans le besoin à Petit-Quevilly, partage cette info.
- ✉️Écrire à ta mairie pour savoir si ta commune a prévu un dispositif similaire — ou si elle pourrait en lancer un.
- 🎧Écouter l’épisode pour entendre Charlotte Goujon expliquer le RME avec ses propres mots.
Une quinzaine de communes en France ont déjà leur RME
Berre-l’Étang, Chenôve, Grande-Synthe… Ce sont presque toutes des petites villes ou des villes moyennes. Les grandes villes ont souvent des budgets trop serrés pour se le permettre. En France, le RSA (l’aide sociale principale) ne peut pas être versé avant 25 ans — ce sont donc les communes qui comblent ce vide, quand elles le peuvent.
Pour tout comprendre 📖
« On s’est dit qu’il fallait qu’on fasse quelque chose pour que la question des moyens, des finances ne soit pas un sujet pour les étudiants qui hésiteraient à poursuivre après le BAC. »— Charlotte Goujon · Maire · Petit-Quevilly
POUR ALLER PLUS LOIN
- La page dédiée sur le site de la ville de Petit-Quevilly
TIMECODES
00:00 Introduction
01:07 Le parcours de Charlotte Goujon
02:45 Pourquoi la ville de Petit-Quevilly lance le Revenu Minimum Étudiant (RME)
05:02 La cherté de la vie étudiante
05:59 Les conditions à respecter & les bénéfices attendus
12:42 Une duplication ailleurs en France ?
14:58 Merci à Charlotte Goujon
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




