Tu te souviens quand les gens rapportaient leurs bouteilles vides chez l’épicier pour récupérer quelques centimes ? Ce geste a presque disparu en France — mais en Nouvelle-Aquitaine, un collectif est en train de le faire revivre. Et ce n’est pas juste une question de nostalgie.
Pourquoi on en parle ?
Jeter une bouteille en verre pour la recycler, ça paraît bien. Mais recycler du verre, ça consomme énorme en énergie : il faut le broyer, le faire fondre à très haute température, le reformer. Et si on pouvait simplement… la laver et la réutiliser ?
Quel est le problème ?
Aujourd’hui, presque tout le verre finit dans le bac de tri. Mais le recyclage du verre est très gourmand en énergie. Avec la crise énergétique, fabriquer une bouteille neuve est devenu de plus en plus cher — une bouteille en verre a augmenté de 40 à 50 % en un an. Les producteurs de vin, de bière, de jus peinent à s’approvisionner. Et pourtant, des millions de bouteilles parfaitement réutilisables partent à la casse chaque jour.
Quelle est la solution ?
Revenir à la consigne : les bouteilles vides sont rapportées chez les commerçants, collectées, triées par taille et couleur, lavées, puis renvoyées aux producteurs pour être reremplies. Simple. Efficace. Le réemploi permet d’économiser jusqu’à 80 % d’énergie par rapport au recyclage, selon des études de l’ADEME.
Qui agit ?
Romain Lirot est coordinateur de La Consigne Bordelaise et cofondateur du collectif Reverredire, qui regroupe trois structures de réemploi du verre en Nouvelle-Aquitaine. Le collectif opère sur quatre départements : la Dordogne, la Gironde, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

En pratique
Reverredire accompagne les producteurs (brasseurs, vignerons, producteurs de jus, apiculteurs…) qui veulent passer à la consigne. Ça implique des étiquettes à colle lavable, des bouteilles un peu plus solides, et une organisation logistique : collecte dans les magasins partenaires, tri, lavage dans des centres à Bordeaux, Bayonne et Bergerac, puis retour chez le producteur. Une bouteille consignée peut être réutilisée entre 5 et 50 fois. Dès la première réutilisation, les bénéfices environnementaux et économiques sont réels.
Le savais-tu ?
Ramener sa bouteille vide chez le commerçant était un geste du quotidien en France jusqu’au début des années 1990. Ce sont les emballages jetables — moins chers à produire à l’époque — qui ont tué la consigne. En Alsace, certaines brasseries l’ont gardée vivante. Partout ailleurs, il faut attendre des initiatives comme Reverredire pour la voir renaître.
Ce que tu peux faire
- Chercher les magasins autour de chez toi qui participent à un système de consigne (épiceries bio, marchés, petits producteurs locaux).
- Préférer les produits consignés quand tu as le choix : bière, jus de fruits, lait en bouteilles consignées existent déjà.
- En parler à ton épicier ou à la cantine de ton école : certains sont prêts à se lancer, il faut juste quelqu’un pour en parler le premier.
Quelques mots clés
- Consigne : système où tu rapportes ta bouteille vide pour qu’elle soit lavée et réutilisée, parfois contre une petite somme.
- Réemploi : utiliser à nouveau un objet sans le transformer — à ne pas confondre avec le recyclage.
- Recyclage : transformer un matériau usagé (le broyer, le faire fondre) pour en fabriquer un nouveau.
- Économie circulaire : façon de produire et consommer où les ressources sont réutilisées le plus longtemps possible, sans gaspillage.
- ADEME : Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie — c’est elle qui publie des études sur l’impact environnemental des produits du quotidien.
- Filière : l’ensemble des étapes et des acteurs qui font fonctionner un système, de la collecte jusqu’au producteur.
Et si ta bouteille de lait pouvait servir 20 fois ?
Avec Romain Lirot · Reverredire / La Consigne Bordelaise
Tu te souviens quand les gens rapportaient leurs bouteilles vides chez l’épicier ? Ce geste a presque disparu en France — mais en Nouvelle-Aquitaine, un collectif est en train de le faire revivre. Et ce n’est pas juste une question de nostalgie.
Recycler le verre, ça consomme énorme 🔥
Presque tout le verre finit dans le bac de tri. Mais le recyclage du verre est très gourmand en énergie : il faut broyer, fondre, reformer. Avec la crise énergétique, les bouteilles neuves coûtent de plus en plus cher — et pourtant, des millions de bouteilles parfaitement réutilisables partent à la casse chaque jour.
Rapporter, laver, réutiliser 🍾
Le collectif Reverredire remet la consigne en place en Nouvelle-Aquitaine. Les bouteilles vides sont rapportées chez les commerçants partenaires, collectées, triées par taille et couleur, lavées, puis renvoyées aux producteurs pour être reremplies. Dès la première réutilisation, les bénéfices environnementaux et économiques sont réels.
Les deux défis de la consigne 🔍
Pour que le système fonctionne, il faut résoudre deux problèmes concrets que rencontrent les producteurs.
Les étiquettes
Certaines étiquettes ne se décollent pas au lavage. Les producteurs doivent utiliser des colles lavables et éviter les vernis ou sérigraphies complexes.
Les formats
Des centaines de formes de bouteilles existent. Pour que la consigne soit viable, il faut réduire le nombre de formats afin de faciliter le tri et le lavage.
Agir concrètement ✅
- 🗺️Chercher les magasins autour de chez toi qui participent à un système de consigne : épiceries bio, marchés, petits producteurs locaux.
- 🍺Préférer les produits consignés quand tu as le choix : bière, jus de fruits, lait en bouteilles consignées existent déjà.
- 💬En parler à ton épicier ou à la cantine de ton école : certains sont prêts à se lancer, il faut juste quelqu’un pour en parler le premier.
Un geste disparu… puis retrouvé
Ramener sa bouteille vide chez le commerçant était un geste du quotidien en France jusqu’au début des années 1990. Ce sont les emballages jetables — moins chers à produire à l’époque — qui ont tué la consigne. En Alsace, certaines brasseries l’ont gardée vivante. Partout ailleurs, il faut attendre des initiatives comme Reverredire pour la voir renaître.
Pour tout comprendre 📖
« La consigne est un levier énorme pour réduire notre dépendance énergétique. »
— Romain Lirot · Coordinateur · La Consigne Bordelaise / Reverredire
TIMECODES :
00:00 Introduction
00:31 Pourquoi relancer la consigne du verre ?
01:24 La crise de l’énergie donne un nouvel avantage à la consigne
03:24 Que faut-il mettre en place pour revenir massivement à cet ancien geste banal
04:37 Le réemploi du verre plus vertueux que le recyclage ?
06:25 L’action concrète du collectif Reverredire auprès des producteurs
Les étapes que passent les bouteilles avant d’être remises en circulation
08:47 Ce qui intéresse les producteurs qui se sont mis à la consigne avec Reverredire
10:17 Quels avantages sur le plan économique pour les entreprises qui s’y mettent ?
12:25 Reverredire souhaite devenir une coopérative
14:58 Quels sont les freins et les oppositions au retour de la consigne exprimées par les producteurs ?
19:35 La durée de vie d’une bouteille consignée
20:56 Hormis, les bouteilles, quels contenants s’adaptent-ils au système de la consigne ?
22:21 Merci à Romain Lirot cofondateur du collectif Reverredire NA
Fin !
Propos recueillis par Simon Icard.
POUR ALLER PLUS LOIN :
- La page Facebook de “La Consigne Bordelaise”
- Le site Internet de Reverredire Nouvelle-Aquitaine




