Imagine devoir te déshabiller à chaque traitement parce que tes vêtements ne sont pas adaptés. Hélène a vécu ça. Alors elle a inventé des habits beaux et pratiques pour les patients en chimiothérapie.
Pourquoi on en parle ?
Chaque année en France, environ 350 000 personnes reçoivent une chimiothérapie pour soigner un cancer. C’est un traitement qui s’injecte souvent dans une zone du thorax, juste sous la clavicule. Le problème : presque aucun vêtement du quotidien ne permet d’y accéder facilement. Résultat, les patients doivent se déshabiller à chaque séance.
Quel est le problème ?
La chimiothérapie, ce n’est pas juste un rendez-vous médical. C’est souvent des heures dans une salle de soins, avec d’autres patients, à avoir froid, la peau sensible, le ventre ballonné. Se retrouver à devoir enlever son pull ou tirer sur ses vêtements pour qu’une infirmière puisse faire son travail, ça ajoute de l’inconfort à quelque chose qui est déjà très éprouvant. Et ça touche aussi la dignité — le sentiment d’être bien dans sa peau, même malade.
Quelle est la solution ?
Des vêtements pensés spécialement pour les soins, mais qui ont l’air normaux — beaux, même. La marque Qi-Bô (ça se prononce comme « espoir » en japonais) propose par exemple un pull avec une ouverture rabattable sur le côté. L’infirmière peut accéder à la zone de soin sans que le patient ait besoin de se déshabiller. Le pull est asymétrique — donc stylé. Les matières sont douces, chaudes, confortables. Et les couleurs sont vives, joyeuses.

Qui agit ?
Hélène Nal-Martin est infirmière libérale depuis 22 ans. En 2019, elle a elle-même eu un cancer du sein. C’est là qu’elle a rencontré Michiko, une amie patiente passionnée de couture. Ensemble, elles ont dessiné un premier patron. Hélène a ensuite cofondé Qi-Bô à Grenoble pour transformer cette idée en vraie marque.

En pratique
Les vêtements sont fabriqués en Europe : la maille principale vient du Portugal, et un tissu intérieur imprimé est fabriqué à Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône. On peut les commander sur le site de la marque. Qi-Bô est aussi présente dans des colloques médicaux et dans des magazines spécialisés dans l’accompagnement des patients atteints de cancer.
Certains t-shirts portent des messages forts : « You are perfect », « Fuck cancer », « Cancer ascendant Bad Ass ». Ils permettent aux patients d’exprimer ce qu’ils vivent — et à leurs proches de leur dire, sans avoir à chercher les mots.
Le savais-tu ?
En japonais, « kibō » signifie « espoir ». Hélène a transformé ce mot en « Qi-Bô » en ajoutant le « Qi », qui représente l’énergie vitale dans la culture asiatique. Le nom de la marque est lui-même un message.
Ce que tu peux faire
- Parler de Qi-Bô autour de toi si tu connais quelqu’un qui suit ou va suivre une chimiothérapie.
- Offrir un vêtement Qi-Bô à un proche malade — c’est l’action concrète suggérée par Hélène elle-même.
- S’intéresser aux soins de support : tout ce qui aide les patients à vivre mieux pendant les traitements, au-delà des médicaments.
- Soutenir les marques inclusives qui pensent aux besoins des personnes malades, handicapées ou fragiles.
Quelques mots clés
Chimiothérapie : traitement médical contre le cancer qui utilise des médicaments injectés dans le corps pour détruire les cellules cancéreuses.
Chambre implantable : petit boîtier placé sous la peau, près de la clavicule, qui permet d’injecter les traitements sans piquer une veine à chaque fois.
Cancer métastatique : cancer qui s’est propagé à d’autres parties du corps. Il ne guérit pas, mais peut être contrôlé par des traitements à long terme.
Soin de support : tout ce qui aide un patient à mieux vivre pendant sa maladie — pas le traitement médical lui-même, mais ce qui l’entoure : psychologie, nutrition, confort, etc.
Crowdfunding : financement participatif. Des gens donnent de l’argent en ligne pour aider un projet à se lancer, souvent en échange d’une récompense.
Modélisme : technique qui consiste à créer des patrons — les « plans » d’un vêtement — avant de le coudre.
Des vêtements pour aller en chimio… avec le sourire
Avec Hélène Nal-Martin · Qi-Bô
Imagine devoir te déshabiller à chaque traitement parce que tes vêtements ne sont pas adaptés. Hélène a vécu ça. Alors elle a inventé des habits beaux et pratiques pour les patients en chimiothérapie.
Se soigner sans se dévêtir, c’est compliqué 😔
La chimiothérapie s’injecte souvent via un petit boîtier placé sous la peau, près de la clavicule. Pour y accéder, l’infirmière doit découvrir toute cette zone. Résultat : les patients doivent retirer ou tirer sur leurs vêtements à chaque séance. Et ça, en plus du froid, de la peau sensible et du manque d’intimité, c’est dur à vivre.
Qi-Bô : beaux dehors, malins dedans ✨
La marque grenobloise Qi-Bô crée des vêtements qui ont l’air normaux — colorés, stylés — mais qui cachent une ouverture rabattable pour accéder à la zone de soin sans se déshabiller. Les matières sont douces, chaudes et légères, pensées pour les peaux sensibles. Et sur certains t-shirts, il y a des messages forts : « You are perfect », « Fuck cancer »… Parce que se sentir bien dans sa peau, ça fait aussi partie du soin.
Le pull MICHI, expliqué 👕
Le premier produit de Qi-Bô, c’est un pull pensé avec une patiente, Michiko. Voici ses deux grandes astuces :
Asymétrique
Une ouverture d’un seul côté — là où se trouve la chambre implantable. Ça garde un vrai style, sans avoir l’air d’un vêtement médical.
Matière douce
Une maille grattée en coton et polyester, fabriquée au Portugal. Ultra-douce pour les peaux irritées par les traitements.
Agir concrètement ✅
- 🎁Offrir un vêtement Qi-Bô à un proche qui suit une chimiothérapie — c’est le geste suggéré par Hélène elle-même.
- 💬Parler de cette marque autour de toi si tu connais quelqu’un concerné par le cancer.
- 🌍S’intéresser aux « soins de support » — tout ce qui aide les patients à vivre mieux pendant les traitements.
Qi-Bô veut dire « espoir » en japonais ✨
En japonais, « kibō » signifie « espoir ». Hélène a transformé ce mot en « Qi-Bô » en ajoutant le « Qi » — l’énergie vitale dans la culture asiatique. Le nom de la marque est lui-même un message d’encouragement, porté sur chaque vêtement.
Pour tout comprendre 📖
« On avait envie d’aller en traitement, mais avec des vêtements très sympas, qu’on nous dise : « Oh la la, tu es bien habillée aujourd’hui ! » »— Hélène Nal-Martin · Co-fondatrice · Qi-Bô
POUR ALLER PLUS LOIN
- Voir le site de la marque Qi-Bô.
- Le lien vers le site de la campagne de financement participatif pour homme sur Ulule.
Lire aussi:
- Sur Marcelle : Les vêtements Qi-Bô, adaptés aux chimios
- Le magazine RoseUp également cité dans l’émission.
TIMECODES
00:00 Introduction
01:24 Hélène est infirmière libérale
01:44 La chimiothérapie est administrée par injection (le plus souvent)
03:41 L’histoire d’Hélène Nal-Martin et de sa rencontre avec Michiko
05:56 Les obstacles à lever grâce aux vêtements adaptés
10:42 L’accueil réservé par le monde médical à Qi-Bô
14:00 Revêtir l’espoir : des messages et de la couleur
17:24 Des projets pour les hommes et les enfants & un financement participatif
20:33 La fabrication en France et au Portugal
21:26 Les canaux de distribution de Qi-Bô
22:25 En japonais, KiBo = Espoir
Merci à Hélène Nal-Martin !
Fin
Propos recueillis par Simon Icard.
Crédit photos : Antoine Lapras




