Des petits mots dans des boîtes aux lettres. Une idée toute simple, mais qui change des vies. Laurent Boyet, capitaine de police, a créé quelque chose d’unique pour aider des enfants qui traversent des moments très difficiles — et qui n’arrivent pas à en parler.
Pourquoi on en parle ?
Chaque année en France, des centaines de milliers d’enfants subissent des violences. Harcèlement à l’école, coups, abus dans la famille… Beaucoup souffrent en silence parce que personne ne le sait. Laurent Boyet a inventé un moyen pour que des enfants puissent enfin alerter, en toute sécurité.
Quel est le problème ?
Quand un enfant subit une violence, parler à voix haute est souvent impossible. Les agresseurs font souvent peur à leurs victimes pour qu’elles se taisent. Et même sans ça, s’entendre dire ce qu’on subit, c’est très dur. Résultat : des enfants restent seuls avec leur souffrance, parfois pendant des années.
Composer le 119 (le numéro pour des enfants en danger) demande un téléphone — et la plupart des enfants jusqu’en CM2 n’en ont pas. Emprunter celui d’un adulte de confiance, c’est possible, mais cet adulte va forcément demander pourquoi — et parfois, selon la situation, ça peut compliquer les choses.
Quelle est la solution ?
L’écriture. Glisser un petit mot dans une boîte aux lettres, c’est discret, c’est accessible, et ça permet de sortir la violence de soi — de la poser sur le papier plutôt que de la garder enfermée à l’intérieur.

C’est exactement ce que font les boîtes aux lettres Papillons : des boîtes blanches décorées de papillons verts et bleus, installées dans des écoles, des clubs de sport, des structures périscolaires. À côté, un distributeur propose des petites fiches avec des cases à remplir (nom, prénom, classe). L’enfant écrit, glisse son mot, et l’association prend le relais.
Qui agit ?
Laurent Boyet est capitaine de police. Lui-même victime de violences dans son enfance, il a mis plus de trente ans avant d’oser en parler. En 2018, il fonde l’association Les Papillons avec une promesse : que des enfants d’aujourd’hui ne traversent pas les mêmes déserts de honte et de solitude que lui. Sa devise : « Si tu ne peux pas le dire, écris-le. »

En pratique
Quand un enfant glisse un mot dans une boîte Papillons, voilà ce qui se passe :
Une personne de confiance — souvent un policier municipal, jamais quelqu’un de l’école — relève les messages deux fois par semaine. Le message est immédiatement crypté et envoyé au siège de l’association. Des psychologues l’analysent et décident quoi faire selon la gravité : contacter les services sociaux, alerter le procureur de la République, ou contacter la famille si ce n’est pas elle qui est en cause.
L’association s’est aussi dotée d’un lieu physique : la Maison Papillons, ouverte en 2024 près de Perpignan. Psychologues, thérapeutes, avocats — tout est là pour accompagner des enfants et leurs familles sur le long terme.

Le savais-tu ?
En juin 2022, une fillette de 10 ans prénommée Lily a glissé un mot dans une boîte Papillons pour dénoncer les violences de son grand-père. Le procureur a reçu le message un vendredi. Le mercredi suivant, le grand-père était arrêté. Il a été condamné à douze ans de réclusion criminelle. Quand la parole de l’enfant arrive directement à la justice, sans que personne ne la traduise ou l’édulcore, les choses peuvent aller très vite.
Ce que tu peux faire
- Si tu souffres ou tu connais quelqu’un qui souffre, tu peux appeler le 119 (enfants en danger, gratuit, 24h/24) ou le 3018 (harcèlement).
- Parle-en à un adulte de confiance — un prof, une infirmière scolaire, un parent. Même si c’est difficile, tu mérites qu’on t’écoute et qu’on te dise « je te crois ».
- Si ton école n’a pas encore de boîte Papillons, tes parents peuvent en parler à la mairie — c’est eux qui peuvent contacter l’association.
- Retiens ce numéro : 119. Même si tu n’as pas de téléphone maintenant, garde-le en tête.
Quelques mots clés
Harcèlement scolaire — Quand un élève est régulièrement moqué, insulté ou maltraité par d’autres élèves. Ce n’est pas anodin : ça fait vraiment mal.
Signalement — Action d’alerter les autorités (police, services sociaux, justice) qu’un enfant est en danger.
Procureur de la République — Le magistrat chargé de décider si une affaire doit aller au tribunal. C’est lui qui peut lancer une enquête policière.
EMDR — Une thérapie qui aide à surmonter des souvenirs traumatisants, souvent utilisée avec des victimes de violence.
Emprise — L’influence très forte qu’un agresseur exerce sur sa victime pour la contrôler et la faire taire.
CIIVISE — Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants. Elle a travaillé à mieux comprendre et combattre ces violences en France.
Et si tu pouvais écrire ce que tu n’oses pas dire ?
Avec Laurent Boyet · Association Les Papillons
Des petits mots dans des boîtes aux lettres. Une idée toute simple, mais qui change des vies. Laurent Boyet a créé quelque chose d’unique pour aider des enfants qui traversent des moments très difficiles — et qui n’arrivent pas à en parler.
Des centaines de milliers d’enfants souffrent en silence
Chaque année en France, des enfants subissent des violences. Harcèlement à l’école, coups, abus dans la famille… Beaucoup n’en parlent jamais. Parler à voix haute est souvent impossible : les agresseurs font peur à leurs victimes pour qu’elles se taisent. Et même sans ça, s’entendre dire ce qu’on subit, c’est très dur.
Écrire ce qu’on ne peut pas dire 🦋
Les boîtes aux lettres Papillons sont des boîtes blanches décorées de papillons verts et bleus, installées dans des écoles, des clubs de sport, des structures périscolaires. À côté, un distributeur propose des petites fiches avec des cases à remplir (nom, prénom, classe). L’enfant écrit, glisse son mot, et l’association prend le relais — en toute confidentialité.
L’idée vient de Laurent Boyet, capitaine de police, lui-même victime de violences dans son enfance. Sa devise : « Si tu ne peux pas le dire, écris-le. »
Du mot glissé à la prise en charge 📬
Chaque mot déposé dans une boîte Papillons déclenche un processus bien rodé, totalement séparé de l’école.
Le dépôt
Un policier municipal (jamais quelqu’un de l’école) relève les messages deux fois par semaine. Le mot est immédiatement crypté et envoyé au siège de l’association.
L’analyse
Des psychologues analysent chaque mot. Selon la gravité, elles contactent les services sociaux ou alertent directement le procureur de la République — sans passer par la famille si elle est en cause.
Agir concrètement ✅
- 📞Si tu souffres ou tu connais quelqu’un qui souffre, appelle le 119 (enfants en danger, gratuit, 24h/24) ou le 3018 (harcèlement).
- 🤝Parle-en à un adulte de confiance — un prof, une infirmière scolaire, un parent. Tu mérites qu’on t’écoute et qu’on te dise « je te crois ».
- 🏫Si ton école n’a pas encore de boîte Papillons, tes parents peuvent en parler à la mairie pour contacter l’association.
Un mot, une arrestation en 5 jours
En juin 2022, Lily, 10 ans, a glissé un mot dans une boîte Papillons pour dénoncer les violences de son grand-père. Le procureur a reçu le message un vendredi. Le mercredi suivant, le grand-père était arrêté. Il a ensuite été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Quand la parole d’un enfant arrive directement à la justice, les choses peuvent aller très vite.
Pour tout comprendre 📖
« Si tu ne peux pas le dire, écris-le. »
— Laurent Boyet · Capitaine de police · Association Les Papillons
Simon Icard (rédigé avec IA)
POUR ALLER PLUS LOIN
Voir le site Internet de l’association Les Papillons
Suivre l’association sur Instagram
Numéros à connaître (France) :
– Le numéro d’appel 119 pour les enfants et ados en danger : ouvert 24 h sur 24, 7 jours sur 7 pour les enfants, adolescents et jeunes majeurs (moins de 21 ans) victimes de violences psychologiques, physiques, sexuelles ou en situation de danger.Ce numéro s’adresse également aux proches susceptibles de signaler une violence commise sur un enfant.
ET
www.allo119.gouv.fr
– Le 3018 est le numéro national contre toutes les formes de harcèlement, y compris cyberharcèlement, concernant les jeunes, enfants et adolescents. Gratuit, anonyme et confidentiel, il est ouvert aux élèves, parents et professionnels 7 jours sur 7, de 9 heures à 23 heures, pour tout renseignement ou signalement.et par chat sur e-enfance.org/besoin-daide/
En cas de danger grave ou imminent– Police secours : 17 ou 112
– Pompiers : 18 ou 112
– SAMU (urgence médicale) : 15 ou le 114 par sms pour les personnes sourdes et malentendantes.
TIMECODES
00:00 Introduction
01:45 Le parcours personnel de Laurent Boyet
02:42 L’importance de l’écrit pour libérer la parole
05:18 La notion de « je te crois » et le crédit accordé à la parole des enfants
06:55 Le fonctionnement du dispositif des boîtes aux lettres Papillons
13:50 L’impact des boîtes aux lettres et la prévalence du harcèlement scolaire
16:09 L’affaire Lily, un cas emblématique de l’efficacité du dispositif
19:45 Le rôle de la Maison Papillon dans l’accompagnement des victimes
22:14 La mobilisation de la société et des autorités publiques
25:14 Comment soutenir l’association Les Papillons
27:34 Merci à Laurent Boyet !
29:18 Fin.




