Tu as déjà vu une vidéo choquante sur TikTok, partagée des milliers de fois, avant de découvrir qu’elle était fausse ? Ça arrive à tout le monde — aux enfants, aux adultes, même aux journalistes. Lise Pressac, journaliste à la télévision et autrice d’un livre pour les 12-15 ans, enseigne une méthode simple pour s’en sortir : vérifier avant de croire, et encore plus avant de partager.
Pourquoi on en parle ?
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes s’informent uniquement sur les réseaux sociaux. Et sur ces réseaux, les fausses informations se propagent très vite — souvent plus vite que les vraies. Une étude de 2026 montre que 81 % des ados ne savent plus à qui faire confiance pour s’informer. Et 55 % trouvent qu’il est de plus en plus difficile de distinguer le vrai du faux.
Quel est le problème ?
Les fausses informations jouent sur nos émotions : colère, peur, indignation. Quand on ressent un sentiment fort, on a envie de partager tout de suite, sans réfléchir. C’est exactement ce que cherchent ceux qui fabriquent de fausses nouvelles.
Il y a aussi un problème avec les intelligences artificielles (IA). En 2026, plus d’un ado sur deux fait confiance aux réponses d’une IA — et 40 % ne les remettent jamais en cause. Pourtant, l’IA peut se tromper, inventer des faits, ou répéter des erreurs.
Quelle est la solution ?
Lise Pressac résume sa méthode en un seul mot : source. Avant de croire une information, il faut trouver plusieurs sources qui disent la même chose. Et avant de la partager, il faut prendre un tout petit temps — parfois juste deux ou trois secondes — pour vérifier.
Elle enseigne aussi dix indices simples que tout le monde peut utiliser : vérifier qui parle, regarder la date, lire les commentaires, croiser les sources, ou encore chercher si une image a déjà été utilisée ailleurs (c’est ce qu’on appelle la recherche d’image inversée).
Qui agit ?
Lise Pressac est journaliste à Télématin sur France 2. Elle intervient dans des collèges pour apprendre aux élèves à vérifier les informations. Elle a co-écrit le livre Stop aux fake news avec Lina Fourneau, publié aux éditions Magenta, destiné aux 12-15 ans. Elle travaille aussi avec des associations comme Transonore, qui envoie des journalistes dans des collèges en Seine-Saint-Denis pendant plusieurs mois, et Lumières sur l’info, qui va à la rencontre des gens dans la rue, sur les ports ou les plages, pour leur parler d’information.
En pratique
En atelier, Lise Pressac pose cette question à ses élèves : « Si je vous dis qu’il y a un incendie en face de votre collège, comment vous vérifiez ?» Les réponses sont simples : appeler les pompiers, demander à la directrice, chercher sur internet, lire les commentaires. On peut tous vérifier une information, pas seulement les journalistes.
Pour les images et les vidéos, elle conseille de scruter les détails bizarres : un personnage avec six doigts, des expressions de visage étranges, une voix qui sonne faux. Ce sont souvent des indices qu’une IA a fabriqué le contenu.
Le savais-tu ?
Pendant les incendies de Los Angeles, une image générée par IA montrait le panneau « HOLLYWOOD » en feu. Fausse ! Le vrai panneau a deux L. L’image IA en avait trois — un détail qui trahissait le faux. Et une caméra filmait les vraies lettres en direct — n’importe qui pouvait vérifier en quelques clics.
Ce que tu peux faire
- Avant de partager une info, prends deux secondes pour te demander : est-ce que je connais vraiment la source ?
- Si tu vois une image choquante, cherche si elle a déjà été publiée ailleurs avec Google Reverse Image.
- Méfie-toi de tes émotions : si une info te met très en colère ou te rend très triste, c’est le moment de vérifier — pas de partager.
- Croiser les sources : une seule source ne suffit pas, même si c’est une IA.
Méthode — Vérifier l’info
Les 10 indices pour vérifier une information
La méthode transmise en atelier par Lise Pressac.
-
1
Se méfier des titres racoleurs ou qui donnent un avis.
-
2
Vérifier qui parle (média, expert, anonyme ?).
-
3
Lire les commentaires — des internautes ont parfois déjà enquêté.
-
4
Regarder la date de publication.
-
5
Questionner le sérieux de la publication (ironie, humour ?).
-
6
Se demander si l’information est biaisée.
-
7
Croiser les sources.
-
8
Interroger les experts sur le sujet.
-
9
Vérifier les images avec Google Reverse Image.
-
10
Signaler les contenus suspects.
On peut tous être acteur de cette information. — Lise Pressac
Source : extrait de Stop aux fake news, Lise Pressac & Lina Fourneau, éd. Magenta, 2026. csoluble.media — Soluble(s), le podcast de journalisme de solutions.
Quelques mots clés
Source — Un journal, un site, une personne qui fournit une information. Avant de croire quelque chose, il faut plusieurs sources qui disent la même chose.
Désinformation — La diffusion volontaire de fausses informations pour tromper les gens ou provoquer des émotions.
Deepfake — Une vidéo ou une image fabriquée par une intelligence artificielle pour faire croire que quelqu’un a dit ou fait quelque chose de faux.
EMI — Éducation aux Médias et à l’Information. C’est ce qu’on apprend à l’école pour savoir mieux s’informer et vérifier les sources.
Théorie de Brandolini — Une idée qui dit qu’il est beaucoup plus facile de créer une fausse information que de la démentir. C’est pour ça que le faux se propage si vite.
IA générative — Un programme informatique capable de fabriquer des textes, des images ou des vidéos qui semblent vrais, mais qui peuvent contenir des erreurs ou des inventions.
Comment savoir si une info est vraie ?
Avec Lise Pressac · France 2 · Stop aux fake news
Le faux voyage plus vite que le vrai
Les fausses informations jouent sur nos émotions — colère, peur, indignation. Quand on ressent quelque chose de fort, on partage sans réfléchir. Et sur les réseaux, le faux se propage beaucoup plus vite que le vrai. En 2026, 81 % des ados ne savent plus à qui faire confiance pour s’informer.
Un seul mot : source 🔎
Lise Pressac enseigne une méthode simple : avant de croire ou de partager une information, cherche plusieurs sources qui disent la même chose. Elle apprend aussi dix indices concrets : vérifier qui parle, regarder la date, lire les commentaires, croiser les sources, et chercher si une image a déjà été utilisée ailleurs grâce à la recherche d’image inversée.
Se méfier… surtout de soi-même !
Les fausses infos ne trompent pas que les autres. Tout le monde peut y croire si on ne fait pas attention à ses propres émotions.
L’émotion d’abord
Quand une info te met très en colère ou t’étonne beaucoup, c’est le moment de vérifier — pas de partager.
Prendre deux secondes
Vérifier une info, c’est souvent juste « entre deux secondes et quinze secondes supplémentaires ».
Agir concrètement ✅
- 🔍Avant de partager, cherche une deuxième source qui confirme l’information.
- 🖼️Si une image te choque, utilise Google Reverse Image pour vérifier si elle a déjà été publiée ailleurs.
- 💬Lis les commentaires : d’autres internautes ont peut-être déjà signalé qu’une info est fausse.
HOLLYWOOD a trois L — et une webcam !
Pendant les incendies de Los Angeles, une image circulait montrant le panneau « HOLLYWOOD » en feu. Fausse ! Il suffisait de regarder deux secondes : sur la colline, le vrai panneau HOLLYWOOD a deux L. L’image générée par IA en avait trois — un détail qui trahissait le faux. Et une caméra filmait les vraies lettres en direct — n’importe qui pouvait vérifier en quelques clics.
Pour tout comprendre 📖
« La première personne dont il faut se méfier, c’est nous. »— Lise Pressac · Journaliste · Co-autrice · Stop aux fake news, éd. Magenta
Écoutez.
Simon Icard (rédigé avec IA)
POUR ALLER PLUS LOIN
Lire : “Stop aux fake news” par Lina Fourneau et Lise Pressac (Editions Magenta), 19 € https://magenta-editions.fr/sans-tabou/521-stop-aux-fake-news.html
Éducation aux médias et à l’information : les associations évoquées
- Transonore : https://transonore.fr/nos-ateliers/
- Lumières sur l’info : https://lumieres.info/
Et aussi le site officiel du CLEMI – Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information
TIMESCODES
00:00 — Introduction et présentation de Lise Pressac
02:00 — D’où vient la conviction de l’éducation aux médias
04:30 — Une question de citoyenneté, fait vs opinion
05:08 — L’EMI dans les programmes : ce qui marche vraiment
05:54 — HugoDécrypte connu de 90 % d’une classe
08:30 — Le cerveau pas constitué jusqu’à 30 ans, émotions vs raison
12:00 — Hugo Travers, ChatGPT et l’IA pour s’informer
14:14 — L’IA confidente des élèves : témoignages d’atelier
16:53 — Deepfakes : Thomas Huchon, les détails à scruter
17:30 — La voix, ce qui inquiète vraiment
21:31 — La méthode de l’incendie en face du collège
22:32 — L’exemple Hollywood : trois L et une webcam
26:16 — Théorie de Brandolini : l’asymétrie production / démenti
27:30 — Boucles WhatsApp et émotions
29:10 — Transonore : résidences longues dans les collèges du 93
31:48 — Un métier tout à fait ordinaire
32:08 — Lumières sur l’info : aller-vers les publics éloignés
32:19 — Marseille, le port, le sympathisant du professeur Raoult
33:32 — Une journée par an consacrée à l’éducation aux médias
33:45 — Boulogne-sur-Mer, l’autre France à 1h30 de TER
34:46 — Conclusion




