Alimentation :
mieux manger, mieux produire
Précarité alimentaire, bio accessible, gaspillage, circuits courts, cuisine solaire, sécu de l'alimentation… Dix épisodes de Soluble(s) pour explorer ce que nous mettons dans nos assiettes — et comment le changer.
Sélection éditoriale par Simon Icard↗, journaliste & créateur de Soluble(s). Voir aussi simonicard.fr↗.
Cette sélection n'est pas exhaustive. L'alimentation est un thème transversal que Soluble(s) aborde régulièrement sous des angles très variés — accès, production, lien social, adaptation climatique, gastronomie durable. De nouveaux épisodes viennent régulièrement enrichir ce panorama. Abonnez-vous au podcast pour ne rien manquer.
Chiffres clés
sur 5Est en situation de précarité alimentaire (Inserm 2023)
Entre le coût du bio inaccessible, le gaspillage massif, la désertification alimentaire des villages et les 5 millions de Français qui dépendent des banques alimentaires — comment construire un système qui nourrit bien tout le monde, sans épuiser la planète ni sacrifier les agriculteurs ?
Alimentation • Les solutions, épisode par épisode
10 épisodes, 10 angles
D'un viticulteur girondin qui plante des oliviers pour s'adapter au réchauffement à une légumerie normande qui sauve des productions invendables, d'un restaurant marseillais qui cuisine au soleil à une "Sécu de l'alimentation" à 150 euros par mois : dix rencontres avec ceux qui réinventent notre rapport au manger.
Peut-on rendre le bio accessible sans sacrifier les agriculteurs ?
E-commerce à impact : Willy anti-gaspi à la manœuvre
Un chèque alimentation durable de 50 € testé en Seine-Saint-Denis
Comment aider les « gilets orange » des Banques Alimentaires
Une « Sécu » de l'alimentation, ça ressemblerait à quoi ?
Les petites l'Ouches : la légumerie conserverie solidaire de Normandie
Le bistrot qui se déplace dans les villages
En Gironde, la culture de l'olive pour se diversifier et s'adapter au changement climatique
À Marseille, « Le Présage » cuisine à la chaleur solaire
Le pain ultra-local de Combaillaux (34)
Alimentation • Décryptages
Les épisodes en détail
Peut-on rendre le bio accessible sans sacrifier les agriculteurs ?
Le bio coûte trop cher pour les consommateurs modestes, et les agriculteurs qui s'y convertissent prennent des risques financiers énormes. C'est le double-bind que Beyond Green essaie de résoudre. Maxime Durand a conçu un modèle d'achat innovant : l'entreprise s'engage à acheter à l'avance la production de fermes en conversion agroécologique, à un prix garanti supérieur de 45 % au conventionnel — suffisant pour couvrir les coûts de transition. En échange, les volumes sont intégrés à la grande distribution, donc accessibles à tous les budgets. Le pari : on ne peut pas demander aux agriculteurs de changer seuls et on ne peut pas demander aux familles précaires de payer le surcoût.
L'approche de Beyond Green s'inscrit dans une réflexion plus large sur la chaîne de valeur agricole : tant que le risque de la transition repose entièrement sur le paysan et que le prix de vente est fixé par la grande distribution, le changement d'échelle du bio est impossible. Sécuriser la conversion en amont — avant même que la première récolte bio sorte de terre — c'est une condition structurelle pour que le système alimentaire change vraiment.
- Beyond Green : contrats d'achat garantis à +45 % du prix conventionnel pour sécuriser la conversion bio
- Distribution en grande surface pour maintenir l'accessibilité aux consommateurs à faibles revenus
- Modèle qui transfère le risque de transition de l'agriculteur vers l'acheteur engagé
- Accompagnement des fermes sur toute la durée de conversion (3 ans minimum en agriculture bio)
E-commerce à impact : Willy anti-gaspi à la manœuvre
Selon l'ADEME, 10 millions de tonnes de produits alimentaires finissent dans les poubelles françaises chaque année — répartis entre production (32 %), transformation (21 %), distribution (14 %) et consommation (33 %). Willy anti-gaspi, lancé en 2022 à Saint-Ouen par Clément Mery et Jonathan Negrin, s'attaque à la partie distribution : surstock, emballage abîmé, date courte, changement de packaging — autant de raisons qui font qu'un produit parfaitement consommable est retiré des rayons traditionnels. Le site e-commerce le propose à -30 % jusqu'à -50 %, en épicerie sèche (salé, sucré, boissons, hygiène, bébé), bio ou français.
Ce qui frappe dans les données de Willy, c'est la géographie des clients : plus de la moitié sont dans des petites villes ou à la campagne, seuls 7 % sont parisiens. L'anti-gaspi n'est pas un luxe urbain — c'est une solution de pouvoir d'achat accessible à tous. Dans un contexte d'inflation alimentaire persistante, la promesse de prix cassés sur des produits de qualité répond à deux besoins en même temps : alléger la facture et éviter le gaspillage. L'épisode détaille aussi la lecture des étiquettes DLC/DDM, souvent mal comprises, pour aider les consommateurs à dépasser leur méfiance réflexe vis-à-vis des dates courtes.
- Willy anti-gaspi (willyantigaspi.fr) : e-commerce 100 % anti-gaspi, -30 % à -50 % sur surstock, dates courtes, emballages abîmés
- Diffusion nationale : +50 % des clients en petites villes ou zones rurales — accessibilité hors des commerces physiques spécialisés
- Pédagogie DLC/DDM : distinguer "à consommer avant" (sécurité sanitaire) de "à consommer de préférence avant" (qualité)
- 10 % des émissions mondiales de CO₂ liées au gaspillage alimentaire : chaque achat anti-gaspi a un impact mesurable
- Débouché économique pour les marques : vendre plutôt que détruire les surplus, sans casser l'image prix
Un chèque alimentation durable de 50 euros testé en Seine-Saint-Denis
Le chèque alimentation durable de 50 euros par mois est une expérimentation portée par le conseil départemental de Seine-Saint-Denis et l'ONG Action contre la faim, avec le soutien de l'État (1,5 million sur un budget global de 2,3 millions). Le montant — 50 euros — a été calculé comme "l'enveloppe approximative et moyenne couvrant les besoins en fruits et légumes pour une personne sur un mois." Le dispositif cible 1 350 habitants de quatre villes : Montreuil, Clichy-sous-Bois, Sevran et Villetaneuse, en priorité femmes enceintes ou allaitantes, personnes de plus de 60 ans, étudiants et ménages précaires. Une bonification de 50 % est possible si l'achat est réalisé dans une enseigne ou pour des produits "durables".
La directrice des opérations d'Action contre la faim en France, Hélène Quéau, pose la limite claire du dispositif : "La précarité alimentaire n'est pas soluble dans un chèque." C'est pourquoi le chèque s'accompagne d'un dispositif de santé-nutrition qui connecte les bénéficiaires à des tiers-lieux alimentaires, épiceries solidaires, cuisines partagées, initiatives d'agriculture urbaine. Le contexte est préoccupant : selon le baromètre IPSOS/Secours Populaire de 2022, 37 % des Français peinent à consommer des fruits et légumes frais tous les jours — un chiffre en hausse de 5 points par rapport à 2021. Cet épisode fait directement écho à la "Sécu de l'alimentation" présentée en ep. 42.
- Chèque alimentation durable de 50 €/mois ciblé sur fruits et légumes, avec bonification de 50 % pour les achats "durables"
- 4 villes pilotes en Seine-Saint-Denis : Montreuil, Clichy-sous-Bois, Sevran, Villetaneuse — 1 350 bénéficiaires
- Accompagnement santé-nutrition obligatoire : connexion aux tiers-lieux alimentaires, épiceries solidaires, cuisines partagées
- Budget 2,3 M€ dont 1,5 M€ de l'État : modèle de financement public-associatif transposable
- Action contre la faim France : site actioncontrelafaim.org pour soutenir ou en savoir plus
Comment aider les « gilets orange » des Banques Alimentaires
Depuis 40 ans, les Banques Alimentaires luttent contre la précarité alimentaire. La Collecte Nationale 2023 — organisée les 24, 25 et 26 novembre — a mobilisé 110 000 personnes dont 7 000 bénévoles en gilet orange, et a permis de distribuer 224 millions de repas en trois jours, couvrant 10 % des besoins annuels. La situation est alarmante : le nombre de personnes accompagnées a bondi de 34 % entre le 1er trimestre 2020 et le 1er trimestre 2023, avec une accélération de +9 % au seul premier trimestre 2023. 14,5 % de la population française était en situation de pauvreté monétaire en 2021 selon l'INSEE — 0,9 point de plus que l'année précédente.
Laurence Champier, directrice générale de la fédération, détaille comment concrètement aider les Banques Alimentaires : donner lors de la collecte nationale, faire un don en ligne via "Mon panier solidaire", devenir bénévole permanent, ou encore signaler à l'association des personnes qui ont besoin d'aide (page "Obtenir de l'aide" sur le site). Elle souligne aussi que l'inflation fragilise les Banques Alimentaires elles-mêmes : les dons de l'industrie agroalimentaire baissent quand les marques ont moins de surplus, et les coûts de fonctionnement augmentent. Depuis 40 ans, la lutte contre le gaspillage et la solidarité alimentaire sont indissociables dans leur modèle.
- Grande Collecte nationale (dernier week-end de novembre) : 224 millions de repas en 3 jours, 110 000 mobilisés
- Don en ligne : monpaniersolidaire.banquealimentaire.org — participer sans se déplacer en magasin
- Bénévolat permanent : 7 000 gilets orange toute l'année, ouverts à toutes les disponibilités
- Obtenir de l'aide : banquealimentaire.org/trouver-de-laide — réseau de 6 029 associations partenaires
- Modèle anti-gaspi intégré : les invendus de l'industrie alimentaire deviennent des repas plutôt que des déchets
Une « Sécu » de l'alimentation, ça ressemblerait à quoi au juste ?
Boris Tavernier est le fondateur de VRAC (Vers un Réseau d'Achat en Commun), association engagée depuis dix ans pour la justice alimentaire, qui a installé des épiceries bio à prix abordables dans plus de 90 quartiers populaires en France et en Belgique. Son constat de départ est radical : "Notre système alimentaire est un tueur en série." En France, 10 millions de personnes sont en situation de pauvreté (moins de 1 102 euros/mois pour une personne seule) et entre 3,2 et 3,5 millions ont recours à l'aide alimentaire. Sa réponse : s'inspirer de la Sécurité sociale de 1945. Chaque citoyen disposerait de 150 euros par mois pour son alimentation, financés par des cotisations progressives selon les revenus. Les produits éligibles seraient définis dans un "panier commun" conventionné démocratiquement — critères nutritionnels, écologiques, sociaux.
L'idée n'est pas théorique : des expérimentations existent déjà, notamment à Montpellier et en Seine-Saint-Denis (épisode 61). Boris Tavernier explique la différence fondamentale avec l'aide alimentaire d'urgence : "La Sécu de l'alimentation n'est pas une charité, c'est un droit." Elle change la question posée — pas "comment nourrir les pauvres ?" mais "comment garantir que tout le monde mange bien ?" Ce glissement est politique autant qu'alimentaire : il suppose que les citoyens participent démocratiquement à définir ce qu'est une "bonne alimentation" pour leur territoire.
- Sécu de l'alimentation : 150 €/mois par citoyen, cotisations progressives, panier conventionné démocratiquement
- VRAC (vrac-asso.org) : réseau d'épiceries bio accessibles dans 90+ quartiers populaires en France et Belgique
- Expérimentations locales à Montpellier et Seine-Saint-Denis comme laboratoires du modèle à généraliser
- Droit universel vs charité conditionnelle : changer la logique de l'aide alimentaire à la racine
- Conventionnement démocratique du panier : les habitants définissent collectivement les produits éligibles
Les petites l'Ouches : la légumerie conserverie solidaire de Normandie
Dans le Pays de Bernay, à 50 km d'Évreux (Eure), Les petites l'Ouches existent depuis septembre 2022. La fondatrice Delphine Vandermeersch a répondu à un double besoin du territoire : valoriser les productions locales qui ne trouvaient pas de débouché (surplus, légumes non calibrés, fins de saison) et créer une structure d'insertion professionnelle. La légumerie conserverie prépare des curry de légumes, compotes, et légumes frais pour les restaurants collectifs — cantines, établissements scolaires — du Pays de Bernay. Les conserves sont vendues dans les commerces locaux, et les producteurs peuvent aussi confier leurs recettes à l'atelier pour les commercialiser sous leur propre marque.
Ce qui rend le modèle solide, c'est sa triple utilité : il sauve des productions qui partiraient autrement au compost ou à la destruction, il fournit en légumes frais et locaux la restauration collective qui peine à s'approvisionner en circuit court, et il offre un emploi à des personnes en réinsertion. Le Pays de Bernay est un territoire agricole idéal pour les circuits courts — et Les petites l'Ouches sont pensées comme un outil du territoire au service de tous ses acteurs, pas comme une entreprise qui optimise pour elle-même.
- Les petites l'Ouches (lespetiteslouches.fr) : légumerie conserverie dans le Pays de Bernay (Eure) depuis 2022
- Valorisation des surplus et légumes non commercialisables en conserves et plats cuisinés 100 % locaux
- Fourniture de légumes frais locaux aux restaurants collectifs (cantines, établissements scolaires) du territoire
- Structure d'insertion professionnelle : emploi de personnes éloignées du marché du travail
- Modèle triple utilité : anti-gaspi + approvisionnement local + insertion — reproductible sur d'autres territoires agricoles
Le bistrot qui se déplace dans les villages
En France, sept communes sur dix n'ont plus de café. Clément Nicaud, 28 ans, a lancé en 2022 le "Bistrot de Villages" : un camion vert aux allures vintage qui parcourt les communes du Bas-Rhin privées de troquets. La carte est simple — produits sourcés localement en Alsace, tartes flambées — et la terrasse se déplie sur les places de villages. Le principe est celui d'un événement récurrent : les habitants savent quand le bistrot passe, s'organisent, se retrouvent. Ce n'est pas juste un service de restauration itinérant, c'est la reconstitution temporaire d'un espace public convivial qui avait disparu.
Clément Nicaud a 28 ans quand il lance le projet — un changement de voie professionnelle qui colle parfaitement avec la réalité du terrain : tous les publics répondent présent, des personnes âgées isolées aux familles avec enfants. Il développe le projet avec des perspectives d'expansion à d'autres communes. L'épisode illustre qu'une alimentation de qualité ne se résume pas à ce qu'on met dans l'assiette — le contexte dans lequel on mange, les gens avec qui on le fait, comptent autant que les ingrédients. Bistrot de Villages : bistrotdevillages.fr
- Bistrot de Villages (bistrotdevillages.fr) : bar-restaurant itinérant dans le Bas-Rhin, 7 communes sur 10 sans café en France
- Produits locaux alsaciens à la carte : soutien aux producteurs du territoire et alimentation de qualité en zone rurale
- Modèle mobile à faible investissement : camion vintage, terrasse pliable — adaptable à d'autres territoires ruraux
- Fonction sociale autant qu'alimentaire : reconstituer un espace public convivial là où il a disparu
En Gironde, la culture de l'olive pour se diversifier et s'adapter au changement climatique
Fabien Bougès exploite "Le Petit Riber", une ferme de 34 ha en agriculture bio aux Essaintes (Gironde), à 50 minutes de Bordeaux. Depuis 2021, il a planté 2 ha d'oliviers — soit 540 arbres de 14 variétés différentes — pour déterminer lesquelles s'adaptent le mieux au climat bordelais. La démarche répond à une double pression : la crise viticole sans précédent qui frappe les vins de Bordeaux, et le réchauffement climatique qui modifie déjà les conditions de culture. "Il faut trouver la bonne variété. En les plantant sur les bonnes parcelles et les bons sols, on espère que cela va fonctionner", explique-t-il. En se tournant vers l'oléiculture, il vise un marché local non saturé et met en œuvre une "mini-filière" girondine de l'olive. Il a même investi dans un moulin pour produire l'huile sur place.
Fabien Bougès fait figure de pionnier : l'olivier est traditionnellement associé au climat méditerranéen, mais ses observations de terrain montrent que le réchauffement ouvre de nouvelles fenêtres de culture dans le Bordelais. L'expérimentation reste un pari technique — les 14 variétés testées en parallèle permettent d'identifier progressivement les profils les plus adaptés. L'épisode montre aussi les synergies possibles entre cultures : vignes, céréales, oliviers et poules cohabitent sur l'exploitation, renforçant la résilience du système. Ce modèle de diversification bio dans un territoire viticole en crise est directement reproductible par d'autres vignerons du Sud-Ouest.
- Diversification par l'oléiculture : 2 ha, 540 oliviers, 14 variétés testées pour identifier les plus adaptées au Bordelais
- Mini-filière locale complète : production + transformation (moulin) = indépendance vis-à-vis des circuits longs
- Polyculture résiliente : vignes, céréales, oliviers, poules — synergies entre cultures pour réduire les risques
- Adaptation au changement climatique en temps réel : les données terrain de Fabien Bougès guident d'autres viticulteurs
- Agriculture bio comme socle : pratiques qui renforcent la santé des sols face aux stress climatiques répétés
À Marseille, « Le Présage » cuisine à la chaleur solaire
Pierre-André Aubert est ingénieur reconverti en chef cuisinier et entrepreneur. Sa question de départ : comment utiliser une source d'énergie locale, abondante et "gratuite" pour faire tourner les fourneaux de son restaurant ? À Marseille, ville qui bénéficie de 339 heures de soleil par mois en moyenne (2022), la réponse s'est imposée. Le Présage est présenté comme "le premier restaurant solaire d'Europe" : des concentrateurs solaires remplacent les fourneaux à gaz. Le principe de la loupe, développé sur mesure, permet d'atteindre les températures nécessaires à la cuisson. Résultat : près de 10 000 couverts déjà servis dans la guinguette solaire.
La prochaine étape, au moment de l'enregistrement, était la construction d'un restaurant en dur dans le 13e arrondissement de Marseille, pensé comme un "écosystème" planté au milieu d'une forêt comestible, avec un bâtiment bioclimatique. Pierre-André Aubert reconnaît qu'au début de l'aventure "on me prenait pour un fou, mais on a démontré que ça marchait." L'impact économique de la cuisson solaire est réel : l'énergie est gratuite, et la carte s'appuie sur les produits locaux de la région marseillaise — locavorisme intégral, du fourneau à l'assiette.
- Le Présage : premier restaurant solaire d'Europe, concentrateurs solaires remplaçant les fourneaux à gaz à Marseille
- Technique sur-mesure (principe de la loupe) atteignant les températures de cuisson nécessaires
- Locavorisme intégral : produits locaux de la région marseillaise — cohérence énergie locale + alimentation locale
- Projet de restaurant en dur bioclimatique avec forêt comestible au technopole de Château-Gombert (13e)
- Modèle reproductible dans toutes les zones méditerranéennes et ensoleillées de France
Le pain ultra-local de Combaillaux (34)
Combaillaux est un village de 1 800 habitants situé à 12 km au nord de Montpellier. En 2021, il a lancé son pain communal : le "painbaillaux". Un kilomètre sépare le champ de blé de la boulangerie. Le blé est cultivé en bio sur place, la farine est 100 % locale, le pain est fabriqué par l'unique boulangerie du village. L'invité de Soluble(s) est Daniel Floutard, le maire, qui raconte la genèse de cette initiative devenue la fierté du village. Christophe Adé, le boulanger, est aussi de la partie.
C'est l'un des épisodes les plus courts du podcast — moins de 8 minutes — mais l'un des plus emblématiques. Il n'y a pas de startup, pas de levée de fonds, pas d'application. Juste un élu local, un boulanger, un agriculteur bio, et 1 km de distance entre la graine et la croûte. Cette simplicité est précisément ce qui rend le modèle universel : il peut être reproduit dans n'importe quel village disposant d'une céréaliculture locale et d'une boulangerie artisanale. La fierté collective que ça génère — les villageois mangent "leur" pain — est une valeur que les circuits longs ne peuvent pas produire.
- Le painbaillaux : pain communal 100 % local lancé en 2021, blé bio cultivé à 1 km de la boulangerie
- Initiative municipale : le maire comme moteur du projet — modèle reproductible par toute commune volontaire
- Circuit blé-farine-pain en 1 km : zéro intermédiaire, zéro transport, farine 100 % locale
- Fierté collective comme levier : les habitants s'approprient "leur" pain et soutiennent le circuit court naturellement
- Modèle réplicable partout où il y a une céréaliculture locale et une boulangerie artisanale
Alimentation • Ce que ces épisodes ont en commun
3 fils conducteurs
L'accès à une bonne alimentation est une question de justice
Chèque alimentation durable, Sécu de l'alimentation, Banques Alimentaires, légumerie solidaire : plusieurs épisodes convergent vers le même constat. Bien manger n'est pas un luxe — c'est un droit. Et ce droit n'est pas garanti pour tous. Les solutions les plus ambitieuses ne visent pas à "aider les pauvres à manger" mais à transformer le système pour que la question ne se pose plus. La nuance est politique autant qu'alimentaire.
Le circuit court n'est pas une nostalgie — c'est une infrastructure
Pain à 1 km, légumes normands transformés sur place, bistrot de village, oliviers entre les vignes : ces épisodes montrent que raccourcir la chaîne alimentaire est une réponse concrète à plusieurs problèmes simultanés — gaspillage, empreinte carbone, résilience des territoires, survie économique des petits producteurs. Le circuit court n'est pas un retour en arrière. C'est une architecture alimentaire adaptée aux défis du siècle.
Soluble(s) revient régulièrement sur ce thème
Cette page n'est pas exhaustive. L'alimentation traverse de nombreux autres épisodes du podcast — sous l'angle de la santé, de l'environnement, de l'agriculture, de l'économie sociale et solidaire. De nouveaux épisodes viennent régulièrement enrichir ce panorama. Abonnez-vous à Soluble(s) pour ne pas manquer les prochains volets de cette exploration.
- Environnement Biodiversité concrète : protéger ce qui nous protège — Soluble(s) ↗
- Société Chaleur en France : s'adapter, les solutions — Soluble(s) ↗
- Consommation Consommer autrement : réparer, partager, ne rien gaspiller — Soluble(s) ↗
- Numérique Numérique & IA : innover sans perdre le contrôle — Soluble(s) ↗
- Médias Médias constructifs & journalisme de solutions — Soluble(s) ↗
- Désinformation Fake news & désinformation : les solutions — Soluble(s) ↗
Abonnez-vous à Soluble(s) sur votre plateforme d'écoute préférée et inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir les prochains épisodes, des coulisses et des ressources utiles.