Dans certains villages de France, il n’y a plus de médecin depuis des années. Pas de cabinet, pas de rendez-vous possible à proximité. Le docteur Martial Jardel a eu une idée simple et maligne pour changer ça : au lieu de chercher un médecin qui s’installe pour toujours, en faire venir plein, chacun juste une semaine.
Pourquoi on en parle ?
En France, des millions de personnes vivent dans des déserts médicaux — des zones où il n’y a pas assez de médecins. Dans certains villages, quand le médecin part à la retraite, personne ne vient le remplacer. Les habitants doivent parfois faire des dizaines de kilomètres pour consulter.
Quel est le problème ?
Les jeunes médecins hésitent à s’installer dans les campagnes isolées. Pourquoi ? Parce que c’est un engagement énorme. S’installer dans un village, c’est s’y engager pour toute sa vie professionnelle — et souvent, trouver un successeur est quasi impossible. Beaucoup préfèrent ne pas prendre ce risque.
Quelle est la solution ?
Le collectif Médecins Solidaires a inversé la logique : au lieu de demander beaucoup à un seul médecin, on demande peu à beaucoup de médecins. Chaque médecin s’engage juste une semaine par an. L’association organise le planning pour que le cabinet soit ouvert toute l’année, en permanence. Les médecins sont logés sur place et font un petit effort sur leurs honoraires.
Qui agit ?
Martial Jardel, médecin généraliste de 32 ans, a d’abord sillonné la France en camping-car pendant 5 mois pour remplacer des médecins dans dix départements ruraux. Ce Tour de France des déserts médicaux lui a donné l’idée. Il a ensuite cofondé le collectif Médecins Solidaires.

En pratique
Depuis octobre 2022, une première expérimentation tourne dans le village d’Ajain, dans la Creuse — 1 100 habitants qui n’avaient plus de médecin depuis deux ans et demi. Ça fonctionne : les patients sont contents, les dossiers médicaux sont bien tenus, et avoir l’avis de plusieurs médecins peut même être rassurant. Un deuxième centre a ouvert à Bellegarde-en-Marche, avec deux médecins, une infirmière et une assistante médicale.
Le savais-tu ?
À la première réunion publique organisée à Ajain pour présenter le projet, 100 personnes se sont déplacées. À la deuxième, elles étaient 200 — soit presque un habitant sur cinq du village.
Ce que tu peux faire
- Parler de ce projet autour de toi — plus il est connu, plus des médecins peuvent rejoindre le collectif.
- Si tu connais un médecin, lui transmettre le nom du site medecins-solidaires.fr — une semaine par an, c’est accessible pour beaucoup.
- Suivre l’aventure du collectif pour voir comment il grandit en dehors de la Creuse.
Quelques mots clés
Désert médical — une zone où il n’y a pas assez de médecins pour soigner toute la population qui y vit.
Temps médical partagé — le principe de répartir le temps de travail entre plusieurs médecins au lieu de tout faire reposer sur un seul.
Médecin généraliste — le médecin de proximité qui soigne les maladies courantes et oriente vers les spécialistes si besoin.
Association loi 1901 — une organisation à but non lucratif, c’est-à-dire que personne ne gagne d’argent dessus.
Pathologie chronique — une maladie qui dure longtemps (comme le diabète ou l’asthme) et qui nécessite un suivi régulier.
Téléconsultation — une consultation médicale par écran, à distance. Pratique parfois, mais pas toujours suffisante.
Quand les médecins se relaient pour soigner les villages oubliés
Avec Martial Jardel · Médecins Solidaires
Dans certains villages, il n’y a plus de médecin depuis des années. Le docteur Martial Jardel a trouvé une idée maligne : au lieu de chercher un médecin qui s’installe pour toujours, en faire venir plein — chacun juste une semaine par an.
Des villages sans médecin depuis des années
Quand un médecin part à la retraite dans un village isolé, personne ne vient souvent le remplacer. Les jeunes médecins ont peur de s’engager pour toute une vie dans un endroit où ils ne pourront jamais partir — car sans successeur, ils se sentent prisonniers de leur cabinet.
Une semaine par an, chacun son tour 🔄
Le collectif Médecins Solidaires organise des rotations : chaque médecin s’engage à venir exercer une semaine par an dans un village sans médecin. L’association gère le planning, loge les médecins sur place et s’assure que le cabinet est ouvert en permanence. Personne n’est indispensable — et c’est justement ça qui rend le projet possible.
Tous les médecins peuvent s’engager 👩⚕️
Le collectif accueille des profils très différents, car une semaine par an c’est accessible pour beaucoup de médecins.
Médecins retraités
Ils continuent à exercer la médecine qu’ils aiment, sans la charge administrative d’un cabinet.
Jeunes diplômés
Ils découvrent des territoires et exercent dans une structure clé en main, sans s’engager pour toujours.
Agir concrètement ✅
- 📢Parler de ce projet autour de toi — plus il est connu, plus des médecins peuvent rejoindre le collectif.
- 🩺Si tu connais un médecin, lui parler des Médecins Solidaires — une semaine par an, c’est accessible pour beaucoup.
- 🌍Suivre l’aventure du collectif pour voir comment il s’étend au-delà de la Creuse, dans toute la France.
200 habitants à une réunion publique !
Quand le collectif Médecins Solidaires a organisé sa première réunion publique à Ajain pour expliquer le projet, 100 personnes sont venues. À la deuxième réunion, elles étaient 200 — dans un village de seulement 1 100 habitants. Soit presque un habitant sur cinq qui s’est déplacé pour comprendre comment retrouver un médecin.
Pour tout comprendre 📖
« Si on ne peut pas demander beaucoup à peu de médecins, demandons un peu de temps à beaucoup de médecins ! »
— Martial Jardel · Cofondateur · Médecins Solidaires
POUR ALLER PLUS LOIN
- Le site du collectif Médecins Solidaires : medecins-solidaires.fr
TIMECODES
00:00 Introduction
00:37 Le parcours du docteur Martial Jardel
01:05 Un Tour de France des déserts médicaux inspirant
02:39 Le concept du temps médical partagé
04:39 Les médecins s’engagent une semaine par an
07:17 A Ajain, dans la Creuse, une première expérimentation
10:30 Quelle adhésion des patients à ce type d’offre ?
13:07 Les médecins font un effort sur leur rémunération et sont logés pour cette démarche solidaire
14:30 Un appel au recrutement pour se développer dans de nouveaux territoires en manque de médecins
Un nouveau cabinet dans la Creuse à Belgrade en Marche avec deux médecins et une infirmière et assistante médicale
16:20 Merci à Martial Jardel !
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.




